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Responsabiliser
les élus locaux et les citoyens : parmi
les 36 500 communes françaises, 21 750 sont concernées
par un ou plusieurs risques naturels (inondations et pluies
torrentielles, mouvements de terrain ou risque sismique).
Christian Kert, en charge, au sein de l’Office Parlementaire
d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques
(OPECST), des questions liées à la prévention
des risques naturels et technologiques, a dressé
avec talent les points forts, mais aussi les lacunes de
notre politique de «prévention des risques
climatiques et naturels». Bien que disposant d’une
législation considérée comme l’«une
des meilleures du monde», notre pays présente,
selon lui, trois handicaps majeurs en matière de
prévention des risques naturels : la trop grande
diversité des acteurs institutionnels (plusieurs
ministères, communes, départements, régions)
qui tend à diluer les responsabilités ; l’émiettement
de nos communes (les maires de petites communes n’ont
souvent pas la formation nécessaire, mais l’intercommunalité
tend à pallier ces insuffisances) ; et, enfin, le
manque d’implication des citoyens qui rechignent souvent
à appliquer les règlements territoriaux. Pour
mieux coordonner la politique de prévention des risques
naturels, Christian Kert avance deux propositions importantes.
D’abord, celle de «recréer un secrétariat
d’Etat ou un ministère aux Risques majeurs.
Il faut un homme unique à vocation interministérielle
pour faire progresser la réglementation». L’autre
proposition consiste à impliquer davantage les régions
dans les politiques de prévention des risques naturels.
Pas d’obligation de mise
aux normes anti-sismiques pour le bâti :
abordant la question de la politique parasismique, il a
regretté que la loi n’implique pas une obligation
de mise aux normes pour le bâti existant. «Il
n’y a d’obligation parasismique que pour les
installations sensibles comme les raffineries, a-t-il précisé.
En revanche, les hôpitaux, collèges et autres
centres de secours ne sont pas aux normes parasismiques».
Il est vrai que cette mise aux normes coûte extrêmement
cher. L’autre levier sur lequel il va falloir jouer,
selon Christian Kert, porte sur l’actuel système
«mixte» de l’assurance qui veut que l’Etat
se substitue aux assureurs en cas de séisme : le
citoyen, sachant qu’il va être payé,
rechigne à faire effectuer des travaux de mise aux
normes parasismiques et les maires ont tendance à
vouloir s’abonner à «la déclaration
de catastrophe naturelle», a-t-il ajouté.
Une politique commune de sécurité
civile en Europe ? Christian Kert a tenu à
évoquer une initiative que devrait prendre prochainement
l’Union européenne en matière de prévention
des catastrophes naturelles, un domaine où l’on
a eu trop tendance jusqu’à présent,
selon lui, à rejeter la politique de prévention
vers le «national» en vertu du principe de subsidiarité.
«On devrait avoir le lancement d’une grande
politique de prévention et d’organisation de
sécurité civile commune à l’Europe,
si tout va bien», a-t-il précisé. «Nous
nous sommes rendus compte que l’Europe a deux ou trois
zones de bassins de risques identiques, et que, pour l’instant,
il n’y a pas de mise en commun des moyens»,
a-t-il dit. Il a évoqué l’éventualité
d’une future coopération institutionnalisée
entre le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Grèce
et la France, dans la lutte contre les incendies de forêts.
Portrait : Christian
Kert est né le 25 juillet 1946 à Salon-de-Provence
(Bouches-du-Rhône) ; il est marié et a une
fille. Il a fait des études de droit, diplômé
de l’Institut de criminologie d’Aix-en-Provence.
Il est président de la Fondation Vasarely (1997-2002).
C’est un homme de culture et de terrain. Historien
de cœur et d’esprit, il a écrit un livre
sur sa ville de Salon mais surtout un ouvrage consacré
à Nostradamus qui a travaillé pendant vingt
ans à Salon avant d’y mourir.
Daniel AMELINE
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