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| > Objet : Petit-déjeuner
Lamennais du 21 avril 2004 : Christian CABAL,
médecin, député UMP de la Loire, rapporteur
spécial du budget de la Recherche |
Réforme
de la Recherche
Christian Cabal est un partisan d’une programmation
pluriannuelle de la politique de Recherche. De plus «Les
États généraux de la Recherche»
confirmeront, Il en est persuadé, son credo : «Une
Recherche moderne ne peut pas s’accommoder d’un
statut exclusif de fonctionnaires !» Selon lui, l’erreur
du gouvernement a été de commencer symboliquement
cette mutation de façon prématurée avec
la proposition des 550 CDI transformés en CDD, mesure
aujourd’hui suspendue. «Ce fut une erreur psychologique,
une impatience regrettable et un signal négatif»,
reconnaît-il. Selon lui, les «Etats généraux»
décideront de donner plus de souplesse dans les recrutements
de chercheurs (plus de la moitié du stock des chercheurs
doit être renouvelée dans les dix ans à
venir). «Nous mettrons en place deux filières
: la filière fonction publique traditionnelle et une
filière correspondant aux nouveaux emplois non fonctionnaires
mais apportant la même protection sociale. Le statut
actuel de la fonction publique ne convient pas du tout à
la Recherche. Vous verrez, il y aura un consensus sur la modification…
seulement après les Etats généraux»,
pronostique le député de la Loire. Bref, Christian
Cabal croit que cette crise aura eu du bon dans la mesure
où elle permet de remettre les choses à plat.
La Recherche ne peut s’accommoder du statut exclusif
de fonctionnaires
Jusqu’en 1982, les chercheurs étaient des contractuels.
«Ils sont devenus fonctionnaires grâce à
Jean-Pierre Chevènement avec tous les avantages statutaires,
mais tous les inconvénients sur le plan de la rigidité
des fonctions et des emplois. Or, le constat partagé
par tous les chercheurs est que le statut exclusivement de
fonctionnaire est préjudiciable à l’activité
de Recherche qui implique de la mobilité (pas seulement
entre le public et le privé), mais entre les différents
laboratoires pour permettre de quitter d’éventuelles
disciplines en perte de vitesse ou qui ne présentent
plus d’intérêt majeur». Pour Christian
Cabal, la Recherche doit satisfaire un certain nombre de questions
qui se posent à notre société et non
pas satisfaire les envies personnelles de «professeurs
Tournesol dans leurs laboratoires jusqu’à ce
qu’ils atteignent 65 ans en dévorant des crédits
sans qu’il y ait la moindre retombée !»
Doctorants sans objet et répartition des crédits
Christian Cabal s’en est pris aux «meneurs, en
grande majorité trotskistes et communistes» du
collectif «Sauvons la Recherche» et aussi, par
exemple, aux quelque 20 000 doctorants dont la moitié
est engagée dans les sciences humaines et sociales.
La nation française, insiste-t-il, n’a pas la
possibilité d’entretenir 7 000 post-doc. qui
ne servent strictement à rien. On s’efforce de
répartir la pénurie entre tous ces gens. Ils
défilent dans les rues avec bac+11, pourquoi pas bac+15
? Cela ne veut plus rien dire. Malheureusement, certains de
mes collègues ne vivent bien qu’avec une horde
de «thésards» parce que cela les conforte
et leur permet de publier. De même, Christian Cabal
conteste la répartition actuelle des crédits
de la Recherche publique par «structures» et plaide
pour celle fondée sur des «projets». Les
grandes structures comme le CEA ou le CNRS, sont devenues
de véritables «Bastille» avec des enveloppes
annuelles réparties entre elles sans que jamais un
ministre de la Recherche n’ait demandé :
«Pour quoi faire cet argent ?». C’est Claude
Allègre, ministre socialiste, qui a commencé
à faire bouger les choses. À son initiative,
ont été créés plusieurs fonds
à thèmes, et le CNRS et l’INSERM commencent
à répondre à des appels d’offres.
Le «Fonds de recherche prioritaire», voté
récemment et alimenté par des recettes de privatisations,
devrait bénéficier de 150 millions d’euros
cette année, pour monter rapidement à un milliard
d’euros par an, à comparer aux six milliards
de recapitalisation de Giat.
Portrait
Christian Cabal est né le 27 septembre 1943 à
Hermelinghen, près de Calais. Après sa scolarité
à Calais, il devient, à trente ans, le plus
jeune agrégé de médecine à Lille.
À trente-trois ans, il est élu doyen de la faculté
de médecine de Saint-Etienne. Mais, en 1981, il n’est
pas réelu doyen car «On ne pourra pas laisser
réélire un doyen qui n’a pas la carte
d’un parti de gauche» l’avait-on averti.
Inscrit au RPR le lendemain, il bat les candidats communistes
dès 1982, aux cantonales, aux municipales et à
toutes les législatives. Député élu
en 1986 et constamment réélu depuis, il a été
l’un des principaux artisans de la résurrection
de la cité frappée par la crise de la sidérurgie,
de Manu-France et de Giat Industrie. C’est grâce
à lui et à son pari fait sur le pôle de
productique que les activités traditionnelles de la
mécanique ont pu être revalorisées. Député
de la deuxième circonscription de la Loire depuis 1986,
il n’a jamais cessé, depuis trente ans, d’exercer
son métier de professeur de médecine.
Daniel AMELINE
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