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L’évolution
de l’Europe, un an après le référendum
du 29 mai 2005
La députée européenne n’a
pas masqué la gravité de la situation.
«L’Europe vit une crise extrêmement
lourde probablement la plus grave depuis sa création
», a-t-elle affirmé d’entrée
de jeu. Depuis un an, selon elle, l’Europe n’est
pas en panne, mais «elle régresse ».
Et de citer tout à trac : l’absence absolue
de l’Europe sur la scène internationale,
le retour des égoïsmes nationaux pour le
budget 2007-2013, et les discussions de marchands de
tapis de la part des Etats. Contrairement à certains
euro-optimistes comme Valéry Giscard d’Estaing,
Marielle de Sarnez ne croit pas que ce soit seulement
le contexte politique intérieur- à cause
d’un «gouvernement extrêmement impopulaire»
- qui explique le «non» majoritaire des
Français. Pour elle, c’est une certaine
façon de faire l’Europe «sans les
citoyens» qui a été sanctionnée.
La «panne de l’Europe» actuelle est
aussi, selon elle, «une crise d’inspiration
de l’idéal européen».
Le «drapeau européen»
de l’UDF va ressortir en 2007
La vice-présidente de l’UDF a annoncé
que l’UDF allait rédiger un «nouveau
projet de Constitution européenne» avant
octobre prochain. «Ce sera un acte simple, concret,
notre contribution à la relance européenne»,
a-t-elle dit. Il n’y aura qu’une seule partie
précisant : «Voilà pour nous, peuples
européens, les grands principes qui fédèrent
notre vie commune et la manière dont nous voulons
progresser !». La vice-présidente de l’UDF
s’est déclarée par ailleurs «sûre»
que le candidat de sa formation mettra la question européenne
«au centre de l’élection présidentielle».
«On ne peut pas imaginer l’avenir de la
France sans une Europe forte. Les deux sont liées.
Faire croire aux Français que l’on peut
tout faire tout seul dans le monde dans lequel nous
vivons, ce n’est pas vrai ! Seuls, nous ne réglerons
pas nos problèmes “lourds” d’emploi,
de croissance ou de démographie», a-t-elle
insisté.
Parmi les axes prioritaires, outre les problèmes
organisationnels, la députée européenne
voit plusieurs pistes urgentes. La plus importante concerne
«une gouvernance économique au niveau de
l’euro». Selon elle, il faut arrêter
de penser que l’on a fait le boulot en ayant une
monnaie unique commune. «Nous n’avons fait
que la moitié du chemin», précise-
t-elle. Se doter de l’euro sans avoir une gouvernance
économique, une coordination de nos politiques
économiques, budgétaires, fiscales, en
matière d’investissements lourds et industriels,
c’est s’arrêter au milieu du chemin.
«Il ne faut pas s’étonner ensuite
que l’on ne soit pas créateur de croissance.
Il y a urgence. Allons-y !» s’est-elle exclamée.
La députée européenne constate
que les chefs d’Etat et de gouvernement ont une
absence de vision, de volonté et de coordination.
Elle a indiqué quelques priorités à
traiter en urgence, selon elle, comme la nouvelle politique
commune en matière de recherche, la question
de l’immigration et des migrations, et la réforme
de la Politique agricole commune (PAC). Au passage,
la vice-présidente de l’UDF a critiqué
l’attitude du Premier Ministre dans le rapprochement
GDF-Suez afin de contrer l’opération italienne
ENEL. «Je suis pour un patriotisme européen
plutôt que national», a-t-elle dit. «On
ne peut pas se dire européen, acheter partout
en Europe et, dès qu’une entreprise européenne
arrive en France, fermer tout et décréter
le black-out. Cela ne va pas !» a-t-elle insisté.
Portrait : une femme de coeur
et de volonté
Marielle de Sarnez est née en 1957 à
Paris, elle est mère de deux enfants. Issue d’une
bonne famille elle en est resté aux études
secondaires. D’abord secrétaire au parti
des Républicains Indépendants elle soutient
très activement Giscard d’Estaing. Après
81 elle devient peu à peu la cheville ouvrière
de l’UDF. Conseillère puis directrice du
cabinet de François Bayrou au ministère
de l’Education nationale (1993-1997) Marielle
de Sarnez est, depuis une quinzaine d’années,
le «bras droit» de François Bayrou,
la « gardienne du phare » de l’UDF
en quelque sorte ! Elle se fait élire en 1999
en toute discrétion au Parlement Européen.
Aujourd’hui elle est Vice-présidente de
l’UDF, Députée au Parlement de Strasbourg
et Présidente de la fédération
UDF de Paris. Elle n’hésite pas à
se rendre sur des terres de conflit : Israël, Cisjordanie
ou encore Afghanistan.
Daniel AMELINE
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