21/04/06
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N°04/17 - 27 avril 2004
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 21 avril 2004 : Christian CABAL, médecin, député UMP de la Loire, rapporteur spécial du budget de la Recherche
Réforme de la Recherche
Christian Cabal est un partisan d’une programmation pluriannuelle de la politique de Recherche. De plus «Les États généraux de la Recherche» confirmeront, Il en est persuadé, son credo : «Une Recherche moderne ne peut pas s’accommoder d’un statut exclusif de fonctionnaires !» Selon lui, l’erreur du gouvernement a été de commencer symboliquement cette mutation de façon prématurée avec la proposition des 550 CDI transformés en CDD, mesure aujourd’hui suspendue. «Ce fut une erreur psychologique, une impatience regrettable et un signal négatif», reconnaît-il. Selon lui, les «Etats généraux» décideront de donner plus de souplesse dans les recrutements de chercheurs (plus de la moitié du stock des chercheurs doit être renouvelée dans les dix ans à venir). «Nous mettrons en place deux filières : la filière fonction publique traditionnelle et une filière correspondant aux nouveaux emplois non fonctionnaires mais apportant la même protection sociale. Le statut actuel de la fonction publique ne convient pas du tout à la Recherche. Vous verrez, il y aura un consensus sur la modification… seulement après les Etats généraux», pronostique le député de la Loire. Bref, Christian Cabal croit que cette crise aura eu du bon dans la mesure où elle permet de remettre les choses à plat.

La Recherche ne peut s’accommoder du statut exclusif de fonctionnaires

Jusqu’en 1982, les chercheurs étaient des contractuels. «Ils sont devenus fonctionnaires grâce à Jean-Pierre Chevènement avec tous les avantages statutaires, mais tous les inconvénients sur le plan de la rigidité des fonctions et des emplois. Or, le constat partagé par tous les chercheurs est que le statut exclusivement de fonctionnaire est préjudiciable à l’activité de Recherche qui implique de la mobilité (pas seulement entre le public et le privé), mais entre les différents laboratoires pour permettre de quitter d’éventuelles disciplines en perte de vitesse ou qui ne présentent plus d’intérêt majeur». Pour Christian Cabal, la Recherche doit satisfaire un certain nombre de questions qui se posent à notre société et non pas satisfaire les envies personnelles de «professeurs Tournesol dans leurs laboratoires jusqu’à ce qu’ils atteignent 65 ans en dévorant des crédits sans qu’il y ait la moindre retombée !»

Doctorants sans objet et répartition des crédits

Christian Cabal s’en est pris aux «meneurs, en grande majorité trotskistes et communistes» du collectif «Sauvons la Recherche» et aussi, par exemple, aux quelque 20 000 doctorants dont la moitié est engagée dans les sciences humaines et sociales. La nation française, insiste-t-il, n’a pas la possibilité d’entretenir 7 000 post-doc. qui ne servent strictement à rien. On s’efforce de répartir la pénurie entre tous ces gens. Ils défilent dans les rues avec bac+11, pourquoi pas bac+15 ? Cela ne veut plus rien dire. Malheureusement, certains de mes collègues ne vivent bien qu’avec une horde de «thésards» parce que cela les conforte et leur permet de publier. De même, Christian Cabal conteste la répartition actuelle des crédits de la Recherche publique par «structures» et plaide pour celle fondée sur des «projets». Les grandes structures comme le CEA ou le CNRS, sont devenues de véritables «Bastille» avec des enveloppes annuelles réparties entre elles sans que jamais un ministre de la Recherche n’ait demandé :
«Pour quoi faire cet argent ?». C’est Claude Allègre, ministre socialiste, qui a commencé à faire bouger les choses. À son initiative, ont été créés plusieurs fonds à thèmes, et le CNRS et l’INSERM commencent à répondre à des appels d’offres. Le «Fonds de recherche prioritaire», voté récemment et alimenté par des recettes de privatisations, devrait bénéficier de 150 millions d’euros cette année, pour monter rapidement à un milliard d’euros par an, à comparer aux six milliards de recapitalisation de Giat.

Portrait
Christian Cabal est né le 27 septembre 1943 à Hermelinghen, près de Calais. Après sa scolarité à Calais, il devient, à trente ans, le plus jeune agrégé de médecine à Lille. À trente-trois ans, il est élu doyen de la faculté de médecine de Saint-Etienne. Mais, en 1981, il n’est pas réelu doyen car «On ne pourra pas laisser réélire un doyen qui n’a pas la carte d’un parti de gauche» l’avait-on averti. Inscrit au RPR le lendemain, il bat les candidats communistes dès 1982, aux cantonales, aux municipales et à toutes les législatives. Député élu en 1986 et constamment réélu depuis, il a été l’un des principaux artisans de la résurrection de la cité frappée par la crise de la sidérurgie, de Manu-France et de Giat Industrie. C’est grâce à lui et à son pari fait sur le pôle de productique que les activités traditionnelles de la mécanique ont pu être revalorisées. Député de la deuxième circonscription de la Loire depuis 1986, il n’a jamais cessé, depuis trente ans, d’exercer son métier de professeur de médecine.


Daniel AMELINE

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