Rattraper
le temps perdu dans le secteur du vivant : A la question
posée «notre pays a-t-il pris du retard en
matière de biotechnologies ?», la réponse
de ce passionné de Recherche est «oui»,
dans le secteur du vivant, qu’il juge essentiel pour
le développement de la connaissance dans notre société,
et «oui» les moyens financiers consacrés
à la Recherche dans ce domaine sont insuffisants.
La conséquence, c’est que le nombre de start-up
qui peuvent se créer, en France, est largement insuffisant.
Le député socialiste de la Vienne n’est
pas très favorable au financement par les fonds de
pension, comme aux USA, dans la mesure où ils demandent
«une rémunération à deux chiffres
ce qui n’est pas compatible avec le temps long qui
concerne les sciences de la vie.» En revanche, Alain
Claeys s’est déclaré tout à fait
favorable à une coopération entre recherche
publique et privée, et à une «transversalité»
dans les équipes de recherche y compris avec les
ingénieurs : «Il faut décloisonner et
sortir des chapelles», a-t-il dit.
La
recherche sur l’embryon longtemps interdite :
des raisons d’ordre éthique expliquent en grande
partie le retard pris chez nous sur les biotechnologies.
Le député de la Vienne a rappelé par
exemple que la loi bioéthique de 1994 interdisait
toute recherche sur l’embryon. Or, a insisté
Alain Claeys, la recherche sur les cellules souches embryonnaires
susceptibles de se transformer en tout autre cellule du
corps humain va constituer le sujet central dans les années
qui viennent en matière de biotechnologie. Il s’agit
de la médecine «régénératrice»
qui permet de remplacer une cellule malade par une autre
qui n’aura pas les mêmes difficultés
que la cellule atteinte. On pourra ainsi soigner la maladie
de Parkinson par greffe de cellules. Mais Alain Claeys a
mis en garde contre ceux qui parlent un peu trop vite de
victoire possible contre le cancer. «Nous n’en
sommes qu’au stade de la recherche fondamentale»,
a-t-il affirmé. La biotechnologie pose des problèmes
éthiques - une agence bio médicale devra veiller
au respect scrupuleux des protocoles -, mais aussi économiques
impliquant par exemple la non marchandisation du vivant.
La
culture des OGM ne ressort pas de la compétence «régionale»...
Interrogé d’autre part sur de nouvelles expériences
sur les OGM en plein champ, Alain Claeys a précisé
: «Sur les OGM, sujet difficile, car très sensible
pour nos concitoyens, je suis favorable à la recherche
publique. J’accepte de faire des recherches en plein
champ au-delà des recherches confinées, sous
réserve qu’elles soient publiques et faites
avec la plus grande transparence». Quelques régions
ne souhaitent pas d’expérience OGM en plein
champ, il a simplement précisé : «Je
ne pense pas que le sujet des OGM soit de compétence
régionale. Il ne peut pas y avoir vingt-deux règles
différentes dans notre pays. Il y a une recherche
publique sur les OGM à l’INRA qui se fait en
toute transparence». Il a émis le même
regret sur un manque de transparence en matière nucléaire.
«Je ne suis pas anti-nucléaire, a-t-il précisé.
Ce que je reproche, c’est que le nucléaire
ait été placé en dehors de la sphère
démocratique même si des efforts ont été
faits depuis un certain nombre d’années.»
PORTRAIT
Alain Claeys est né en 1948 à Poitiers,
il est marié et il a trois enfants. Il est toujours
resté fidèle à sa région Poitou-Charentes
et à sa ville de Poitiers. Il a fait ses études
au lycée de Poitiers avant de passer, à l’université,
un troisième cycle d’Économie sur l’intégration
européenne. D’abord enseignant à l’université
de Poitiers il devient directeur du cabinet du maire socialiste
de Poitiers et adhère au nouveau parti socialiste
de François Mitterrand. Député PS de
la Vienne depuis 1997, conseiller général
de la Vienne depuis 1982, responsable national du PS à
la Recherche depuis 2005, membre de l’Office parlementaire
d’évaluation des choix scientifiques et technologiques
(OPECST), il a, au Parti socialiste, été d’abord
secrétaire national en charge des collectivités
locales et de l’aménagement du territoire puis
en 1993 trésorier du parti.
Daniel AMELINE
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