9/05/05
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N°05/13 - 15 avril 2005
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 13 avril 2005 : Christian KERT, Député UMP des Bouches-du-Rhône, Vice-président de la Commission des affaires culturelles familiales et sociales

 

Responsabiliser les élus locaux et les citoyens : parmi les 36 500 communes françaises, 21 750 sont concernées par un ou plusieurs risques naturels (inondations et pluies torrentielles, mouvements de terrain ou risque sismique). Christian Kert, en charge, au sein de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST), des questions liées à la prévention des risques naturels et technologiques, a dressé avec talent les points forts, mais aussi les lacunes de notre politique de «prévention des risques climatiques et naturels». Bien que disposant d’une législation considérée comme l’«une des meilleures du monde», notre pays présente, selon lui, trois handicaps majeurs en matière de prévention des risques naturels : la trop grande diversité des acteurs institutionnels (plusieurs ministères, communes, départements, régions) qui tend à diluer les responsabilités ; l’émiettement de nos communes (les maires de petites communes n’ont souvent pas la formation nécessaire, mais l’intercommunalité tend à pallier ces insuffisances) ; et, enfin, le manque d’implication des citoyens qui rechignent souvent à appliquer les règlements territoriaux. Pour mieux coordonner la politique de prévention des risques naturels, Christian Kert avance deux propositions importantes. D’abord, celle de «recréer un secrétariat d’Etat ou un ministère aux Risques majeurs. Il faut un homme unique à vocation interministérielle pour faire progresser la réglementation». L’autre proposition consiste à impliquer davantage les régions dans les politiques de prévention des risques naturels.

Pas d’obligation de mise aux normes anti-sismiques pour le bâti : abordant la question de la politique parasismique, il a regretté que la loi n’implique pas une obligation de mise aux normes pour le bâti existant. «Il n’y a d’obligation parasismique que pour les installations sensibles comme les raffineries, a-t-il précisé. En revanche, les hôpitaux, collèges et autres centres de secours ne sont pas aux normes parasismiques». Il est vrai que cette mise aux normes coûte extrêmement cher. L’autre levier sur lequel il va falloir jouer, selon Christian Kert, porte sur l’actuel système «mixte» de l’assurance qui veut que l’Etat se substitue aux assureurs en cas de séisme : le citoyen, sachant qu’il va être payé, rechigne à faire effectuer des travaux de mise aux normes parasismiques et les maires ont tendance à vouloir s’abonner à «la déclaration de catastrophe naturelle», a-t-il ajouté.

Une politique commune de sécurité civile en Europe ? Christian Kert a tenu à évoquer une initiative que devrait prendre prochainement l’Union européenne en matière de prévention des catastrophes naturelles, un domaine où l’on a eu trop tendance jusqu’à présent, selon lui, à rejeter la politique de prévention vers le «national» en vertu du principe de subsidiarité. «On devrait avoir le lancement d’une grande politique de prévention et d’organisation de sécurité civile commune à l’Europe, si tout va bien», a-t-il précisé. «Nous nous sommes rendus compte que l’Europe a deux ou trois zones de bassins de risques identiques, et que, pour l’instant, il n’y a pas de mise en commun des moyens», a-t-il dit. Il a évoqué l’éventualité d’une future coopération institutionnalisée entre le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la France, dans la lutte contre les incendies de forêts.

Portrait : Christian Kert est né le 25 juillet 1946 à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) ; il est marié et a une fille. Il a fait des études de droit, diplômé de l’Institut de criminologie d’Aix-en-Provence. Il est président de la Fondation Vasarely (1997-2002). C’est un homme de culture et de terrain. Historien de cœur et d’esprit, il a écrit un livre sur sa ville de Salon mais surtout un ouvrage consacré à Nostradamus qui a travaillé pendant vingt ans à Salon avant d’y mourir.

Daniel AMELINE

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