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Il a été beaucoup question d’évaluation
des enseignements universitaires dans le dialogue qui
s’est instauré pendant cette réunion
enrichie par la sortie récente du rapport de
Patrick Hetzel, le recteur de l’académie
de Limoges, au Premier ministre. Dans ce rapport celui-ci
propose qu’une partie du budget de chaque université
dépende de sa capacité à insérer
des étudiants dans le monde du travail. Il y
fait en effet le constat consternant que 80 000 à
100 000 jeunes, soit 20% des étudiants, sortent
chaque année des universités sans le moindre
diplôme. L’ancien ministre délégué
à l’Enseignement supérieur et à
la Recherche a ajouté « Je considère
que la famille des ingénieurs et des scientifiques
n’a pas la place qu’elle mérite dans
la communauté publique, pour ne pas dire politique,
française. Il est évident que la classe
politique ne se souvient des universitaires, ingénieurs
ou chefs d’entreprise que lorsque les dirigeants
font des voyages à l’extérieur».
La sélection et l’obligation
du « tout venant » Pour lui, la
sélection pratiquée par les classes préparatoires
aux Grandes Ecoles intervient lors des premières
semaines, avec une évaluation de plus en plus
organisée : une partie des jeunes gens intégrera
les plus grandes écoles d’ingénieurs,
une autre ira dans les autres écoles d’ingénieurs
et, enfin, une troisième n'aura aucune affectation
précise. Au regard de cela, il y a la masse des
bacheliers qui peuvent entrer dans les universités
quelles que soient leurs spécialités,
y compris ceux détenteurs d'un bac professionnel.
« Il y a un recensement totalement décalé
», souligne le sénateur de la Gironde.
Lorsque les politiques déplorent les mauvais
rendements universitaires, ils oublient de dire que,
si l’on recrute le « tout venant »,
c’est parce que « la République le
souhaite ». Imaginer une sélection, voire
une orientation, dans le cadre de l’université,
cela est considérée comme un « manquement
à la règle démocratique, à
la liberté et à l’obligation de
fournir à tous, quelles que soient leurs origines
et leurs capacités, la possibilité de
s’élever ».
Coup de chapeau aux «
pôles de compétitivité »
Le débat s’est animé lorsque l’invité
d’honneur a mis en garde contre une tendance à
réserver l’innovation aux ingénieurs
et la recherche aux universitaires. « Dans un
pays comme le notre, la recherche de base est totalement
indispensable, a-t-il insisté. Ce n’est
qu’à partir d’une recherche de base
bien orientée par rapport aux nécessités
du pays ou de la société que l’on
peut ensuite déboucher sur l’innovation,
c’est-à-dire la traduction quotidienne
permanente des fruits de la recherche vers l’industrie
», a-t-il affirmé. Il s’est félicité
de la mise en place d’une Agence nationale d’évaluation
en matière d’organismes de recherche. De
plus le sénateur de la Gironde s’est montré
optimiste sur le lancement des programmes régionaux
et des pôles de compétitivité qui
ont été l’occasion, selon lui, d'un
« extraordinaire rapprochement entre le monde
de l’entreprise, celui de l’enseignement
supérieur et celui des universités ».
Enfin, Jacques Valade s’est prononcé pour
« une forme d’autonomie des universités
avec des méthodes de fonctionnement très
largement améliorées grâce à
une orientation des étudiants, notamment au cours
du premier semestre ».
Portrait : Jacques Valade Sénateur
UMP, est né en 1930 à Bordeaux.
Il est marié et a quatre filles. Docteur es sciences
physiques, auteur de travaux scientifiques en chimie
organique il a été Doyen de la faculté
des Sciences de Bordeaux et professeur émérite
depuis 1992. Il a été conseiller municipal
de Bordeaux puis député de la Gironde
avant de devenir Sénateur de la Gironde puis
ministre délégué chargé
de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
jusqu’en 1988 puis Président du Conseil
Régional d’Aquitaine et maintenant, toujours
sénateur de la Gironde, il est Président
de la Commission des affaires culturelles du Sénat.
Daniel AMELINE
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