1) Le champ d’action
du CNRS doit être basé sur une vision large
de la recherche effaçant les limites traditionnelles
entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée
; le CNRS doit cesser de se présenter comme un
organisme de recherche fondamentale.
2) Les missions du
CNRS doivent être clarifiées vis-à-vis
du ministère de la recherche et vis-à-vis
des universités; son rôle ne consiste pas
à délivrer des labels aux laboratoires universitaires
et ceux-ci doivent être gérés dans
le cadre de l'autonomie des universités.
3) Le CNRS doit promouvoir
une politique attractive de ressources humaines, notamment
vis-à-vis des jeunes docteurs, recruter largement
des chercheurs étrangers et assurer à l'ensemble
des personnels une véritable mobilité.
4) Dans l'espace européen
de recherche, et au-delà des actions communautaires,
le CNRS doit jouer un rôle important dans une agence
européenne de recherche. En 2015, un objectif de
25 % de chercheurs non français au CNRS est souhaitable
pour l’ouvrir vers l'Europe, mais aussi vers de
nouveaux pays, comme la Chine.
5) En matière
de politique scientifique, il faut faire des choix beaucoup
plus précis et ensuite recruter les nouveaux chercheurs
en fonction de ces choix. Le dispositif d'évaluation
de la recherche mérite d'être davantage ouvert,
l'évaluation étant actuellement trop consanguine.
L'évaluation doit se faire à partir d'objectifs
fixés avec les chercheurs et en vérifiant
s'ils ont été atteints, et ainsi la boucle
de l'évaluation pourra être fermée.
6) l'organisation
actuelle du CNRS est trop centralisée et insuffisamment
interdisciplinaire. C'est au niveau des grandes régions
que le pilotage de la recherche doit se faire, à
la fois pour développer les relations entre les
disciplines scientifiques et pour développer les
relations avec l'industrie et les services.
La discussion a montré que ces
orientations étaient largement partagées
par les membres présents du CNISF.
Portrait :
Bernard Larrouturou, né en 1958 à
Clermont-Ferrand, père de huit enfants, est diplômé
de l'Ecole Polytechnique, dont il est sorti major, et
de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées. Dès
sa sortie, en 1982, il s'est orienté vers la recherche
à l'institut national de recherche en informatique
et en automatique (INRIA) à Sophia-Antipolis. Sa
thèse de doctorat, en 1987, a été
consacrée à l'étude mathématique
et à la modélisation numérique de
phénomènes de combustion. De 1987 à
1989, il a été, en tant que directeur de
recherche, responsable du projet de recherche «simulation
numérique» dans les sciences de l'ingénieur
à l'INRIA. Puis, de 1990 à 1996, il a dirigé
le centre d'enseignement et de recherche en modélisation
informatique et calcul scientifique, laboratoire de l'Ecole
Nationale des Ponts et Chaussées associé
à l'INRIA. De 1996 à 2003, il a été
Président Directeur Général de l'INRIA
et depuis juillet 2003 il est directeur général
du C. N. R. S.
Simultanément, il a été
professeur de mathématiques appliquées à
l'Ecole Polytechnique de 1993 à 1999 et président
du département de mathématiques appliquées
de l'Ecole.
Les recherches qu’il menait l'ont
mis très souvent en contact avec des entreprises
industrielles : Aérospatiale, Bertin, EDF, ONERA,
Dassault-Aviation, Renault, etc…
Bernard Larrouturou a, de plus, été
lauréat de plusieurs prix décernés
par l'Académie des Sciences, par le Collège
de France et par des organismes étrangers tout
aussi prestigieux.
Daniel AMELINE