28/05/07
  Flash info N°07/07 - 18 avril 2007
> Consulter la liste des flash

 
Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 22 mars 2007 : Pervenche Berès - Parlementaire européenne (PS), Présidente de la Commission économique et monétaire du Parlement européen
 
 

Un projet énergétique européen refondateur

Pervenche Berès s’est félicitée de ce que le dernier Conseil européen ait trouvé une «solution diplomatique» pour intégrer le nucléaire dans les énergies renouvelables. «D’un point de vue scientifique, ce n’est pas totalement exact - l’uranium n’est pas renouvelable -, mais cela met la France dans une situation assez confortable», a-t-elle noté. D’un point de vue général, Pervenche Berès a estimé que l’Union européenne était en partie victime de ses succès. Pour elle, la stratégie initiale du «marché intérieur» a bien fonctionné pour partie lorsqu’il s’est agi de mettre en place un grand marché pour que de grandes entreprises puissent élaborer des stratégies transfrontalières. «Mais, a-t-elle ajouté, je ne connais pas d’autre marché intérieur à l’échelle mondiale qui fonctionne sans fiscalité commune, sans minima sociaux et sans définition de services publics collectifs.»

Une bonne manière de refonder l’Europe Pervenche Berès estime que, cinquante ans après la signature du traité fondateur de la Communauté européenne, la question énergétique est redevenue «centrale» à cause de la hausse du prix du pétrole et des inquiétudes sur les changements climatiques. «Ces sujets nécessitent une prise de conscience des enjeux mondiaux et des besoins de solidarité» pour lesquels l’Union européenne peut s’avérer, selon elle, «exemplaire». «Je crois que mettre la question énergétique au coeur du projet européen avec ses deux piliers indispensables, la politique environnementale et la recherche, permet de réorganiser la politique de l’Union européenne», a-t-elle conclu.

Deux craintes principales Pour Pervenche Berès deux difficultés principales sont toutefois à surmonter pour remettre l’Union européenne sur les rails avec une politique énergétique commune. La première tient au fait que, si les instances politiques de Bruxelles définissent les grandes orientations pour le «bien commun», cette stratégie commune repose dans sa mise en oeuvre sur les Etats membres, mais aussi sur « les stratégies des grands groupes industriels ayant des logiques multinationales». L’autre obstacle tient à ce que la mise en oeuvre des objectifs de l’Union européenne s’appuie sur des politiques qu’elle juge «trop molles». Pervenche Berès a illustré son grief en décrivant deux échecs : celui de la «politique des grands travaux» préconisée par Jacques Delors -les ministres de l’Economie et des Finances européens ont été incapables de mettre en oeuvre une politique commune avec ses outils nécessaires (investissements, emprunts, fiscalité) –, et la «stratégie de Lisbonne» avec ses objectifs de plein emploi et de développement durable d’ici à 2010. «On sait, sept ans après, que l’objectif ne sera pas tenu», a-t-elle regretté.

Une fiscalité «anti-délocalisations» La députée européenne a insisté sur la possibilité de mettre en oeuvre une fiscalité liée au développement durable qu’il faudrait tenir «de manière assez ferme», car cela suppose, selon elle, une remise en cause de la stratégie des délocalisations d’un certain nombre d’acteurs industriels. Elle n’a pas exclu que la présidence française soit en mesure de signer un traité de Paris fin 2008. «Je n’exclus pas que l’on entre dans une logique à deux étapes. Une première où l’on remettrait en route la piste institutionnelle, puis une autre étape plus fondamentale qui permettrait de relancer le projet européen».

Portrait : Pervenche Berès est née en 1957 à Neuilly-sur-Seine, elle a deux enfants. Diplômée de l’IEP de Paris elle a été administratrice des services de l’Assemblée nationale (communautés européennes, 1981-1983), affaires étrangères (1983-1988), puis conseillère technique à la présidence de l’Assemblée nationale (1988-1992). Aujourd’hui elle est Parlementaire européenne (PS), Présidente de la Commission économique et monétaire du Parlement européen, membre suppléante de la commission des affaires constitutionnelles.

Daniel AMELINE

 

 
 
CNISF 7, rue Lamennais 75008 PARIS Tel : 01 44 13 66 88 Fax : 01 42 89 82 50
contactez notre webmaster