8/11/04
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N°04/35 - 2 novembre 2004
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 26 octobre 2004 : Bernard Derosier, député PS du Nord

Regarder «en positif» le traité constitutionnel sur l’Europe
Le Club Lamennais a poursuivi ses rencontres sur le thème de «l’avenir de la France dans l’Europe» en recevant Bernard Derosier. Celui-ci a plaidé avec conviction pour l’adoption du traité («C’est un traité, non une Constitution», prend-il soin de préciser) et un «oui» au référendum interne au PS du 1er décembre. Fédéraliste convaincu, Bernard Derosier a précisé toutefois que l’enjeu du prochain référendum, en 2005, n’était pas de créer, avec cette nouvelle Constitution européenne, un Etat européen. «L’Europe n’est pas et ne sera pas un Etat, a-t-il insisté. La référence pour la France demeure la Constitution française». Le député du Nord a cherché avant tout à «positiver» le débat ouvert entre partisans du «oui» et du «non». «Il faut regarder ce traité en positif à travers ce qu’il apporte et non en négatif pour ce qu’il ne prétend pas régler. Face aux défis actuels, plus d’Europe, c’est incontestablement à la fois plus de sécurité économique et politique», a-t-il ajouté. Après avoir rappelé que l’Europe a eu une influence positive sur le développement de la France («Personne ne peut le contester même parmi les plus souverainistes», a-t-il souligné), Bernard Derosier a lancé cet avertissement : «Si on ne peut pas être sûr que la France gardera durablement son rang politique, économique au niveau européen et international, à l’inverse, on peut être sûr que sans une Europe forte, la France serait vouée au déclin et à l’isolement économique». Le député du Nord souligne encore avec juste raison que «l’avenir de la France dépend aussi de l’avenir de l’Europe».

Très près d’un Etat fédéral
Rejetant l’«Europe confédérale» prônée par ceux qui «veulent revenir à l’Europe d’avant le traité de Rome», Bernard Derosier a déclaré : «Nous sommes embarqués volontaires dans le bateau de l’Europe. Nous avons intérêt à ce qu’il tienne un bon cap. L’intérêt des citoyens, c’est celui d’une Europe politiquement et économiquement forte». Répondant plus particulièrement au «souverainiste» UMP Nicolas Dupont-Aignan qui dénonce un basculement du système européen vers le «fédéralisme», le président du conseil général du Nord a été clair et net : «Certains disent que le traité fait basculer l’Europe dans le fédéralisme. Tant mieux : chiche !», s’est-il exclamé tout en regrettant pour sa part que le traité n’aille pas assez loin dans la conception de l’Europe fédérale. «Ma pente naturelle est celle du fédéralisme, a-t-il précisé. C’est la seule forme politique qui permet de faire avancer de concert l’harmonisation des politiques économique et sociale nécessaires au développement des échanges. De même, il est nécessaire d’aller vers une Europe politique dont la faiblesse s’est faite cruellement sentir en Yougoslavie, par exemple, ou face à la crise irakienne.»

Hostile au référendum
Le député du Nord a mis en garde contre un certain mythe de l’«Europe sociale». «Est-ce que nous avons bien défini l’Europe sociale ? Je plaide contre mon camp, a-t-il avoué, mais est-ce que c’est un droit du travail identique ? Le même droit à la santé ? Un droit à la retraite semblable ? Certains pays le voudraient qu’ils ne le pourraient pas et d’autres n’y tiennent pas préférant garder les avantages acquis». De même, il a émis des doutes sur le fait que l’Europe sociale soit en mesure de protéger contre les délocalisations : «La plupart d’entre elles se font en dehors de l’Europe en Asie notamment», a-t-il remarqué. Au contraire, selon lui, l’Europe actuelle offre une certaine «cohésion sociale» qui a permis, par exemple, a-t-il dit, «à sa région du Nord Pas-de-Calais d’obtenir des moyens substantiels pour un développement plus rapide». Il a conclu : «Personnellement, je suis hostile au référendum parce que c’est la minorité agissante qui l’emporte. Je suis parlementariste et pas du tout présidentialiste. J’aurai bien aimé qu’il n’y ait pas de référendum».

Portrait : un fédéraliste «indétrônable»
Bernard Dérosier, marié, quatre enfants, député du Nord depuis 1978, ancien maire d’Hellemmes pendant dix-huit ans, n’est cependant pas un «chtimi» ! En effet il est né à Chevilly dans le Loiret, en 1939. Après ses études à Orléans, il part faire son service militaire en Algérie. Il y restera pour entrer dans l’enseignement. Il rentre en métropole dans le Nord pour un poste d’instituteur à Wasquehal puis à Saint-André. Dès 1963, il entre aux «jeunesses socialistes» à la SFIO. A partir de 1973, il entame une longue carrière politique jalonnée de victoires à répétition, d’où son qualificatif d’«indétrônable». Elu pour la première fois en 1973 il a été constamment réélu à son siège de député du Nord depuis 1978. Le secret de sa longévité en politique, c’est d’être en campagne permanente avec les citoyens sur les marchés et toujours en contact avec les «relais d’opinion».

Daniel AMELINE

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