Ne pas faire dans le «mou»:
Hervé Mariton a mis en évidence, en matière
industrielle, les difficultés de la «mobilité»
dans le privé tout comme les risques de rester
«statique» dans le public. L’un des
intervenants s’est interrogé sur l’efficacité
de la «nouvelle gouvernance» en matière
de recherche et d’innovation. Un autre a fait remarquer
au vice-président du groupe UMP de l’Assemblée
nationale que l’organigramme de son parti ne comprenait
aucun responsable chargé de la Recherche, secteur
qui figure pourtant parmi les priorités du gouvernement
de Jean-Pierre Raffarin. Message enregistré par
Hervé Mariton... Bref, la discussion a été
si riche et intéressante que l’invité
a suggéré au CNISF d’organiser un
colloque sur le sujet de la relance de la politique industrielle
pour prolonger cet échange !
Mobiliser sur des objectifs précis :
Hervé Mariton a salué d’entrée
de jeu l’Agence des participations de l’Etat.
Elle cherche à optimiser la gestion du portefeuille
de l’Etat d’un point de vue patrimonial et
stratégique selon les recommandations faites par
la mission d’enquête parlementaire sur la
gestion des entreprises publiques. «Cela paraît
assez positif, mais les choses évoluent inégalement»,
a-t-il remarqué. Au sujet de l’Agence de
l’innovation, inspirée du rapport de Jean-Louis
Beffa, agence qui serait chargée de sélectionner,
coordonner et suivre les grands programmes cofinancés
à parité avec le privé sur plusieurs
thèmes comme la voiture propre, la pile à
combustible, l’énergie solaire, etc. il a
précisé : « C’est sans doute
utile mais cela ne peut pas résumer une politique
industrielle, avant de regretter le manque d’objectifs
précis. Je suis assez frappé de la capacité
que l’on a, autour d’enjeux de politique industrielle,
à faire très largement… dans le mou».
Défaut de procédure pour les «
pôles de compétitivité »
: le député-maire de Crest a été
plus critique encore sur les « pôles de compétitivité
» proposés par les ministres Sarkozy puis
Gaymard à partir d’un rapport parlementaire
de Christian Blanc. La manière dont les pôles
de compétitivité ont été compris
sur le terrain a entraîné des réponses
relativement «molles en termes de concepts et de
définition géographique. Avec toujours l’impression,
a-t-il regretté, qu’il suffit de repasser
le même plat pour avancer». En clair, Hervé
Mariton estime que la procédure utilisée
pour les pôles de compétitivité ne
doit pas se résumer à «permettre à
des gens qui n’avaient pas l’habitude de se
rencontrer de le faire», mais à les inciter
davantage «à se creuser la cervelle et à
mobiliser des moyens».
Revaloriser les salaires des chercheurs
: là où l’Etat peut utiliser le mieux
son argent, selon Hervé Mariton, c’est en
amont, dans le domaine de la recherche et de l’innovation
y compris pour une revalorisation des salaires des chercheurs.
«Les conditions matérielles des chercheurs
en France ne sont pas satisfaisantes. Si l’on parle
de politique de recherche, c’est une question que
l’on ne doit pas s’interdire de poser».
Avant de conclure, Hervé Mariton s’est encore
inquiété des conséquences néfastes
de la restriction des commandes publiques. «Les
nouvelles procédures de passage des marchés,
y compris au niveau local, mettent une pression sur le
tissu industriel assez significative, a-t-il souligné».
Portrait : Hervé Mariton, né
le 5 novembre 1958 à Alger, est marié et
il a quatre enfants. Il est diplômé de l’Ecole
Polytechnique, de l’IEP de Paris, et il a un DEA
de gestion de Paris-Dauphine. Il est député
UMP de la Drôme, vice-président du groupe
UMP à l’Assemblée nationale, rapporteur
de la commission d’enquête sur l’évolution
de la fiscalité locale, et maire de Crest depuis
1995. Après une carrière de haut fonctionnaire
au ministère de l’Industrie en tant que membre
du corps des ingénieurs des instruments de mesure
il se consacre pleinement à la politique à
partir de son élection comme député
de la Drôme en 1993 depuis laquelle il figure parmi
les « quadras » libéraux de l’UMP,
après avoir été proche de Léotard
et de Madelin.
Daniel AMELINE