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| > Objet : Petit-déjeuner
Lamennais du 26 octobre 2004 : Bernard Derosier,
député PS du Nord |
Regarder «en positif» le traité constitutionnel
sur l’Europe
Le Club Lamennais
a poursuivi ses rencontres sur le thème de «l’avenir
de la France dans l’Europe» en recevant Bernard
Derosier. Celui-ci a plaidé avec conviction pour
l’adoption du traité («C’est un
traité, non une Constitution», prend-il soin
de préciser) et un «oui» au référendum
interne au PS du 1er décembre. Fédéraliste
convaincu, Bernard Derosier a précisé toutefois
que l’enjeu du prochain référendum,
en 2005, n’était pas de créer, avec
cette nouvelle Constitution européenne, un Etat européen.
«L’Europe n’est pas et ne sera pas un
Etat, a-t-il insisté. La référence
pour la France demeure la Constitution française».
Le député du Nord a cherché avant tout
à «positiver» le débat ouvert
entre partisans du «oui» et du «non».
«Il faut regarder ce traité en positif à
travers ce qu’il apporte et non en négatif
pour ce qu’il ne prétend pas régler.
Face aux défis actuels, plus d’Europe, c’est
incontestablement à la fois plus de sécurité
économique et politique», a-t-il ajouté.
Après avoir rappelé que l’Europe a eu
une influence positive sur le développement de la
France («Personne ne peut le contester même
parmi les plus souverainistes», a-t-il souligné),
Bernard Derosier a lancé cet avertissement : «Si
on ne peut pas être sûr que la France gardera
durablement son rang politique, économique au niveau
européen et international, à l’inverse,
on peut être sûr que sans une Europe forte,
la France serait vouée au déclin et à
l’isolement économique». Le député
du Nord souligne encore avec juste raison que «l’avenir
de la France dépend aussi de l’avenir de l’Europe».
Très près d’un
Etat fédéral
Rejetant l’«Europe confédérale»
prônée par ceux qui «veulent revenir
à l’Europe d’avant le traité
de Rome», Bernard Derosier a déclaré
: «Nous sommes embarqués volontaires dans
le bateau de l’Europe. Nous avons intérêt
à ce qu’il tienne un bon cap. L’intérêt
des citoyens, c’est celui d’une Europe politiquement
et économiquement forte». Répondant
plus particulièrement au «souverainiste»
UMP Nicolas Dupont-Aignan qui dénonce un basculement
du système européen vers le «fédéralisme»,
le président du conseil général du
Nord a été clair et net : «Certains
disent que le traité fait basculer l’Europe
dans le fédéralisme. Tant mieux : chiche
!», s’est-il exclamé tout en regrettant
pour sa part que le traité n’aille pas assez
loin dans la conception de l’Europe fédérale.
«Ma pente naturelle est celle du fédéralisme,
a-t-il précisé. C’est la seule forme
politique qui permet de faire avancer de concert l’harmonisation
des politiques économique et sociale nécessaires
au développement des échanges. De même,
il est nécessaire d’aller vers une Europe
politique dont la faiblesse s’est faite cruellement
sentir en Yougoslavie, par exemple, ou face à la
crise irakienne.»
Hostile au référendum
Le député du Nord a mis en garde contre
un certain mythe de l’«Europe sociale».
«Est-ce que nous avons bien défini l’Europe
sociale ? Je plaide contre mon camp, a-t-il avoué,
mais est-ce que c’est un droit du travail identique
? Le même droit à la santé ? Un droit
à la retraite semblable ? Certains pays le voudraient
qu’ils ne le pourraient pas et d’autres n’y
tiennent pas préférant garder les avantages
acquis». De même, il a émis des doutes
sur le fait que l’Europe sociale soit en mesure
de protéger contre les délocalisations :
«La plupart d’entre elles se font en dehors
de l’Europe en Asie notamment», a-t-il remarqué.
Au contraire, selon lui, l’Europe actuelle offre
une certaine «cohésion sociale» qui
a permis, par exemple, a-t-il dit, «à sa
région du Nord Pas-de-Calais d’obtenir des
moyens substantiels pour un développement plus
rapide». Il a conclu : «Personnellement, je
suis hostile au référendum parce que c’est
la minorité agissante qui l’emporte. Je suis
parlementariste et pas du tout présidentialiste.
J’aurai bien aimé qu’il n’y ait
pas de référendum».
Portrait : un fédéraliste
«indétrônable»
Bernard Dérosier, marié, quatre enfants,
député du Nord depuis 1978, ancien maire
d’Hellemmes pendant dix-huit ans, n’est cependant
pas un «chtimi» ! En effet il est né
à Chevilly dans le Loiret, en 1939. Après
ses études à Orléans, il part faire
son service militaire en Algérie. Il y restera
pour entrer dans l’enseignement. Il rentre en métropole
dans le Nord pour un poste d’instituteur à
Wasquehal puis à Saint-André. Dès
1963, il entre aux «jeunesses socialistes»
à la SFIO. A partir de 1973, il entame une longue
carrière politique jalonnée de victoires
à répétition, d’où son
qualificatif d’«indétrônable».
Elu pour la première fois en 1973 il a été
constamment réélu à son siège
de député du Nord depuis 1978. Le secret
de sa longévité en politique, c’est
d’être en campagne permanente avec les citoyens
sur les marchés et toujours en contact avec les
«relais d’opinion».
Daniel AMELINE
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