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le « petit coup d’avance » sur les
concurrents
Présent dans 220 pays avec 100 000 salariés
en France et autant à l’étranger,
dont plus de 4000 chercheurs, pour continuer sur sa
lancée et avoir toujours « un petit coup
d’avance » sur ses concurrents, France Télécom
doit miser sur l’étude des marchés
et l’innovation, mais surtout… « oser
faire » ! A France Télécom, «
on n’est pas en retard sur la technologie, mais
malheureusement plus en retard sur le oser faire ».
C’est pourquoi, depuis plus d’un an, il
a créé un Technocentre qui a pour but
de « regrouper le maximum de technologie et de
savoir-faire ». Les amateurs d’innovation
n’attendront plus trop longtemps les résultats
puisque l’Opérateur historique doit présenter
sa « collection de printemps » début
mars. Georges Pénalver a insisté sur le
fait que France Télécom était en
avance. « L’industrie automobile y est passée.
Les autres devraient y passer », a-t-il insisté.
Une équipe, un projet Le principe
du Technocentre consiste à regrouper les équipes
autour d’un projet. « Il y a autant d’équipes
que de projets ». Chaque équipe comprend
trois types de « partenaires » : la technologie,
les moyens de production et les besoins du marché.
Il existe actuellement trente équipes d’une
trentaine de personnes chacune, représentant
seize nationalités. Pour Georges Pénalver,
cette technique de management rompt avec celle qui avait
cours auparavant avec, à la base, les métiers,
et qui s’avère aujourd’hui impossible.
Il faut rapprocher les gens du marketing et de la recherche
de façon à ce que « les premiers
prennent conscience de ce qui est faisable techniquement
et les seconds prennent en compte les évolutions
du marché ».Désormais les «
marketeurs » et les chercheurs cogitent ensemble
pour avoir « un petit coup d’avance »
sur la concurrence: « Anticiper les besoins que
les clients imaginent, mais ne pensent pas encore possibles.
». De 2004 à 2005, le groupe a augmenté
de 20% ses investissements en matière d’innovation.
Il existe actuellement dix-sept centres de recherche
et plus de dix mille brevets ont été déposés.
Les « jeux » asiatiques et la «
vie virtuelle » américaine «
On a peine à imaginer, explique-t-il, l’engouement
des Asiatiques pour les jeux Internet et vidéo,
au Japon et surtout en Corée où des concours
sont organisés à travers tout le pays
avec des gagnants aussi célèbres que nos
joueurs de football. Bientôt les jeux seront interactifs
avec des participants disséminés sur toute
la planète », assure-t-il. Autre exemple
de développement inattendu de l’Internet
: c’est la second life ou « vie virtuelle
» très en vogue aux Etats-Unis avec le
partage de photos et de vidéos. Chacun devient
le producteur de son propre contenu et partage cela
avec la communauté. Cette pratique se développe
à un point tel que les producteurs d’Hollywood
s’inquiètent de constater que la consommation
de vidéos faites par des amateurs est en train
de dépasser celle des productions réalisées
par les Studios.
L’innovation ? : « 5% de cerveau
et 95% de sueur ! » Interrogé
sur la compétitivité française
en mauvaise posture, Georges Pénalver a mis les
télécoms hexagonales hors jeu. «
Si l’on regarde l’Europe en termes de services
de télécommunication offerts aux clients,
nous sommes de loin les plus avancés en termes
de pénétration et de convergence des tâches.
L’Angleterre peut avoir une avance en matière
de télévision, mais le reste de l’Europe
est nettement en retard par rapport à nous sur
la productivité et les services aux clients.
» Mais, comme on lui demandait ce qu’il
faudrait faire pour que notre pays connaisse un «
rebond » économique, prudent, il a répondu
: « Ce qu’il faut, c’est le travail,
et dans l’innovation, cela veut dire 5% de cerveau
et 95% de sueur ! »
Portrait Georges Pénalver est
né le 14 mai 1956 à Meknès (Maroc),
il est marié et il a deux enfants. Diplômé
de l’Ecole nationale supérieure des Arts
et Métiers d’Aix-en-Provence et de l’Ecole
nationale supérieure des télécommunications
il a été ingénieur en recherche
et développement à la Sagem où
il a été nommé au Directoire en
avril 2001 . Il a rejoint le groupe France Telecom en
2005 et il est aujourd’hui membre du comité
de Direction générale de France Télécom
en charge du marketing stratégique et du Technocentre
Daniel AMELINE
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