24/05/06
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N°06/09 - 10 mai 2006
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 22 MARS 2006 Claude Gatignol, député UMP de la Manche et Président du groupe «Energies» à l’Assemblée nationale

Quelle énergie pour la «voiture du futur» ? L’ère de l’énergie à bas prix est terminée et la dépendance vis-à-vis des pays producteurs du Proche-Orient pour le pétrole, et de la Russie pour le gaz, pose problème aux Etats-Unis comme à l’Europe. Le député de la Manche a insisté sur le fait que l’on ne peut pas se permettre de dire que, du jour au lendemain, on pourrait passer d’une filière technologique - le moteur thermique - à une autre. «S’il y a des évolutions, insiste-t-il, elles ne pourront être que lentes et progressives.» L’an dernier en France, 2 042 000 véhicules neufs ont été vendus sur un parc de dix-sept millions. La «voiture du futur» n’est pas pour demain… matin! La voiture diesel a bénéficié d’une grande quantité d’améliorations technologiques en raison notamment des normes européennes anti-pollution et elle « est peut-être la “voiture du futur” dans les vingt ou trente prochaines années». Le véritable challenge, selon lui, se situe au-delà : «Est-ce que ce sera la voiture électrique alimentée par de l’énergie électrique non productive de CO2 ? La balle est dans le camp des chercheurs».

La course aux nouveaux carburants : Claude Gatignol a évoqué les pistes «énergétiques» susceptibles de se substituer ou de compléter le pétrole, car, selon lui, «on n’a pas trouvé mieux jusqu’à ce jour pour pouvoir répondre aux attentes du transport et de la mobilité». Il a évoqué la tentative sur l’hydrogène, «mais on ne sait pas mettre des piles à combustible dans la voiture de Monsieur-tout-le-monde». Peu de constructeurs se sont lancés dans «l’hydrogène carburant», car il faut passer par un intermédiaire, générateur d’électricité, la pile à combustible. Or, selon lui, il n’y a que deux modèles utilisables pour les voitures : la pile à membrane très chère et utilisant du platine en quantité énorme ( rapidement la totalité d’un siècle d’extraction serait nécessaire!) ou la pile à céramique. En ce qui concerne les biocarburants, avec la totalité de la surface cultivable française, on ne parviendrait pas à fournir plus de 35% des carburants. Quant à la cellulose les chercheurs de l’INRA travaillent dessus.

Les normes de lutte contre la pollution, Claude Gatignol a insisté sur le rôle des normes européennes EURO 1, 2, 3, 4 qui ont contraint les constructeurs automobiles à faire de la recherche sur la lutte contre la pollution. «90% du temps, maintenant, l’air de Paris n’est pas pollué ; l’effet d’ozone ne vient pas de Paris, mais d’Allemagne et d’Angleterre.» «D’un point de vue général, en 2005, la France aura rejeté moins de C02 qu’elle n’en émettait en 1990. Tout cela grâce aux efforts de l’industrie, mais aussi parce que 95% de notre électricité est produite sans C02 grâce au nucléaire et à l’hydraulique.» L’autre moyen de lutter contre la pollution est naturellement l’auto-discipline des automobilistes et la fluidité du trafic, car ce sont les encombrements qui créent l’essentiel de la pollution des villes. Il n’est donc pas nécessaire de réduire le nombre des voitures dans Paris en demandant aux Parisiens d’emprunter les transports en commun. « Malgré tous les efforts faits dans le domaine des transports en commun, a-t-il relevé, un rapport du CNRS indique que, si on augmentait de 50% la proportion des transports collectifs, on ne ferait pas varier le curseur de la voiture individuelle de plus de 3 à 4%! »

Portrait : Claude Gatignol est né en 1938 en Corrèze, mais suite au déménagement de ses parents, il fait ses études secondaires à Caen avant d’intégrer «Veto». Après un séjour en Algérie chez les méharistes il part à Valognes dans le département de la Manche pour un remplacement ; il s’y marie et n’en bougera plus, dans son cabinet de vétérinaire qu’il conservera jusqu’en 1997. Député UMP de la Manche, président du groupe «Energies» à l’Assemblée nationale, vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, il a été réélu sans discontinuer depuis 1988 dans ce département. Il y revendique la paternité de l’EPR dont le prototype va être construit à Flamanville, mais il s’intéresse aussi à la vache normande ou aux huîtres de Saint-Vaast et il va accueillir prochainement l’usine des Maîtres laitiers de Normandie, la plus moderne d’Europe.

Daniel AMELINE


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