23/10/07
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N°04/32 - 5 octobre 2004
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 28 septembre 2004 : Nicolas Dupont-Aignan député-maire UMP de Yerres (Essonne), Président du mouvement «Debout la République»


Compte tenu de l’importance économique des choix européens, en particulier dans la compétition mondiale, le Club Lamennais a décidé de consacrer plusieurs de ses petits déjeuners au «destin de la France dans l’Europe» en invitant des personnalités de droite et de gauche qui ont opté soit pour le «oui», soit pour le «non» au prochain Référendum annoncé sur le projet de Constitution européenne.

Nicolas Dupont-Aignan, député UMP de l’Essonne, partisan du «non», a été reçu le premier par le hasard des agendas. Pour lui, le projet de Constitution change «quelque chose de profond», car il fait basculer le système européen vers le «fédéralisme». «Les traités de Maastricht, Amsterdam et Nice, qui rythment la construction européenne depuis 1992, sont des traités d’inspiration fédérale» souligne-t-il. «La Constitution que l’on nous propose aujourd’hui est la prolongation de ces traités. Elle n’apporte pas de révolution, mais elle va faire basculer le système». Gaulliste, il souhaite revenir à l’Europe «confédérale», quitte, comme l’avait fait, en 1965, le général, à ce que la France pratique la politique de la «chaise vide» pour «casser la dérive fédéraliste du traité de Rome».

Contre un «ordre juridique» européen

Parmi les reproches principaux que Nicolas Dupont-Aignan adresse au projet de Constitution européenne, figure celui d’arrêter définitivement «un ordre juridique européen qui l’emporte sur les ordres juridiques nationaux»: la Cour européenne des droits de l’Homme va «légiférer», la Cour de justice des communautés européennes assurera la «jurisprudence». On introduit ainsi, selon lui, une base jurisprudentielle «colossale» qui va pouvoir être interprétée à tout va ; «les Etats-Nations qui mettent en commun des politiques vont basculer vers un Etat européen avec son ordre juridique auquel on devra obéir. Dans le nouveau système la Commission de Bruxelles devient le gouvernement. Elle est responsable devant le Parlement européen. Face à Elle, le Conseil européen qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernement, agissant dans de nombreux domaines à la majorité qualifiée, ne représente plus les Etats».

Des «pièges» pour la France et l’Europe

Et d’ajouter que seront cautionnées dans le projet de Constitution «les politiques arrêtées à Maastricht : celle de la lutte contre l’inflation au détriment de la lutte contre le chômage, et la politique de libre concurrence considérée comme un dogme» et que se révèleront d’autres «pièges » comme celui du «vide politique de l’Europe». Pour Dupont-Aignan «La démocratie européenne est un mythe, il n’y a aucune lisibilité politique». Et si encore, poursuit-il, «une Europe non démocratique servait à nous rendre forts, cela pourrait se concevoir à la rigueur». Pour l’essentiel en conclusion, le député UMP préconise de remettre sur pied une «Europe confédérale dans son fonctionnement», et surtout de mettre en place une Europe à géométrie variable, une sorte d’«Airbus généralisé» en créant des agences par thème auxquelles participeraient les pays qui le souhaitent. Cela impliquerait l’institution de «majorités super qualifiées» et de «coopérations renforcées» en Europe.

Portrait : Le «trublion» gaulliste

Nicolas Dupont-Aignan est né le 7 mars 1961 à Paris, marié il a deux filles. Après avoir collé des affiches de Chaban et lu les Mémoires d’espoir du Général, il entre à Sciences Po puis à l’ENA. Nommé sous-préfet en 1989, il devient en 1993 conseiller technique au cabinet de Michel Barnier, alors ministre de l’Environnement. En dehors de son premier engagement symbolique, mais sincère pour Chaban-Delmas, son autre filiation idéologique c’est Philippe Séguin. Son engagement auprès de lui, dans la campagne contre Maastricht en 1992, fut total. Aujourd’hui, député de l’Essonne et maire de Yerres, il préside un mouvement politique associé à l’UMP, «Debout la République» qui regroupe 4 000 adhérents réels, des anciens gaullistes et du RPR qui ne veulent pas entendre parler de l’UMP.

Daniel AMELINE


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