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Maintenir
la dynamique des pôles de compétitivité
Dominique Vernay a tiré de sa gouvernance à
la tête du pôle de compétitivité
francilien System@tic-Paris-Région, un bilan
positif, car, non seulement «les industriels ont
enclenché un phénomène très
positif avec le monde académique et les collectivités
locales qui se sont prises au jeu», mais aussi
parce que la mise au point de ce projet a suscité
un véritable «esprit de commando»
qu’il avait rarement vu ; de même les acteurs
étatiques et ceux de la région Ile-de-France
ont été «tout à fait remarquables».
Il faut maintenir cette dynamique, «ce qui n’est
pas évident», a-t-il reconnu. De fait,
selon lui, il y a peut-être des déceptions
parce que tous les clusters n’ont pas la même
portée ni les mêmes financements. Toutefois,
maintenir cet «esprit de commando» est souhaitable
d’autant plus que les crédits sont là
(8 millions d’euros pour System@tic-Paris-Région)
et que le rythme des appels à projets reste extrêmement
soutenu. Dominique Vernay a invité les ingénieurs
et chercheurs à s’investir dans les pôles
de compétitivité. «Participer à
un pôle, cela vous transforme un chercheur en
entrepreneur. Je me demande si le plus important n’est
pas de faire sortir les gens de leur cocon et de leur
faire comprendre les besoins de la société.
Je suis très optimiste sur le sujet», a-t-il
lancé à un auditoire convaincu
Une dynamique de rapidité
et de coopération : Dominique Vernay s’est
félicité de la participation de grands
opérateurs comme la SNCF ou la RATP dans l’activité
du Pôle System@tic-Paris- Région. Il estime
en effet qu’au XXIe siècle, «l’innovation,
c’est l’interaction entre les fournisseurs
et les clients». Il faut des inventions qui servent
le marché. «Quand on a la chance de travailler
avec son client, on a quelque espoir de faire un produit
pour le futur qui corresponde à ce dont il a
besoin», a-t-il souligné. Précision,
mais aussi, vitesse de réalisation. «En
même temps que l’on dessine l’avion,
on prévoit l’usine qui va le produire de
façon à gagner du temps», relève-t-il
au passage. «Nous savons bien que nous avons des
désavantages par rapport à d’autres
zones dans le monde. Nous sommes là pour faire
de la compétitivité. La seule façon
de gagner, les industriels le savent bien, c’est
d’être le premier à mettre le produit
sur le marché et à en faire le plus grand
nombre possible. C’est tout à fait la dynamique
que nous essayons d’insuffler dans notre Pôle»,
a insisté Dominique Vernay. «On est loin
de la période où l’on faisait une
maquette, des prototypes», a-t-il ajouté
en décrivant cette approche de simulation et
de conception intégrée dont l’un
des meilleurs exemples à ses yeux a été
la fabrication du Falcon par Dassault.
Le rôle des PME :
le président du Pôle System@tic-Paris-Région
a beaucoup insisté sur la nécessité
d’associer les PME technologiques aux grands groupes
industriels et aux laboratoires de recherche. Il a estimé
que les résultats de la recherche ne devaient
pas être «internalisés» par
les entreprises, mais mis à la disposition de
ces PME. Comparant notre tissu industriel à celui
de l’Allemagne, le président d’Optics
Valley a ajouté : «On voit que le trou
de la France, ce sont les PME technologiques. Elles
n’ont pas tellement besoin de Recherche et Développement,
elles ont besoin d’un marché. Le problème
majeur, c’est de faire en sorte que, très
rapidement, par une organisation intelligente, elles
deviennent bien les fournisseurs des grandes entreprises»,
a-t-il souligné. De leur coté les collectivités
locales, au lieu de saupoudrer sur tous les sujets,
sélectionnent leur financement sur quelques projets.
«Ce qui fait qu’aujourd’hui, il n’y
a plus guère que deux financeurs pour chaque
projet»
Portrait, un ingénieur
chercheur entreprenant : Dominique Vernay est
né le 20 avril 1948, marié, il a trois
enfants. Ingénieur Supélec en 1972 il
fait son Service militaire au CEA. Entré à
la division Télécommunications de Thomson-CSF
il fait toute sa carrière chez Thalès,
et aujourd’hui à 59 ans, il est directeur
Recherche et Technologie du groupe. Il préside
l’un des six pôles de compétitivité
mondiaux le Pôle System@tic-Paris-Région
qui a été retenu à côté
de dix autres à vocation mondiale et de 54 pôles
nationaux ou régionaux. Ce pôle mondial
francilien a pour but la maîtrise des technologies
clés de l’optique, de l’électronique
des logiciels et systèmes complexes pour quatre
marchés applicatifs à forte valeur ajoutée
: les Télécommunications, la Sécurité-Défense,
l’Automobile et Transports, les Outils de conception
et de développement de systèmes complexes.
Le pôle mondial System@tic-Paris-Région
regroupe 113 entreprises dont une soixantaine de PME
de moins de 250 salariés, cinq centres de recherche
et 56 centres de formation. Près de deux cents
établissements sont impliqués et une quinzaine
de collectivités territoriales. Ces partenaires
totalisent au total 102 000 emplois dont 42 000 en recherche
industrielle et 8 000 en recherche académique.
Le budget annuel des projets de Recherche et Développement
s’élève à 200 millions d’euros,
financé à hauteur de 70% par les entreprises,
20% par les collectivités locales et 10% par
l’Etat.
Daniel AMELINE
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