28/07/06
  Flash info N°06/13 - 13 juillet 2006
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  Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 23 mai 2006 : François-Michel Gonnot, député UMP de l’Oise, président de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs

 
  François-Michel Gonnot a mis en avant le rôle de pionnier de notre pays en matière de stockage des déchets nucléaires. «Il faut savoir que tous les pays nous regardent, nous envient et vont utiliser chez eux les solutions que nous cherchons à ce problème lourd», a-t-il souligné avec force. Voilà qui est susceptible de nous donner du tonus et de l’optimisme surtout lorsque François-Michel Gonnot estime qu’il existe un «consensus politique» à droite comme à gauche pour avancer dans le sens proposé par le projet de loi sur les déchets radioactifs. Selon lui « il existe une volonté de la gauche de laisser la droite mettre en place un processus clairement figé par la loi - relance de l’EPR, gestion des déchets - de façon à ce que l’on puisse continuer en France cette industrie sans être bloqué par un quelconque projet de moratoire».

Prouver qu’il y a une solution pour les déchets
François-Michel Gonnot a insisté sur le fait que tous les grands pays nucléaires cherchaient à trouver des solutions aux deux grands problèmes de sûreté que sont la «non prolifération» et la «gestion des déchets radioactifs». «Il y a partout une volonté d’ouvrir une structure industrielle de stockage des déchets de façon à prouver qu’il y a une solution et qu’elle peut être mise en oeuvre sans que cela menace l’environnement ni la santé publique». Il a souligné que notre pays, le moins entravé dans la progression de son industrie nucléaire, était l’un des rares à pouvoir trouver la solution du stockage des déchets radioactifs. Il a tenu à remercier la Suisse et la Belgique qui nous ont permis de «gagner cinq à dix ans» en mettant leurs recherches, notamment leurs travaux sur l’argile, à notre disposition. En fait, selon lui, tous les pays qui, comme l’Allemagne, sont passés par des alliances gouvernementales avec les écologistes, cherchent à sortir du «moratoire» nucléaire. «Ils sentent bien, ajoute-t-il, qu’avec l’augmentation des prix du pétrole et du gaz, il faut qu’au moins une part de leur énergie provienne du nucléaire».

Le surcoût de la réversibilité
La « réversibilité » en matière de stockage des déchets nucléaires a été imposée durant le quinquennat de Lionel Jospin sans pour autant en fournir une définition précise. Selon le président de l’Andra, la réversibilité consiste à prévoir que pendant la durée de l’exploitation des déchets nucléaires - a priori cent ans, de 2025 à 2125 -, il sera possible de les retirer à un coût «technique et économique» égal à celui qui a permis de les placer sous terre. Le surcoût financier de l’application de ce principe de réversibilité (avec notamment la mise au point des robots adéquats, etc.) serait, selon le député de l’Oise, de l’ordre de 30 à 50% .

Que l’Europe nous laisse gérer notre nucléaire !
Interrogé sur la nécessité d’une législation européenne en matière de gestion des déchets nucléaires, le député de l’Oise a été très net. «Que l’Europe continue à faire ses directives, mais qu’elle ne vienne pas s’occuper de la façon dont la France a développé son parc de production nucléaire. Nous sommes un modèle en matière nucléaire, mais, si on écoute l’Europe, on va nous demander de fermer nos réacteurs !», s’est-il enflammé.

Portrait : François-Michel Gonnot, un député pédagogue pour traiter du nucléaire
Né en 1949, il est marié et a un enfant. Diplômé à la fois de Sciences Politique Paris et de l’Institut français de Presse, il commence sa carrière de journaliste à Combat, la poursuit au Quotidien de Paris avant de diriger la Lettre de l’UDF durant le septennat de Valéry Giscard d’Estaing. Sa mission, à l’ANDRA, est d’expliquer de façon pédagogique ce que sont les déchets nucléaires, ce que l’on peut en faire, ce qu’en font les autres pays, où en sont les chercheurs, etc. et de l’expliquer pour commencer aux élus de la Meuse et de la Haute- Marne. La loi sur le stockage des déchets nucléaire, en cours d’examen au Parlement, va permettre à l'Andra d’avoir «des moyens, des méthodes et un cap pour reconquérir l’opinion». Ses arguments : d’abord la géologie avec la sûreté de deux puits à 500 mètres sous terre dans une couche argileuse de 150 mètres d’épaisseur, vieille de cent cinquante millions d’années, du site de Bure ; ensuite l’homme en s’appuyant sur la réversibilité.

Daniel AMELINE

 
 
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