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Les
biocarburants ne pourront jouer qu’un rôle
d’appoint
Charles de Courson, spécialiste des biocarburants,
en a dressé un tableau économique et politique
sans nuance. Pour l’essentiel il considère
que les biocarburants sont une réponse à
la crise pétrolière et à l’explosion
des prix d’un pétrole très lié
aux aléas de la politique internationale. Il
estime qu’ils répondent aussi à
la crise environnementale et au réchauffement
climatique. Ils constitueront une part non négligeable
d’énergie de substitution surtout si l’on
passe du seul transport au chauffage domestique, ce
qui est, à son avis, inéluctable. L’utilisation
des biocarburants à l’avenir sera limitée
bien plus par des contraintes agricoles que par d’autres
considérations. On va ainsi, selon lui, vers
une très forte pression à la hausse des
prix agricoles.
Les prix agricoles vont « flamber »
«C’est le prix du baril de pétrole
qui va fixer le prix du sucre, du blé ou du maïs.
Car la demande est tellement forte et la contrainte
agricole est telle, que les tensions du marché
de ces denrées alimentaires sur la filière
du bioéthanol seront considérables. »
Le député de la Marne a évoqué
plus particulièrement le problème de la
betterave, dont la productivité énergétique
à l’hectare est bien supérieure
à celle des produits concurrents, qui n’est
utilisée pratiquement qu’en Europe. Les
autres producteurs de biocarburants dans le monde alimentent
leurs filières de bioéthanol par la canne
à sucre (Afrique, Asie, Brésil) ou par
le maïs (au Canada et aux Etats-Unis). «
On va vers une pression à la hausse des prix
agricoles qui n’est pas bonne pour le développement
des biocarburants, car elle contribue à réduire
le différentiel avec le pétrole »
insiste-t-il.
Des carburants verts de « deuxième
génération » Des risques
existent aussi de se trouver confrontés à
des problèmes agricoles avec la filière
du biodiesel, car, selon lui, la productivité
des protéagineux (colza, tournesol) est «
faible ». Charles de Courson indique qu’actuellement
plus de 50% des protéagineux sont employés
pour les biocarburants. « Il y a un obstacle physique
très fort », a-t-il affirmé en laissant
entendre que les agriculteurs européens risquent
de ne pas pouvoir produire toujours plus. Considérant
que les biocarburants de la « première
génération » – celle qui utilise
la matière première alimentaire pour la
transformer en biocarburants – présente
des performances techniques qui « ne sont pas
bonnes », le député de la Marne
a évoqué la piste d’une «
deuxième génération » de
carburants verts. Pour obtenir des prix de revient plus
bas on peut traiter la totalité de la plante
utilisée pour le bioéthanol pour en faire
du diester.
Portrait : Charles de Courson est né
en avril 1952 à Paris. Il est titulaire de deux
doctorats de droit, diplômé de l’ESSEC
et de l’ENA. D’abord auditeur il est Conseiller
référendaire à la Cour des Comptes.
Député de la Marne depuis 1993, Premier
vice-président du conseil général
de la Marne depuis 2004, il est Maire de Vanault-les-Dames
depuis 1986 et Président de la communauté
de communes des Côtes de Champagne. Il est en
outre Secrétaire national de l’UDF (finances
publiques et fiscalité). Charles de Courson s’intéresse
depuis vingt ans aux biocarburants et à leur
fiscalité. Ce qui n’est pas étonnant
puisqu’il est l’élu d’un département
fortement marqué par l’agriculture : le
raisin bien sûr, mais aussi la betterave….
Charles de Courson a deux raisons essentielles pour
se présenter comme un fervent défenseur
des biocarburants : la sauvegarde de l’environnement,
un thème d’actualité, et aussi le
développement économique de sa région.
« J’ai toujours été persuadé
qu’il fallait "oxygéner" les
carburants pour préserver et protéger
l’environnement ».
Daniel AMELINE
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