7/12/05
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N°05/29 - 28 novembre 2005
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 25 novembre 2005 : Michèle Pappalardo, Présidente de l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie

Réussir le «Facteur 4», c’est possible ! Madame Pappalardo précise d’entrée que pour assurer notre avenir sur cette planète, il faut que l’augmentation de la température ne dépasse pas deux degrés au XXIe siècle alors que, si rien n’était tenté, on pourrait aller jusqu’à cinq ou six degrés. A l’échelle mondiale il faudra donc avoir divisé par deux les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Cela suppose que les pays industrialisés, dont la France, parviennent à les diviser par quatre afin de laisser aux pays en voie de développement la possibilité de se développer. La voiture à hydrogène ne verra pas le jour avant 2030-2040 ; l’éthanol français est rentable pour un baril de pétrole entre 80 et 100 dollars. Nous avons cependant un certain nombre de scénarios sur le “Facteur 4” en France qui nous permettent d’arriver aux résultats avec un niveau de vie acceptable dans des conditions économiques non insupportables. Plutôt qu’à la réglementation, la présidente de l’ADEME croit davantage à l’information et à la conviction, y compris des politiques qui ne sont pas encore convaincus que «cela passera dans l’opinion».

Un tournant «historique» : la Présidente de l’ADEME a indiqué que, grâce à une directive européenne reprise par notre pays, une première réglementation énergétique française sur le bâtiment existant allait entrer en application au moment des «grosses réhabilitations au-delà de 1 000 m2» ; elles se calqueront sur les normes édictées pour les bâtiments neufs précédents. «Ce qui entraînera un décalage avec les objectifs, a-t-elle reconnu, mais c’est un tournant historique !» Pour motiver les propriétaires ou locataires des logements existant, Michèle Pappalardo envisage de recourir à deux types d’incitation. L’incitation financière avec le crédit d’impôt et le recours à l’étiquette «énergie» qui existe déjà pour les réfrigérateurs. «Des étiquettes de ce type seront mises sur tous les logements. Ce sera obligatoire à partir du 1er juillet 2006 pour les ventes, et dès le 1er juillet 2007 pour les locations» a-t-elle indiqué.

Des étiquettes «énergie» sur les véhicules en 2006 : Le secteur des transports est le plus préoccupant car il représente en France 35% des émissions de CO2 ( + 25% depuis 1990 ). Michèle Pappalardo n’a pas caché qu’elle avait regretté l’abandon de l’idée du «bonus-malus» ou de la limitation de la vitesse de 130 à 120 km/h sur les autoroutes. «La réglementation aujourd’hui se porte surtout sur l’obligation d’informer sur les émissions des véhicules que l’on met en vente et il existe un engagement volontaire au niveau européen des constructeurs automobiles de faire en sorte que, d’ici à 2008, leur parc de véhicules soit à 140 g/km». Toutefois, dès 2006, les étiquettes «énergie» (verte, jaune, rouge, selon la pollution dégagée) seront apposées sur les véhicules. La réduction de la pollution pour les transports nécessite l’engagement des pouvoirs publics nationaux, mais aussi locaux. «Nous avons, surtout, besoin de convaincre le consommateur qu’il doit changer sa manière de consommer sans que cela lui coûte plus cher».

Le «solaire» sur les toits : Interrogée enfin sur des expériences en cours, la présidente de l’ADEME a tranché. «Les mini éoliennes, on n’est pas fana..., mais bon. Sur les toits il est possible de faire des opérations plus attractives avec du photovoltaïque collectif sur des grandes surfaces d’immeubles sociaux ou des hangars d’entreprise. C’est nettement plus intéressant en termes de coût et de production.»

Portrait : Femme d’action et de communication, Michèle Pappalardo est née à Toulouse en 1956. Après Sciences Po Paris, elle sort de l’Ecole nationale d’administration en 1981, pour rejoindre la Cour des comptes comme auditrice puis conseillère référendaire. C’est en 1993 qu’elle rejoint le ministère de l’Environnement. Elle avait été, dans les années 1980, à l’origine de la création de l’ADEME et elle en devient présidente en 2003. Elle a placé la sensibilisation des publics au coeur de l’action de l’ADEME. Chacun a entendu parler, ou bien, a vu à la télévision, les trois campagnes sur les économies d’énergies («Faisons vite, ça chauffe !»), sur les déchets («Réduisons vite nos déchets, attention, ça déborde !») et celle sur le «Défi pour la Terre».

Daniel AMELINE

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