4/02/07
  Flash info N°06/18 - 29 octobre 2006
> Consulter la liste des flash

  Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 27 septembre 2006 : Fabrice BREGIER, Président du groupe Eurocopter
 
 

 

L’entreprise européenne de haute technologie dans la compétitivité internationale: Face à l’hélicoptère « NH 90 », fruit d’une coopération européenne qui a obtenu 400 commandes fermes, les Américains ont décidé d’acheter à Sikorsky 1 200 « Black Hawks » de la nouvelle génération. Cela se passe de commentaire : pour eux, l’export est un plus marginal… ». La concurrence est même déloyale lorsqu’il s’agit d’un partenaire européen, l’Italie pour ne pas la nommer, qui reçoit des subventions de son propre gouvernement pour sa production civile. La concurrence est perfide avec la Chine ou la Corée qui cherchent à s’approprier notre savoir-faire. « Si on saucissonne les développements et les tâches, même s’ils ont 5 à 6% d’une activité, ils finissent par en connaître 80% ». Il applique partout, notamment en Asie, le principe : « On ne partage pas le savoir-faire.» ce qui, dit-il, n’est pas facile.
Dynamiser par le management et par du sang neuf : Pour dynamiser sa société, il donne la priorité au management et cherche à renforcer l’innovation ; il privilégie du « sang neuf » dans sa direction. Sans cela existe un risque de voir une équipe de « copains » diriger la société sans se remettre en question. D’abord, explique-t-il, il faut faire en sorte que les cadres, pour l’essentiel des ingénieurs, qui ont été choisis sur des critères liés à leur expertise technique dans une société de haute technicité, comprennent que la notion de management et de leadership est tout à fait essentielle. Ainsi en 2005 il a fixé de nouveaux challenges comme celui de renforcer l’innovation technique pour éviter de se faire rattraper par ses concurrents.
Des concepts innovants : Fabrice Brégier a demandé à des ingénieurs expérimentés de réfléchir sur des concepts « innovants », même s’ils paraissent complexes et donc chers, comme le rotor basculant qui permet de décoller comme un hélicoptère avant de basculer puis d’avancer comme un turbo propulseur. Par ailleurs des recherches sont faites pour rendre l’hélicoptère « plus confortable » (réduire son niveau de vibrations grâce à des évolutions sur les pales), « plus sûr » (on touche à la capacité de s’inscrire dans le vol de ligne par tous les temps) et dans le secteur militaire, « plus furtifs » (masquage, vol à basse altitude en toute sécurité). Et puis, il y a des pistes de recherche en vue de la réduction globale des coûts de production et surtout de maintenance. En fait, conclut sur ce point Fabrice Brégier, « c’est davantage de l’optimisation de concepts que de la recherche pure » .
Pas d’uniformisation par le bas du diplôme mais… Cette année, 1 300 personnes seront recrutées. L’aéronautique continue à faire rêver et l’environnement international reste une source de motivation pour les jeunes. Sur la reconnaissance du diplôme d’ingénieur au niveau européen, Fabrice Brégier a confié : « Si l’idée est d’harmoniser en acceptant de dégrader ce que l’on appelle un ingénieur en France, je ne crois pas que ce soit une bonne chose. Mais nous sommes pragmatiques, nous faisons progresser ceux qui sont bons par rapport à ceux qui le sont moins, sans obligatoirement tenir compte des diplômes. En fait, conclut-il, ceux qui réussiront sont ceux qui, en plus de leurs compétences techniques, auront une capacité de leader, de management et de contacts humains.
Portrait : Fabrice Brégier est Président du groupe Eurocopter depuis avril 2003
Né en 1961 à Dijon, il est marié et a trois enfants. Diplômé de l’Ecole Polytechnique (X80), puis de l’Ecole des Mines de Paris, il est Ingénieur en chef des Mines. D’abord ingénieur essais à la centrale de Creys-Malville, il a été Conseiller technique au ministère du Commerce extérieur puis au ministère des Postes et Télécommunications. En 93 il rejoint le groupe Matra Défense et en 98 devient PDG de Matra BAe Dynamics. Fabrice Brégier préside maintenant, depuis trois ans et demi, Eurocopter, première société européenne « intégrée » dans le domaine de l’aéronautique. Le groupe comprend 14 000 personnes et avec une croissance de 15% par an il atteindra l’an prochain un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros avec une part du marché militaire de 50%. Cette dualité civil/militaire présente plusieurs avantages dont ceux de développer des technologies qui sont valables sur les deux marchés, et de bénéficier d’un marché militaire généralement plus stables que le civil.

Daniel AMELINE

 
 
CNISF 7, rue Lamennais 75008 PARIS Tel : 01 44 13 66 88 Fax : 01 42 89 82 50
contactez notre webmaster