| |
Cette
rencontre a été consacrée en partie
à la narration par le sénateur de Maine-et-Loire
de la mission qu’il a effectuée il y a
un an en Antarctique, continent qui fait trente fois
la superficie de la France. Mal connu, ce continent
« blanc » est plein de ressources futures.
Non seulement il détient « la réserve
en eau potable la plus importante au monde »,
mais, il y a dans le socle de ce continent de formidables
réserves… en minéraux. Partisan
fervent de l’Europe, le sénateur centriste
a affirmé : « Si demain il y a une organisation
mondiale de l’environnement, il faudrait une organisation
européenne. C’est un problème de
rapport de forces. On n’aura pas d’évolution
dans les accords de Kyoto s’il n’y a pas
le poids de l’Europe » et aussi «
On a beaucoup à gagner à un partage européen.
Les scientifiques sont prêts. Ils interpellent
les politiques. C’est à ces derniers de
prendre conscience de tous les enjeux. »
Des conditions de vie « extrêmes
» : Le sénateur Gaudin a décrit
de façon très précise « les
conditions extrêmes » de sa mission en Antarctique
et les conditions de travail inimaginables auxquelles
sont soumis les scientifiques de la base franco- italienne
de « Concordia ». « Une moyenne de
moins 65 degrés avec des pointes à moins
85 degrés au cours de l’hiver austral »,
a-t-il précisé. Le site est accessible
seulement un tiers de l’année, de novembre
jusqu’à février. Le reste du temps,
souligne Christian Gaudin, il est totalement isolé.
Il n’existe aucune population indigène.
Seules quelques espèces animales errent sur la
banquise – des manchots et des phoques.
Les thématiques de recherche
: Les sujets d’étude et de recherche sont
nombreux en Antarctique : la glaciologie où les
Français sont en pointe au niveau mondial ; l’astronomie,
car les sites d’observation sont les tout premiers
au rang mondial; la biologie humaine avec l’étude
du comportement des personnes en milieu confiné
et dans des conditions extrêmes; la qualification
des matériels pour entretenir la vie des personnes,
comme les centrales de traitement des eaux (blanches
grises noires), nécessaires à la vie qui
sont comparables à celles des stations satellitaires
embarquées dans l’espace.
Prendre en compte les préoccupations
de Nicolas Hulot : Interrogé sur la
place de l’environnement et du développement
durable en politique, Christian Gaudin a répondu
: « Ce qui est important, c’est que l’expression
de Nicolas Hulot soit prise en compte dans le programme
des futurs candidats à l’élection
présidentielle. Car, nous en sommes tous conscients,
si l’on continue comme on le fait depuis cinquante
ans, nous allons forcément faire prendre des
risques aux générations futures. »
Portrait : Christian Gaudin est né en
1950 à Saint-Crespin-sur-Moine (Maine-et-Loire).
Il est marié et a trois enfants. Ouvrier professionnel
pour commencer, après un passage par le CNAM
il est devenu Docteur es sciences, sans avoir passé
le bac, et il a été Professeur à
l’Ecole Centrale de Nantes. Christian Gaudin accède
au poste de maire au Fuilet en 1989 avant d’être
élu sénateur de Maine-et-Loire. Il est
rapporteur de l’étude réalisée
sur la « recherche en milieu polaire notamment
en Antarctique » pour l’OPECST. Christian
Gaudin, premier vice président du Conseil général,
a participé à la création du «
Parc du végétal », autour de l’horticulture
et de la semence du département à l’origine
du choix du Maine-et-Loire comme pôle de compétitivité
à vocation internationale sur le végétal
spécialisé. Le sénateur de Maine-et-Loire
termine un rapport sur les recherches en milieu polaire
qui l’a conduit à se rendre en Antarctique
l’an dernier et à rencontrer les plus hautes
sommités américaines et russes sur le
sujet.
Daniel AMELINE
|
|