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François-Michel
Gonnot a mis en avant le rôle de pionnier de notre
pays en matière de stockage des déchets
nucléaires. «Il faut savoir que tous les
pays nous regardent, nous envient et vont utiliser chez
eux les solutions que nous cherchons à ce problème
lourd», a-t-il souligné avec force. Voilà
qui est susceptible de nous donner du tonus et de l’optimisme
surtout lorsque François-Michel Gonnot estime qu’il
existe un «consensus politique» à droite
comme à gauche pour avancer dans le sens proposé
par le projet de loi sur les déchets radioactifs.
Selon lui « il existe une volonté de la gauche
de laisser la droite mettre en place un processus clairement
figé par la loi - relance de l’EPR, gestion
des déchets - de façon à ce que l’on
puisse continuer en France cette industrie sans être
bloqué par un quelconque projet de moratoire».
Prouver
qu’il y a une solution pour les déchets
François-Michel Gonnot a insisté
sur le fait que tous les grands pays nucléaires
cherchaient à trouver des solutions aux deux
grands problèmes de sûreté que sont
la «non prolifération» et la «gestion
des déchets radioactifs». «Il y a
partout une volonté d’ouvrir une structure
industrielle de stockage des déchets de façon
à prouver qu’il y a une solution et qu’elle
peut être mise en oeuvre sans que cela menace
l’environnement ni la santé publique».
Il a souligné que notre pays, le moins entravé
dans la progression de son industrie nucléaire,
était l’un des rares à pouvoir trouver
la solution du stockage des déchets radioactifs.
Il a tenu à remercier la Suisse et la Belgique
qui nous ont permis de «gagner cinq à dix
ans» en mettant leurs recherches, notamment leurs
travaux sur l’argile, à notre disposition.
En fait, selon lui, tous les pays qui, comme l’Allemagne,
sont passés par des alliances gouvernementales
avec les écologistes, cherchent à sortir
du «moratoire» nucléaire. «Ils
sentent bien, ajoute-t-il, qu’avec l’augmentation
des prix du pétrole et du gaz, il faut qu’au
moins une part de leur énergie provienne du nucléaire».
Le surcoût de la réversibilité
La « réversibilité »
en matière de stockage des déchets nucléaires
a été imposée durant le quinquennat
de Lionel Jospin sans pour autant en fournir une définition
précise. Selon le président de l’Andra,
la réversibilité consiste à prévoir
que pendant la durée de l’exploitation
des déchets nucléaires - a priori cent
ans, de 2025 à 2125 -, il sera possible de les
retirer à un coût «technique et économique»
égal à celui qui a permis de les placer
sous terre. Le surcoût financier de l’application
de ce principe de réversibilité (avec
notamment la mise au point des robots adéquats,
etc.) serait, selon le député de l’Oise,
de l’ordre de 30 à 50% .
Que l’Europe nous laisse
gérer notre nucléaire !
Interrogé sur la nécessité
d’une législation européenne en
matière de gestion des déchets nucléaires,
le député de l’Oise a été
très net. «Que l’Europe continue
à faire ses directives, mais qu’elle ne
vienne pas s’occuper de la façon dont la
France a développé son parc de production
nucléaire. Nous sommes un modèle en matière
nucléaire, mais, si on écoute l’Europe,
on va nous demander de fermer nos réacteurs !»,
s’est-il enflammé.
Portrait : François-Michel
Gonnot, un député pédagogue pour
traiter du nucléaire
Né en 1949, il est marié et a un
enfant. Diplômé à la fois de Sciences
Politique Paris et de l’Institut français
de Presse, il commence sa carrière de journaliste
à Combat, la poursuit au Quotidien de Paris avant
de diriger la Lettre de l’UDF durant le septennat
de Valéry Giscard d’Estaing. Sa mission,
à l’ANDRA, est d’expliquer de façon
pédagogique ce que sont les déchets nucléaires,
ce que l’on peut en faire, ce qu’en font
les autres pays, où en sont les chercheurs, etc.
et de l’expliquer pour commencer aux élus
de la Meuse et de la Haute- Marne. La loi sur le stockage
des déchets nucléaire, en cours d’examen
au Parlement, va permettre à l'Andra d’avoir
«des moyens, des méthodes et un cap pour
reconquérir l’opinion». Ses arguments
: d’abord la géologie avec la sûreté
de deux puits à 500 mètres sous terre
dans une couche argileuse de 150 mètres d’épaisseur,
vieille de cent cinquante millions d’années,
du site de Bure ; ensuite l’homme en s’appuyant
sur la réversibilité.
Daniel AMELINE
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