2/12/04
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N°04/38 - 26 novembre 2004
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 24 novembre 2004 : Guy Teissier, Député UMP des Bouches-du-Rhône, Président de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale

«L’industrie de la Défense et sa place en Europe»

Des chiffres : Le poids de l’industrie de Défense est énorme, environ quinze milliards d’euros par an. C’est le premier investisseur de l’Etat. Il permet de réaliser quatre milliards d’euros d’exportations en faisant travailler 2 500 PME-PMI. Le secteur emploie directement 170 000 personnes, et concerne au total entre deux et deux millions et demi d’emplois en France, soit 10% de la population active. L’industrie de Défense effectue de très gros efforts de restructuration d’abord franco-français, mais aussi franco-européens. Pour être crédible, il faut d’abord, selon Guy Tessier, se réformer, puis s’allier avec d’autres partenaires européens pour faire face « au géant américain et à l’émergence annoncée des pays d’Asie».

L’exemple réussi d’EADS : Le député des Bouches-du-Rhône a pris l’exemple de la réussite parfaite du domaine de l’aéronautique. «Qui aurait pu dire, autour de cette table, il y a dix ou quinze ans, que nous damerions un jour le pion à Boeing ?». Ce qui a été réussi par EADS, a-t-il ajouté, pourrait l’être également dans le naval. «Je milite ardemment pour une espèce d’Airbus naval», a-t-il précisé. Il verrait bien un groupe naval se constituer avec l’Espagne, l’Allemagne et, pourquoi pas, la Suède, pour faire face aux six groupes américains… alors que nous en avons encore 26 en Europe ! L’exemple d’EADS prouve que ces regroupements portent leurs fruits alors, pourquoi pas un consortium naval européen ?

«On est allé peut-être un peu vite» : Le président de la commission de la Défense a expliqué sur l’éventuelle fusion EADS-Thalès les réactions hostiles de nos voisins. «Les Britanniques dans la société Thalès de droit anglais ont prévu que toute modification de capital devrait faire l’objet d’un contrôle initial par le gouvernement britannique, a-t-il rappelé. Nous devrions peut-être imaginer un tel système pour nos industries, a-t-il souligné avant d’ajouter : C’est la raison pour laquelle, j’ai demandé à deux de mes collègues députés - un de la majorité et l’autre de l’opposition - de faire un rapport sur les intrusions intempestives de certains capitaux américains dans l’industrie nationale et européenne». Quant au raidissement allemand sur la fusion EADS-Thalès, Guy Teissier l’a mis au compte d’une certaine précipitation du côté français. «On est allé peut être un peu vite. Il aurait fallu que nous parlions davantage avec nos voisins et amis allemands pour les habituer à cette idée. Toutefois cela répond parfaitement à une ligne industrielle», a conclu Guy Teissier.

Les «contours» de l’Agence européenne : Interrogé, d’autre part, sur l’Agence européenne de Défense, dirigée actuellement par un britannique, Guy Teissier s’est montré un peu dubitatif. «C’est une belle avancée, car nous nous sommes enfin mis d’accord. La première chose, maintenant, c’est d’en connaître exactement les contours, car, aujourd’hui, nous ne savons pas quel est exactement son rôle». En résumé, cette Agence européenne devrait recenser les besoins des pays de l’Union, les industries dont ils disposent pour les satisfaire et voir ce qui peut être rapproché au niveau industriel. Abordant le problème spécifique du renseignement le député de Marseille a reconnu que la France était «très dépendante de l’industrie américaine» dans ce domaine. Ce qui n’est pas un gage de neutralité ni d’indépendance pour nos systèmes d’écoute et de décodages.

Portrait : Un «capitaine» dynamique : Guy Teissier Député est né le 4 avril 1945 à Marseille, il est marié et a deux enfants. Juriste de formation il a été clerc de notaire, puis administrateur de biens. Mais, en réalité, il a toujours été attiré par la chose militaire et, s’il n’avait pas fait une carrière politique, il se serait engagé dans la «grande Muette». D’ailleurs, il a été instructeur pendant plus de vingt ans dans le cadre de la réserve opérationnelle avec le grade de capitaine, chez les parachutistes. Passionné de chasse au gros gibier il aime aussi faire du vélo et des randonnées en montagne dans les Hautes-Alpes.

Député des Bouches-du-Rhône depuis 1988, président de la commission de la Défense nationale et des Forcées armées depuis 2002, vice-président des groupes d’amitié entre la France et l’Arménie, Israël et la Lettonie, Guy Teissier est à l’origine de la désormais fameuse «Université d’été» de la Défense qui réunit, depuis deux ans, tous les acteurs de la défense française et européenne, militaires, industriels, politiques et journalistes autour d’un thème défini. Il a d’autre part initié le contrôle de l’exécution du budget de la Défense : à la tête d’une délégation de députés il rencontre les chefs d’état-major des armées, puis les représentants de la DGA pour obtenir des explications sur les éventuels retards de livraison des appareils. Toujours en contact avec les industriels français, Guy Teissier n’hésite pas à revendiquer le rôle de VRP pour le matériel d’armement français.

Daniel AMELINE


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