21/04/06
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N°04/09 - 27 février 2004
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 24 février 2004, François-Michel Gonnot, député UMP de l’Oise, rapporteur de la loi sur la libéralisation des marchés énergétiques
 


L’énergie en Europe et ses conséquences pour la France

L’indispensable réforme d’EDF et de GDF
François-Michel Gonnot a présenté les deux raisons qui rendent la réforme d’ EDF-GDF indispensable. Elles tiennent aux exigences de Bruxelles sur l’ouverture du marché et la libéralisation. Il s’agit, d’une part, de renoncer au principe du monopole pour pouvoir faire des offres diversifiées et, d’autre part, de mettre fin à la garantie des emprunts par l’Etat. Bref, les deux raisons principales qui poussent à restructurer EDF-GDF peuvent se résumer ainsi : des engagements européens incontournables et une nécessité de trouver des financements et des investissements pour renouveler notre appareil de production nucléaire dans une vingtaine d’années.

Le 13 juin dernier, François-Michel Gonnot a déposé une proposition de loi, avec le "feu vert" discret du Premier Ministre (dont il est un proche), proposant de fusionner EDF et GDF pour créer le groupe " Énergie de France " comprenant un établissement public de tête propriétaire de filiales, dont le statut serait celui de sociétés. Bercy et le président d’EDF, François Roussely, sont opposés à cette proposition. Bercy entend reproduire le même modèle de privatisation que pour Air-France ou France-Télécom en transformant ces établissements publics en sociétés anonymes. Or, selon François-Michel Gonnot, «la séparation EDF-GDF, à laquelle conduirait le projet de loi de Bercy, peut mener, à terme, à la disparition de GDF». Pour lui, avec la libéralisation du marché qui s’annonce, par exemple «Total qui a d’énormes moyens de production et va pouvoir accéder au stockage, pourra se payer GDF quand il voudra… ce n’est pas très compliqué à voir»! François-Michel Gonnot affirme avancer, avec la prudence et le doigté nécessaires, des propositions «syndicalo compatibles», «bruxello-compatibles» et «libéralo-compatibles». Car, il faut le reconnaître, la transformation des statuts d’EDF et de GDF est explosive. Elle présente des enjeux politiques et syndicaux extrêmement forts.

Retrouver le consensus sur le nucléaire
François-Michel Gonnot a plaidé pour un retour au nucléaire. Il a rappelé que, dans les années cinquante, les gaullistes et les communistes s’étaient retrouvés autour d’un consensus sur le nucléaire, qui n’a pas été remis en cause y compris durant la période du gouvernement Jospin qui comprenait des Verts anti-nucléaires. «Dans une Europe qui a commencé à beaucoup “flancher” sur le nucléaire ces dernières années, il est nécessaire que le Parlement retrouve un grand consensus sur la nécessité de maintenir notre politique énergétique sur la base du nucléaire à 70%-80%», a-t-il souligné. Il y a toutefois une nécessité, tenant compte de l’appréhension d’une partie de nos compatriotes vis-à-vis du nucléaire, à intégrer les préoccupations environnementales et à donner des gages en faveur des énergies renouvelables. En clair, pour lui, «le nucléaire garde tout son avenir» et la France, leader dans ce secteur - EDF est le «premier électricien» d’Europe sinon du monde –, doit pouvoir maintenir cette suprématie notamment grâce à l’EPR (réacteur à eau sous pression) que les autorités italiennes ou suisses, voire allemandes, nous envient contrairement à ce que les déclarations officielles peuvent laisser croire.

Portrait
Né le 15 avril 1949, marié, il a un enfant. Il est joueur occasionnel d’échecs, mais surtout cavalier émérite. Il a une licence en droit public, il est ancien élève de l’ Institut d’Etudes Politiques de Paris et diplômé de l’Institut Français de Presse. Il a commencé sa carrière de journaliste à Combat en 1974, puis au Quotidien de Paris. En 1978 Jean- Pierre Soisson, leader du Parti républicain, lui a confié le poste de responsable de la communication de la nouvelle Union pour la Démocratie Française, l’UDF. En 1981, il s’installe dans l’Oise à Compiègne et en 1988 il est élu pour la première fois à l’Assemblée nationale. En 1993 il devient président de la puissante Commission de la production et des échanges de l’Assemblée nationale. Il fera notamment voter la loi sur l’air et la loi sur la privatisation de France Télécom. Il est aujourd’hui député de l’Oise, premier adjoint au maire de Compiègne, membre de la Commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire.

Daniel AMELINE


 


 



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