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Comment
favoriser l’orientation des jeunes vers les formations
scientifiques et techniques ?
Des propositions
simples, mais pas une «loi» !
Avec beaucoup de pragmatisme, Irène Tharin
a annoncé que ses propositions seront «très
simples, ne coûteront rien, et ne nécessiteront
pas une loi !» Le député du Doubs n’a
pas voulu déflorer les premières propositions
qu’elle présentera à la mi-juin au cours
d’un point de presse. Mais elle a soigneusement noté
de nombreuses remarques faites par le CNISF. Ses propositions
concerneront « l’accompagnement » –
les parents doivent être associés le plus possible
à l’orientation de leurs enfants – et
le «décloisonnement» des structures –
il faut mettre en relation enseignants, chefs d’entreprise,
politiques, chercheurs, etc. - pour mieux préciser
les objectifs, comme cela s’est produit pour les pôles
de compétitivité. La parlementaire en mission
envisage également de suggérer une «semaine
nationale d’information sur les métiers»
sur tout le territoire.
Positiver l’apprentissage
Un certain pessimisme ambiant contribue à
accréditer l’idée d’un monde qui
se dégrade.
«Pourquoi se battre pour une économie où
le profit et la modernisation aboutissent à la détérioration
de nos richesses naturelles ?» Pourtant, Irène
Tharin reste optimiste. Elle croit qu’il est possible
de donner envie aux jeunes de s’engager dans des études
pour apporter un plus, et ne pas rester dans le «négatif».
«Il y a un regard sur l’entreprise qui est à
revaloriser. Elle est toujours suspectée d’exploitation»,
insiste-t-elle. La notion de progrès économique
et industriel doit, elle aussi, être préservée.
Elle cite en exemple les centrales nucléaires françaises
qui ont été décriées alors qu’aujourd’hui,
«nous sommes bien contents de les avoir», souligne-t-elle.
Par ailleurs, elle se déclare tout à fait
d’accord avec l’idée de faire en sorte
que l’apprentissage devienne une filière d’excellence
donnant aussi accès à un diplôme de
l’enseignement supérieur. «L’apprentissage
est une filière qu’il faut respecter»,
affirme-t-elle.
Critique des conseillers
d’orientation
Le député du Doubs constate aussi qu’il
existe «un problème» sur l’orientation.
Elle s’en est prise d’ailleurs directement aux
psychologues dont il est ressorti que l’utilité
est faible. Elle met aussi en exergue le manque chronique
de relations entre le monde enseignant et celui de l’entreprise.
«Comment faire de l’orientation si on ne tient
pas compte du marché ?»
Portrait
Catholique dans une famille… communiste, Irène
Tharin, député UMP du Doubs, parlementaire
en mission auprès du ministre de l’Education
nationale, est née en 1938 à Audincourt (Doubs)
; elle a six enfants, cinq filles et un garçon. A
seize ans, après le certificat d’études,
elle quitte l’école et se fait embaucher comme
vendeuse. Puis avec son mari elle crée une entreprise
familiale d’une cinquantaine de salariés. Entrée
en juin 2002 à l’Assemblée nationale,
et à l’UMP, elle a été alors
chargée de faire des propositions pour « endiguer
la tendance actuelle à la baisse des orientations
vers les formations scientifiques » et garantir «
une orientation des élèves plus en adéquation
avec les besoins du marché du travail ».
Ses deux titres de gloire sont ceux de mère de famille
et de maire de la commune de Seloncourt (six mille habitants)
dans le Doubs.
Daniel AMELINE
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