| 2007
se jouera sur le chômage : Valérie Pécresse
estime qu’il est fondamental que le chef du gouvernement
parvienne à faire baisser «continûment»
le chômage dans les dix-huit prochains mois. Mais,
compte tenu de la situation qui, objectivement, n’est
pas bonne avec des contraintes financières énormes,
«il faudra engager des réformes structurelles
qui devront être validées en 2007». «L’Allemagne
va continuer à se réformer, on ne peut pas
perdre dix-huit mois», dit-elle. Elle insiste sur
l’urgence des réformes, le rôle des parlementaires
et des syndicats, et l’image de marque des «libéraux».
CNE: 30 000 ont
déjà été signés :
à propos du Contrat Nouvelle Embauche (CNE), dénoncé
par l’opposition comme facteur de «précarité
du travail», Valérie Pécresse précise
qu’il ne s’agit pas de «période
d’essai de deux ans» mais de «montée
en charge progressive des droits des salariés pendant
deux ans». Car le Contrat Nouvelle Embauche, qui s’inspire
du modèle danois, donne effectivement au chef d’entreprise
la liberté totale de licencier avec, en contrepartie
pour le salarié, un contrat à durée
indéterminée. Cette opportunité est
à mettre au regard de la situation actuelle qui n’est
guère profitable aux salariés travaillant
dans les très petites entreprises, «70% d’entre
eux sont en contrat à durée déterminée
et la moitié de ceux-là ont des contrats de
moins d’un mois, et l’autre moitié des
contrats de quatre mois». Elle conclut sur ce nouveau
contrat : «c’est plutôt une bonne mesure
car il y en a 30 000 de signés alors que le CNE n’existe
que depuis le 2 août !».
Le retour aux emplois
aidés pour les jeunes : à propos des
emplois jeunes «la formule laissait à désirer
puisque, selon elle, il n’y avait pas de débouché
à la fin des cinq années. Mais au lieu de
les supprimer, on aurait mieux fait d’en faire un
outil de présélection pour entrer dans la
fonction publique. On veut faire une politique de croissance
et des réformes structurelles. Mais à court
terme, en même temps pour relancer la confiance, l’emploi
aidé n’est pas non plus à négliger».
La porte-parole de l’UMP a insisté sur l’aspect
«moral» de la politique de «croissance
sociale» qui consiste à «redonner du
pouvoir d’achat d’abord à ceux qui travaillent».
«On a tellement empilé de dispositifs d’aide
sociale les uns sur les autres, qu’objectivement plus
d’un tiers des RMIstes n’ont pas intérêt
à retrouver un emploi et c’est 90% pour les
emplois à temps partiel. Il faut, que reprendre un
travail ne soit jamais défavorable pour le salarié»
a-t-elle souligné avec force.
Valérie
Pécresse a évoqué beaucoup d’autres
réformes à faire : clarifier les formations
(il faudrait une «vraie évaluation de la formation»
et de «la carte des filières») ; professionnaliser
l’orientation; réformer l’Etat, car on
a trop de fonctionnaires qui n’ont plus de moyens.
«La sur administration, c’est nous qui la générons
en refusant de faire la réforme de l’Etat»,
a-t-elle dit. En 2007, il va y avoir un débat d’idées
et c’est là que les Français vont dire
oui ou non à un certain nombre de réformes
structurelles, et engager les réformes de fond qu’il
faudra faire pour que notre pays retrouve une croissance
structurelle plus forte insiste-t-elle.
Portrait de Valérie
Pécresse, députée des Yvelines et porte-parole
de l’UMP :
Elle est née en 1967 à Neuilly-sur-Seine,
elle est mariée et a trois enfants. Elle a fait HEC
puis l’ENA, avant de passer sept ans au Conseil d’Etat
et quatre ans comme conseillère technique à
l’Elysée. En 2002 elle a obtenu l’investiture
de l’UMP pour remplacer Franck Borotra comme député
des Yvelines et elle y a été brillamment élue.
Ses spécialités sont la
responsabilité des hôpitaux, le droit de l’audiovisuel
et Internet.
Daniel AMELINE
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