12/07/04
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N°04/27 - 2 juillet 2004
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 17 juin 2004 : François Brottes, Député de l’Isère

La réforme EDF-GDF est trop floue, il y aura un match-retour !

François Brottes, responsable du groupe socialiste dans le débat sur la réforme d’EDF et de GDF a clairement développé ses arguments pour demander de surseoir au changement de statut de l’opérateur historique. Sa préoccupation est la «désindustrialisation» qui touche notre pays, et en particulier sa région de l’Isère, et contre laquelle il entend se battre. Il a dénoncé à cette occasion, le «yoyo politique» conjoncturel qui, selon lui, ne convient pas à l’industrie. «Il faudrait prendre le temps de réfléchir un peu plus, car il y a trop de choses qui ne sont pas stabilisées et qui vont poser problème à très court terme». Il a illustré son propos de plusieurs exemples dont celui de l’ouverture (à hauteur de 50% - 70% ?) du capital d’EDF-GDF, annoncée, puis repoussée dans le temps, par Nicolas Sarkozy. François Brottes affirme avoir rencontré beaucoup d’acteurs du privé qui partagent ses interrogations. «Aucun opérateur en France, sur ce marché, ne m’a dit qu’il fallait changer le statut d’EDF-GDF. Certains même pensent le contraire», a-t-il affirmé avant de préciser qu’il ne s’agissait pas d’«un problème droite-gauche». Bref, pour lui, le secteur de l’énergie exige «plus de stabilité que l’on ne lui en promet».

Un secteur «vital» : il assume l’ouverture partielle du secteur de l’énergie à la concurrence, décidée conjointement par Lionel Jospin et Jacques Chirac au conseil européen de Barcelone. Mais il a rappelé que le premier avait refusé l’ouverture pour les ménages, et avait assorti cette acceptation de l’engagement par la Commission de Bruxelles d’élaborer une directive européenne sur les services publics… que l’on attend toujours. Selon lui, il faudrait une approche «transversale» européenne sur la question des services publics qui concerne aussi bien la Poste que les transports ferroviaires et l’énergie. «Il faut mettre des lignes jaunes à ne pas franchir», a-t-il affirmé en souhaitant que la fourniture de l’électricité aux ménages soit laissée hors du champ de la concurrence, car «l’électricité est un secteur vital». De même, François Brottes a plaidé pour que les entreprises EDF et GDF gardent chacune une part de la «spécificité» qui leur est attachée. «Si elles ne sont plus les seules à assurer des missions de service public, qu’est-ce qui justifiera demain qu’il y ait autant de gens avec un statut (favorable) tel qu’il est ? Ce sera très vite euro incompatible. Mais si l’on conserve un bout de principe de spécificité pour des missions de production d’énergie ou de distribution, a-t-il ajouté, on pourra toujours défendre auprès de Bruxelles le fait qu’elles soient considérées un peu différemment» .

Pour ne pas inquiéter… D’autres interrogations ont été soulevées par le député de l’Isère comme l’«hypocrisie totale» qui consisterait, selon lui, à exonérer les collectivités locales d’appliquer le code des marchés publics pour leur consommation d’énergie comme cela est proposé.
«Cela ne tient pas cinq minutes, les députés socialistes feront un recours devant le Conseil constitutionnel», a-t- il précisé. Il a reproché à la majorité gouvernementale de chercher uniquement à ne «pas inquiéter les maires par rapport à la dérégulation du marché. On voit bien que, si l’on veut passer cette réforme dans l’urgence, c’est pour en rester au dogme – le changement de statut. Le reste, on verra après. Mais, le reste, c’est considérable !», s’est-il exclamé.

La «quatrième génération» plutôt que l’EPR ; François Brottes a reconnu que les socialistes avaient « tergiversé » avant d’affirmer que «l’industrie nucléaire était indispensable à ce pays et encore pour longtemps». Sur l’EPR, François Brottes a estimé qu’il fallait mieux travailler sur «la quatrième génération» que sur «l’EPR» en prolongeant la durée de vie des centrales, car «cette durée est plus liée à la productivité qu’à l’aspect technique».

Portrait, un politique au large champ d’actions : François Brottes est né le 31 mars 1956 à Valence dans la Drôme. De 1978 à 1982, il fait de la radio et du journalisme à FR3 Grenoble et Lyon ; il a été directeur de MJC, producteur à France 3 et Radio France, directeur associé d’une entreprise de multimédias et en 1997 il décide d’abandonner toute activité professionnelle. Il a rejoint le Parti socialiste en 1979 ; élu adjoint au maire de Crolles en 1983 et président de la communauté de communes du Moyen Grésivaudan en 1989, il est élu en 1997 député de l’Isère. François Brottes est le chef de file pour le groupe socialiste à l’Assemblée nationale de la réforme d’EDF-GDF.

Daniel AMELINE

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