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L’énergie
en Europe et ses conséquences pour la France
L’indispensable réforme
d’EDF et de GDF
François-Michel Gonnot
a présenté les deux raisons qui rendent la
réforme d’ EDF-GDF indispensable. Elles tiennent
aux exigences de Bruxelles sur l’ouverture du marché
et la libéralisation. Il s’agit, d’une
part, de renoncer au principe du monopole pour pouvoir faire
des offres diversifiées et, d’autre part, de
mettre fin à la garantie des emprunts par l’Etat.
Bref, les deux raisons principales qui poussent à
restructurer EDF-GDF peuvent se résumer ainsi : des
engagements européens incontournables et une nécessité
de trouver des financements et des investissements pour
renouveler notre appareil de production nucléaire
dans une vingtaine d’années.
Le 13 juin dernier, François-Michel
Gonnot a déposé une proposition de loi, avec
le "feu vert" discret du Premier Ministre (dont
il est un proche), proposant de fusionner EDF et GDF pour
créer le groupe " Énergie de France "
comprenant un établissement public de tête
propriétaire de filiales, dont le statut serait celui
de sociétés. Bercy et le président
d’EDF, François Roussely, sont opposés
à cette proposition. Bercy entend reproduire le même
modèle de privatisation que pour Air-France ou France-Télécom
en transformant ces établissements publics en sociétés
anonymes. Or, selon François-Michel Gonnot, «la
séparation EDF-GDF, à laquelle conduirait
le projet de loi de Bercy, peut mener, à terme, à
la disparition de GDF». Pour lui, avec la libéralisation
du marché qui s’annonce, par exemple «Total
qui a d’énormes moyens de production et va
pouvoir accéder au stockage, pourra se payer GDF
quand il voudra… ce n’est pas très compliqué
à voir»! François-Michel Gonnot affirme
avancer, avec la prudence et le doigté nécessaires,
des propositions «syndicalo compatibles», «bruxello-compatibles»
et «libéralo-compatibles». Car, il faut
le reconnaître, la transformation des statuts d’EDF
et de GDF est explosive. Elle présente des enjeux
politiques et syndicaux extrêmement forts.
Retrouver le consensus sur le nucléaire
François-Michel Gonnot
a plaidé pour un retour au nucléaire. Il a
rappelé que, dans les années cinquante, les
gaullistes et les communistes s’étaient retrouvés
autour d’un consensus sur le nucléaire, qui
n’a pas été remis en cause y compris
durant la période du gouvernement Jospin qui comprenait
des Verts anti-nucléaires. «Dans une Europe
qui a commencé à beaucoup “flancher”
sur le nucléaire ces dernières années,
il est nécessaire que le Parlement retrouve un grand
consensus sur la nécessité de maintenir notre
politique énergétique sur la base du nucléaire
à 70%-80%», a-t-il souligné. Il y a
toutefois une nécessité, tenant compte de
l’appréhension d’une partie de nos compatriotes
vis-à-vis du nucléaire, à intégrer
les préoccupations environnementales et à
donner des gages en faveur des énergies renouvelables.
En clair, pour lui, «le nucléaire garde tout
son avenir» et la France, leader dans ce secteur -
EDF est le «premier électricien» d’Europe
sinon du monde –, doit pouvoir maintenir cette suprématie
notamment grâce à l’EPR (réacteur
à eau sous pression) que les autorités italiennes
ou suisses, voire allemandes, nous envient contrairement
à ce que les déclarations officielles peuvent
laisser croire.
Portrait
Né le 15 avril 1949,
marié, il a un enfant. Il est joueur occasionnel
d’échecs, mais surtout cavalier émérite.
Il a une licence en droit public, il est ancien élève
de l’ Institut d’Etudes Politiques de Paris
et diplômé de l’Institut Français
de Presse. Il a commencé sa carrière de journaliste
à Combat en 1974, puis au Quotidien de Paris. En
1978 Jean- Pierre Soisson, leader du Parti républicain,
lui a confié le poste de responsable de la communication
de la nouvelle Union pour la Démocratie Française,
l’UDF. En 1981, il s’installe dans l’Oise
à Compiègne et en 1988 il est élu pour
la première fois à l’Assemblée
nationale. En 1993 il devient président de la puissante
Commission de la production et des échanges de l’Assemblée
nationale. Il fera notamment voter la loi sur l’air
et la loi sur la privatisation de France Télécom.
Il est aujourd’hui député de l’Oise,
premier adjoint au maire de Compiègne, membre de
la Commission des affaires économiques, de l’environnement
et du territoire.
Daniel AMELINE
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