Quelle
énergie pour la «voiture du futur» ?
L’ère de l’énergie à bas
prix est terminée et la dépendance vis-à-vis
des pays producteurs du Proche-Orient pour le pétrole,
et de la Russie pour le gaz, pose problème aux Etats-Unis
comme à l’Europe. Le député de
la Manche a insisté sur le fait que l’on ne
peut pas se permettre de dire que, du jour au lendemain,
on pourrait passer d’une filière technologique
- le moteur thermique - à une autre. «S’il
y a des évolutions, insiste-t-il, elles ne pourront
être que lentes et progressives.» L’an
dernier en France, 2 042 000 véhicules neufs ont
été vendus sur un parc de dix-sept millions.
La «voiture du futur» n’est pas pour demain…
matin! La voiture diesel a bénéficié
d’une grande quantité d’améliorations
technologiques en raison notamment des normes européennes
anti-pollution et elle « est peut-être la “voiture
du futur” dans les vingt ou trente prochaines années».
Le véritable challenge, selon lui, se situe au-delà
: «Est-ce que ce sera la voiture électrique
alimentée par de l’énergie électrique
non productive de CO2 ? La balle est dans le camp des chercheurs».
La course aux nouveaux
carburants : Claude Gatignol a évoqué
les pistes «énergétiques» susceptibles
de se substituer ou de compléter le pétrole,
car, selon lui, «on n’a pas trouvé mieux
jusqu’à ce jour pour pouvoir répondre
aux attentes du transport et de la mobilité».
Il a évoqué la tentative sur l’hydrogène,
«mais on ne sait pas mettre des piles à combustible
dans la voiture de Monsieur-tout-le-monde». Peu de
constructeurs se sont lancés dans «l’hydrogène
carburant», car il faut passer par un intermédiaire,
générateur d’électricité,
la pile à combustible. Or, selon lui, il n’y
a que deux modèles utilisables pour les voitures
: la pile à membrane très chère et
utilisant du platine en quantité énorme (
rapidement la totalité d’un siècle d’extraction
serait nécessaire!) ou la pile à céramique.
En ce qui concerne les biocarburants, avec la totalité
de la surface cultivable française, on ne parviendrait
pas à fournir plus de 35% des carburants. Quant à
la cellulose les chercheurs de l’INRA travaillent
dessus.
Les normes de lutte
contre la pollution, Claude Gatignol a insisté
sur le rôle des normes européennes EURO 1,
2, 3, 4 qui ont contraint les constructeurs automobiles
à faire de la recherche sur la lutte contre la pollution.
«90% du temps, maintenant, l’air de Paris n’est
pas pollué ; l’effet d’ozone ne vient
pas de Paris, mais d’Allemagne et d’Angleterre.»
«D’un point de vue général, en
2005, la France aura rejeté moins de C02 qu’elle
n’en émettait en 1990. Tout cela grâce
aux efforts de l’industrie, mais aussi parce que 95%
de notre électricité est produite sans C02
grâce au nucléaire et à l’hydraulique.»
L’autre moyen de lutter contre la pollution est naturellement
l’auto-discipline des automobilistes et la fluidité
du trafic, car ce sont les encombrements qui créent
l’essentiel de la pollution des villes. Il n’est
donc pas nécessaire de réduire le nombre des
voitures dans Paris en demandant aux Parisiens d’emprunter
les transports en commun. « Malgré tous les
efforts faits dans le domaine des transports en commun,
a-t-il relevé, un rapport du CNRS indique que, si
on augmentait de 50% la proportion des transports collectifs,
on ne ferait pas varier le curseur de la voiture individuelle
de plus de 3 à 4%! »
Portrait : Claude
Gatignol est né en 1938 en Corrèze, mais suite
au déménagement de ses parents, il fait ses
études secondaires à Caen avant d’intégrer
«Veto». Après un séjour en Algérie
chez les méharistes il part à Valognes dans
le département de la Manche pour un remplacement
; il s’y marie et n’en bougera plus, dans son
cabinet de vétérinaire qu’il conservera
jusqu’en 1997. Député UMP de la Manche,
président du groupe «Energies» à
l’Assemblée nationale, vice-président
de l’Office parlementaire d’évaluation
des choix scientifiques et technologiques, il a été
réélu sans discontinuer depuis 1988 dans ce
département. Il y revendique la paternité
de l’EPR dont le prototype va être construit
à Flamanville, mais il s’intéresse aussi
à la vache normande ou aux huîtres de Saint-Vaast
et il va accueillir prochainement l’usine des Maîtres
laitiers de Normandie, la plus moderne d’Europe.
Daniel AMELINE
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