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L’entreprise européenne
de haute technologie dans la compétitivité
internationale: Face à l’hélicoptère
« NH 90 », fruit d’une coopération
européenne qui a obtenu 400 commandes fermes,
les Américains ont décidé d’acheter
à Sikorsky 1 200 « Black Hawks »
de la nouvelle génération. Cela se passe
de commentaire : pour eux, l’export est un plus
marginal… ». La concurrence est même
déloyale lorsqu’il s’agit d’un
partenaire européen, l’Italie pour ne pas
la nommer, qui reçoit des subventions de son
propre gouvernement pour sa production civile. La concurrence
est perfide avec la Chine ou la Corée qui cherchent
à s’approprier notre savoir-faire. «
Si on saucissonne les développements et les tâches,
même s’ils ont 5 à 6% d’une
activité, ils finissent par en connaître
80% ». Il applique partout, notamment en Asie,
le principe : « On ne partage pas le savoir-faire.»
ce qui, dit-il, n’est pas facile.
Dynamiser par le management et par du sang neuf
: Pour dynamiser sa société,
il donne la priorité au management et cherche
à renforcer l’innovation ; il privilégie
du « sang neuf » dans sa direction. Sans
cela existe un risque de voir une équipe de «
copains » diriger la société sans
se remettre en question. D’abord, explique-t-il,
il faut faire en sorte que les cadres, pour l’essentiel
des ingénieurs, qui ont été choisis
sur des critères liés à leur expertise
technique dans une société de haute technicité,
comprennent que la notion de management et de leadership
est tout à fait essentielle. Ainsi en 2005 il
a fixé de nouveaux challenges comme celui de
renforcer l’innovation technique pour éviter
de se faire rattraper par ses concurrents.
Des concepts innovants : Fabrice Brégier
a demandé à des ingénieurs expérimentés
de réfléchir sur des concepts «
innovants », même s’ils paraissent
complexes et donc chers, comme le rotor basculant qui
permet de décoller comme un hélicoptère
avant de basculer puis d’avancer comme un turbo
propulseur. Par ailleurs des recherches sont faites
pour rendre l’hélicoptère «
plus confortable » (réduire son niveau
de vibrations grâce à des évolutions
sur les pales), « plus sûr » (on touche
à la capacité de s’inscrire dans
le vol de ligne par tous les temps) et dans le secteur
militaire, « plus furtifs » (masquage, vol
à basse altitude en toute sécurité).
Et puis, il y a des pistes de recherche en vue de la
réduction globale des coûts de production
et surtout de maintenance. En fait, conclut sur ce point
Fabrice Brégier, « c’est davantage
de l’optimisation de concepts que de la recherche
pure » .
Pas d’uniformisation par le bas du diplôme
mais… Cette année, 1 300 personnes
seront recrutées. L’aéronautique
continue à faire rêver et l’environnement
international reste une source de motivation pour les
jeunes. Sur la reconnaissance du diplôme d’ingénieur
au niveau européen, Fabrice Brégier a
confié : « Si l’idée est d’harmoniser
en acceptant de dégrader ce que l’on appelle
un ingénieur en France, je ne crois pas que ce
soit une bonne chose. Mais nous sommes pragmatiques,
nous faisons progresser ceux qui sont bons par rapport
à ceux qui le sont moins, sans obligatoirement
tenir compte des diplômes. En fait, conclut-il,
ceux qui réussiront sont ceux qui, en plus de
leurs compétences techniques, auront une capacité
de leader, de management et de contacts humains.
Portrait : Fabrice Brégier est
Président du groupe Eurocopter depuis avril 2003
Né en 1961 à Dijon, il est marié
et a trois enfants. Diplômé de l’Ecole
Polytechnique (X80), puis de l’Ecole des Mines
de Paris, il est Ingénieur en chef des Mines.
D’abord ingénieur essais à la centrale
de Creys-Malville, il a été Conseiller
technique au ministère du Commerce extérieur
puis au ministère des Postes et Télécommunications.
En 93 il rejoint le groupe Matra Défense et en
98 devient PDG de Matra BAe Dynamics. Fabrice Brégier
préside maintenant, depuis trois ans et demi,
Eurocopter, première société européenne
« intégrée » dans le domaine
de l’aéronautique. Le groupe comprend 14
000 personnes et avec une croissance de 15% par an il
atteindra l’an prochain un chiffre d’affaires
de 4 milliards d’euros avec une part du marché
militaire de 50%. Cette dualité civil/militaire
présente plusieurs avantages dont ceux de développer
des technologies qui sont valables sur les deux marchés,
et de bénéficier d’un marché
militaire généralement plus stables que
le civil.
Daniel AMELINE
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