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Un
projet énergétique européen refondateur
Pervenche Berès s’est félicitée
de ce que le dernier Conseil européen ait trouvé
une «solution diplomatique» pour intégrer
le nucléaire dans les énergies renouvelables.
«D’un point de vue scientifique, ce n’est
pas totalement exact - l’uranium n’est pas
renouvelable -, mais cela met la France dans une situation
assez confortable», a-t-elle noté. D’un
point de vue général, Pervenche Berès
a estimé que l’Union européenne
était en partie victime de ses succès.
Pour elle, la stratégie initiale du «marché
intérieur» a bien fonctionné pour
partie lorsqu’il s’est agi de mettre en
place un grand marché pour que de grandes entreprises
puissent élaborer des stratégies transfrontalières.
«Mais, a-t-elle ajouté, je ne connais pas
d’autre marché intérieur à
l’échelle mondiale qui fonctionne sans
fiscalité commune, sans minima sociaux et sans
définition de services publics collectifs.»
Une bonne manière de refonder
l’Europe Pervenche Berès estime
que, cinquante ans après la signature du traité
fondateur de la Communauté européenne,
la question énergétique est redevenue
«centrale» à cause de la hausse du
prix du pétrole et des inquiétudes sur
les changements climatiques. «Ces sujets nécessitent
une prise de conscience des enjeux mondiaux et des besoins
de solidarité» pour lesquels l’Union
européenne peut s’avérer, selon
elle, «exemplaire». «Je crois que
mettre la question énergétique au coeur
du projet européen avec ses deux piliers indispensables,
la politique environnementale et la recherche, permet
de réorganiser la politique de l’Union
européenne», a-t-elle conclu.
Deux craintes principales
Pour Pervenche Berès deux difficultés
principales sont toutefois à surmonter pour remettre
l’Union européenne sur les rails avec une
politique énergétique commune. La première
tient au fait que, si les instances politiques de Bruxelles
définissent les grandes orientations pour le
«bien commun», cette stratégie commune
repose dans sa mise en oeuvre sur les Etats membres,
mais aussi sur « les stratégies des grands
groupes industriels ayant des logiques multinationales».
L’autre obstacle tient à ce que la mise
en oeuvre des objectifs de l’Union européenne
s’appuie sur des politiques qu’elle juge
«trop molles». Pervenche Berès a
illustré son grief en décrivant deux échecs
: celui de la «politique des grands travaux»
préconisée par Jacques Delors -les ministres
de l’Economie et des Finances européens
ont été incapables de mettre en oeuvre
une politique commune avec ses outils nécessaires
(investissements, emprunts, fiscalité) –,
et la «stratégie de Lisbonne» avec
ses objectifs de plein emploi et de développement
durable d’ici à 2010. «On sait, sept
ans après, que l’objectif ne sera pas tenu»,
a-t-elle regretté.
Une fiscalité «anti-délocalisations»
La députée européenne a insisté
sur la possibilité de mettre en oeuvre une fiscalité
liée au développement durable qu’il
faudrait tenir «de manière assez ferme»,
car cela suppose, selon elle, une remise en cause de
la stratégie des délocalisations d’un
certain nombre d’acteurs industriels. Elle n’a
pas exclu que la présidence française
soit en mesure de signer un traité de Paris fin
2008. «Je n’exclus pas que l’on entre
dans une logique à deux étapes. Une première
où l’on remettrait en route la piste institutionnelle,
puis une autre étape plus fondamentale qui permettrait
de relancer le projet européen».
Portrait : Pervenche Berès
est née en 1957 à Neuilly-sur-Seine, elle
a deux enfants. Diplômée de l’IEP
de Paris elle a été administratrice des
services de l’Assemblée nationale (communautés
européennes, 1981-1983), affaires étrangères
(1983-1988), puis conseillère technique à
la présidence de l’Assemblée nationale
(1988-1992). Aujourd’hui elle est Parlementaire
européenne (PS), Présidente de la Commission
économique et monétaire du Parlement européen,
membre suppléante de la commission des affaires
constitutionnelles.
Daniel AMELINE
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