11/02/08
  Flash info N°08/02- 31 janvier 2008
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Objet : Petit-déjeuner Lamennais, 22 janvier 2008 : François Goulard, député du Morbihan, Maire de Vannes, ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
 
 

«J’aime bien les ingénieurs ! …» L’ingénieur est concret et pragmatique, le politique plus juridique et non pragmatique. Ce «juridisme français» explique en grande partie les échecs de nombreuses lois en matière d’enseignement supérieur. «La loi est simplement un cadre, c’est un moyen parmi d’autres. Ce qui compte, c’est la réalité de fond. Il faut savoir ce que l’on veut faire, et après on trouve les formules», insiste-t-il. Il faut essayer de dépasser «les blocages d’origine statutaire de personnels et d’organismes», ce que ne fait pas, selon lui, la loi LRU, dite loi Pécresse : Elle n’avait pas vocation, comme un certain nombre de réformes actuellement en cours à créer une rupture. Il n’était pas dans le projet de changer radicalement les choses, mais de faire en sorte que cela se passe bien.» La loi présente des aspects positifs, nombre réduit d’administrateurs et plus de souplesse dans la gestion courante des personnels et des budgets, mais elle n’a pas changé le « principe autogestionnaire» des conseils d’administration.

Le «modèle» est celui des écoles d’ingénieurs Pour l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le modèle qui fonctionne est celui des écoles d’ingénieurs. Elles bénéficient d’un statut opérationnel avec un directeur doté de pouvoirs réels, un vrai conseil d’administration comprenant des personnalités qualifiées qui ont quelque chose à dire sur la formation en question. C’est aussi le modèle retenu par les universités étrangères qui ont des conseils d’administration, souligne-t-il, «composés de personnalités ayant réussi dans leur domaine et orientées vers l’intérêt à long terme de l’établissement et ses performances plutôt que vers des préoccupations qui sont exclusivement corporatistes comme c’est le cas chez nous».

Des filières d’excellence dans les universités Il a été aussi question de la recherche d’une plus grande souplesse dans le pilotage des universités et de la coopération, indispensable à terme, entre les Grandes écoles et les filières d’excellence dans les universités. Il n’est pas possible, selon lui, de décréter d’en haut qu’il faut telle ou telle formation dans tel ou tel département. «En revanche, quand il y a des besoins qui ne sont pas satisfaits, il est du devoir de l’Etat et des collectivités territoriales de lancer des appels à projets. L’Etat et les collectivités disent : “Nous avons tel ou tel besoin. Nous mettons sur la table des crédits. Nous demandons aux lycées, aux universités, aux Grandes écoles de nous faire des propositions de formation pour améliorer l’employabilité et la formation de telle ou telle catégorie de jeunes.” Cela serait beaucoup plus efficace que de décider et de créer de toutes pièces quelque chose qui va être pilotée d’en haut.» De plus, cela permet d’évaluer, tous les trois ou cinq ans, les résultats», ajoute-t-il.

Universités et Grandes écoles peuvent «chercher» ensemble François Goulard a évoqué aussi le rapprochement» nécessaire, selon lui, entre les universités et les Grandes écoles. Il n’est pas difficile de créer des filières d’excellence dans les universités, il n’y a pas besoin de changer la loi. Il suffit, selon lui, de mettre deux fois plus d’heures de cours et un examen de première année très difficile dans les filières et ne viendront que les bons étudiants. Les mauvais ne s’inscrivent pas dans les filières exigeantes», a affirmé l’ancien ministre. Un certain nombre d’universités et de Grandes écoles sont tout à fait capables de travailler de manière très concrète ensemble et il faudra commencer probablement par un certain nombre de sujets comme celui de la recherche, car «nos Grandes écoles sont inégalement dotées en forces de recherche».

Portrait : François Goulard
, est Député UMP du Morbihan depuis 1997, membre de l’Office parlementaire d’évaluation des Choix scientifiques et technologiques, et Maire de Vannes. Né à Vannes le 21 septembre 1953, marié, trois enfants, il est Ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris, diplômé de Sciences politiques de Paris, ancien élève de l’ENA. D’abord auditeur puis conseiller à la Cour des comptes il a quitté la politique pour devenir Directeur Général de la Banque parisienne de Crédit quelques années ; puis il est revenu à la politique comme Secrétaire d’Etat aux Transports et à la Mer puis Ministre délégué à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche de 2006 à 2007. François Goulard, humaniste libéral modéré, n’a pas de maître à penser, sauf le général De Gaulle. Breton et «marin dans l’âme», c’est un homme politique sans préjugé ni approche idéologique, mais avec des convictions fortes.


Daniel AMELINE


 
 
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