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La réforme EDF-GDF est trop floue, il y aura un match-retour
!
François Brottes,
responsable du groupe socialiste dans le débat sur
la réforme d’EDF et de GDF a clairement développé
ses arguments pour demander de surseoir au changement de
statut de l’opérateur historique. Sa préoccupation
est la «désindustrialisation» qui touche
notre pays, et en particulier sa région de l’Isère,
et contre laquelle il entend se battre. Il a dénoncé
à cette occasion, le «yoyo politique»
conjoncturel qui, selon lui, ne convient pas à l’industrie.
«Il faudrait prendre le temps de réfléchir
un peu plus, car il y a trop de choses qui ne sont pas stabilisées
et qui vont poser problème à très court
terme». Il a illustré son propos de plusieurs
exemples dont celui de l’ouverture (à hauteur
de 50% - 70% ?) du capital d’EDF-GDF, annoncée,
puis repoussée dans le temps, par Nicolas Sarkozy.
François Brottes affirme avoir rencontré beaucoup
d’acteurs du privé qui partagent ses interrogations.
«Aucun opérateur en France, sur ce marché,
ne m’a dit qu’il fallait changer le statut d’EDF-GDF.
Certains même pensent le contraire», a-t-il
affirmé avant de préciser qu’il ne s’agissait
pas d’«un problème droite-gauche».
Bref, pour lui, le secteur de l’énergie exige
«plus de stabilité que l’on ne lui
en promet».
Un secteur «vital»
: il assume l’ouverture partielle
du secteur de l’énergie à la concurrence,
décidée conjointement par Lionel Jospin et
Jacques Chirac au conseil européen de Barcelone.
Mais il a rappelé que le premier avait refusé
l’ouverture pour les ménages, et avait assorti
cette acceptation de l’engagement par la Commission
de Bruxelles d’élaborer une directive européenne
sur les services publics… que l’on attend toujours.
Selon lui, il faudrait une approche «transversale»
européenne sur la question des services publics qui
concerne aussi bien la Poste que les transports ferroviaires
et l’énergie. «Il faut mettre des
lignes jaunes à ne pas franchir», a-t-il
affirmé en souhaitant que la fourniture de l’électricité
aux ménages soit laissée hors du champ de
la concurrence, car «l’électricité
est un secteur vital». De même, François
Brottes a plaidé pour que les entreprises EDF et
GDF gardent chacune une part de la «spécificité»
qui leur est attachée. «Si elles ne sont
plus les seules à assurer des missions de service
public, qu’est-ce qui justifiera demain qu’il
y ait autant de gens avec un statut (favorable) tel qu’il
est ? Ce sera très vite euro incompatible. Mais si
l’on conserve un bout de principe de spécificité
pour des missions de production d’énergie ou
de distribution, a-t-il ajouté, on pourra toujours
défendre auprès de Bruxelles le fait qu’elles
soient considérées un peu différemment»
.
Pour ne pas inquiéter…
D’autres interrogations ont été soulevées
par le député de l’Isère comme
l’«hypocrisie totale» qui consisterait,
selon lui, à exonérer les collectivités
locales d’appliquer le code des marchés publics
pour leur consommation d’énergie comme cela
est proposé.
«Cela ne tient pas cinq minutes, les députés
socialistes feront un recours devant le Conseil constitutionnel»,
a-t- il précisé. Il a reproché à
la majorité gouvernementale de chercher uniquement
à ne «pas inquiéter les maires par
rapport à la dérégulation du marché.
On voit bien que, si l’on veut passer cette réforme
dans l’urgence, c’est pour en rester au dogme
– le changement de statut. Le reste, on verra après.
Mais, le reste, c’est considérable !»,
s’est-il exclamé.
La «quatrième
génération» plutôt que l’EPR
; François Brottes a reconnu que les socialistes
avaient « tergiversé » avant d’affirmer
que «l’industrie nucléaire était
indispensable à ce pays et encore pour longtemps».
Sur l’EPR, François Brottes a estimé
qu’il fallait mieux travailler sur «la quatrième
génération» que sur «l’EPR»
en prolongeant la durée de vie des centrales, car
«cette durée est plus liée à
la productivité qu’à l’aspect
technique».
Portrait, un politique
au large champ d’actions : François
Brottes est né le 31 mars 1956 à Valence dans
la Drôme. De 1978 à 1982, il fait de la radio
et du journalisme à FR3 Grenoble et Lyon ; il a été
directeur de MJC, producteur à France 3 et Radio
France, directeur associé d’une entreprise
de multimédias et en 1997 il décide d’abandonner
toute activité professionnelle. Il a rejoint le Parti
socialiste en 1979 ; élu adjoint au maire de Crolles
en 1983 et président de la communauté de communes
du Moyen Grésivaudan en 1989, il est élu en
1997 député de l’Isère. François
Brottes est le chef de file pour le groupe socialiste à
l’Assemblée nationale de la réforme
d’EDF-GDF.
Daniel AMELINE
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