31/05/06
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N°06/10 - 15 mai 2006
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 19 avril 2006 : Alain Claeys Député PS de la Vienne, membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques

Rattraper le temps perdu dans le secteur du vivant : A la question posée «notre pays a-t-il pris du retard en matière de biotechnologies ?», la réponse de ce passionné de Recherche est «oui», dans le secteur du vivant, qu’il juge essentiel pour le développement de la connaissance dans notre société, et «oui» les moyens financiers consacrés à la Recherche dans ce domaine sont insuffisants. La conséquence, c’est que le nombre de start-up qui peuvent se créer, en France, est largement insuffisant. Le député socialiste de la Vienne n’est pas très favorable au financement par les fonds de pension, comme aux USA, dans la mesure où ils demandent «une rémunération à deux chiffres ce qui n’est pas compatible avec le temps long qui concerne les sciences de la vie.» En revanche, Alain Claeys s’est déclaré tout à fait favorable à une coopération entre recherche publique et privée, et à une «transversalité» dans les équipes de recherche y compris avec les ingénieurs : «Il faut décloisonner et sortir des chapelles», a-t-il dit.

La recherche sur l’embryon longtemps interdite : des raisons d’ordre éthique expliquent en grande partie le retard pris chez nous sur les biotechnologies. Le député de la Vienne a rappelé par exemple que la loi bioéthique de 1994 interdisait toute recherche sur l’embryon. Or, a insisté Alain Claeys, la recherche sur les cellules souches embryonnaires susceptibles de se transformer en tout autre cellule du corps humain va constituer le sujet central dans les années qui viennent en matière de biotechnologie. Il s’agit de la médecine «régénératrice» qui permet de remplacer une cellule malade par une autre qui n’aura pas les mêmes difficultés que la cellule atteinte. On pourra ainsi soigner la maladie de Parkinson par greffe de cellules. Mais Alain Claeys a mis en garde contre ceux qui parlent un peu trop vite de victoire possible contre le cancer. «Nous n’en sommes qu’au stade de la recherche fondamentale», a-t-il affirmé. La biotechnologie pose des problèmes éthiques - une agence bio médicale devra veiller au respect scrupuleux des protocoles -, mais aussi économiques impliquant par exemple la non marchandisation du vivant.

La culture des OGM ne ressort pas de la compétence «régionale»... Interrogé d’autre part sur de nouvelles expériences sur les OGM en plein champ, Alain Claeys a précisé : «Sur les OGM, sujet difficile, car très sensible pour nos concitoyens, je suis favorable à la recherche publique. J’accepte de faire des recherches en plein champ au-delà des recherches confinées, sous réserve qu’elles soient publiques et faites avec la plus grande transparence». Quelques régions ne souhaitent pas d’expérience OGM en plein champ, il a simplement précisé : «Je ne pense pas que le sujet des OGM soit de compétence régionale. Il ne peut pas y avoir vingt-deux règles différentes dans notre pays. Il y a une recherche publique sur les OGM à l’INRA qui se fait en toute transparence». Il a émis le même regret sur un manque de transparence en matière nucléaire. «Je ne suis pas anti-nucléaire, a-t-il précisé. Ce que je reproche, c’est que le nucléaire ait été placé en dehors de la sphère démocratique même si des efforts ont été faits depuis un certain nombre d’années.»

PORTRAIT Alain Claeys est né en 1948 à Poitiers, il est marié et il a trois enfants. Il est toujours resté fidèle à sa région Poitou-Charentes et à sa ville de Poitiers. Il a fait ses études au lycée de Poitiers avant de passer, à l’université, un troisième cycle d’Économie sur l’intégration européenne. D’abord enseignant à l’université de Poitiers il devient directeur du cabinet du maire socialiste de Poitiers et adhère au nouveau parti socialiste de François Mitterrand. Député PS de la Vienne depuis 1997, conseiller général de la Vienne depuis 1982, responsable national du PS à la Recherche depuis 2005, membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), il a, au Parti socialiste, été d’abord secrétaire national en charge des collectivités locales et de l’aménagement du territoire puis en 1993 trésorier du parti.

Daniel AMELINE

 

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