4/02/07
  Flash info N°06/21 - 15 décembre 2006
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Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 24 octobre 2006 : Jacques VALADE Sénateur UMP de la Gironde Président de la Commission des affaires culturelles du Sénat : « la coopération entre Grandes Ecoles et Universités »
 
 

Il a été beaucoup question d’évaluation des enseignements universitaires dans le dialogue qui s’est instauré pendant cette réunion enrichie par la sortie récente du rapport de Patrick Hetzel, le recteur de l’académie de Limoges, au Premier ministre. Dans ce rapport celui-ci propose qu’une partie du budget de chaque université dépende de sa capacité à insérer des étudiants dans le monde du travail. Il y fait en effet le constat consternant que 80 000 à 100 000 jeunes, soit 20% des étudiants, sortent chaque année des universités sans le moindre diplôme. L’ancien ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche a ajouté « Je considère que la famille des ingénieurs et des scientifiques n’a pas la place qu’elle mérite dans la communauté publique, pour ne pas dire politique, française. Il est évident que la classe politique ne se souvient des universitaires, ingénieurs ou chefs d’entreprise que lorsque les dirigeants font des voyages à l’extérieur».

La sélection et l’obligation du « tout venant » Pour lui, la sélection pratiquée par les classes préparatoires aux Grandes Ecoles intervient lors des premières semaines, avec une évaluation de plus en plus organisée : une partie des jeunes gens intégrera les plus grandes écoles d’ingénieurs, une autre ira dans les autres écoles d’ingénieurs et, enfin, une troisième n'aura aucune affectation précise. Au regard de cela, il y a la masse des bacheliers qui peuvent entrer dans les universités quelles que soient leurs spécialités, y compris ceux détenteurs d'un bac professionnel. « Il y a un recensement totalement décalé », souligne le sénateur de la Gironde. Lorsque les politiques déplorent les mauvais rendements universitaires, ils oublient de dire que, si l’on recrute le « tout venant », c’est parce que « la République le souhaite ». Imaginer une sélection, voire une orientation, dans le cadre de l’université, cela est considérée comme un « manquement à la règle démocratique, à la liberté et à l’obligation de fournir à tous, quelles que soient leurs origines et leurs capacités, la possibilité de s’élever ».

Coup de chapeau aux « pôles de compétitivité » Le débat s’est animé lorsque l’invité d’honneur a mis en garde contre une tendance à réserver l’innovation aux ingénieurs et la recherche aux universitaires. « Dans un pays comme le notre, la recherche de base est totalement indispensable, a-t-il insisté. Ce n’est qu’à partir d’une recherche de base bien orientée par rapport aux nécessités du pays ou de la société que l’on peut ensuite déboucher sur l’innovation, c’est-à-dire la traduction quotidienne permanente des fruits de la recherche vers l’industrie », a-t-il affirmé. Il s’est félicité de la mise en place d’une Agence nationale d’évaluation en matière d’organismes de recherche. De plus le sénateur de la Gironde s’est montré optimiste sur le lancement des programmes régionaux et des pôles de compétitivité qui ont été l’occasion, selon lui, d'un « extraordinaire rapprochement entre le monde de l’entreprise, celui de l’enseignement supérieur et celui des universités ». Enfin, Jacques Valade s’est prononcé pour « une forme d’autonomie des universités avec des méthodes de fonctionnement très largement améliorées grâce à une orientation des étudiants, notamment au cours du premier semestre ».

Portrait : Jacques Valade Sénateur UMP, est né en 1930 à Bordeaux. Il est marié et a quatre filles. Docteur es sciences physiques, auteur de travaux scientifiques en chimie organique il a été Doyen de la faculté des Sciences de Bordeaux et professeur émérite depuis 1992. Il a été conseiller municipal de Bordeaux puis député de la Gironde avant de devenir Sénateur de la Gironde puis ministre délégué chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche jusqu’en 1988 puis Président du Conseil Régional d’Aquitaine et maintenant, toujours sénateur de la Gironde, il est Président de la Commission des affaires culturelles du Sénat.

Daniel AMELINE


 
 
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