21/04/06
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N°04/07 - 12 février 2004
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 28 janvier 2004 Jean Besson, ancien député UMP du Rhône, chargé du débat sur les énergies auprès de la ministre déléguée à l’Industrie


Le cap sur les économies d’énergie

Des insuffisances en recherche
Un article nouveau dans le projet de loi viendra s’inscrire dans l’article 5 pour annoncer un renforcement en matière de recherche avec des objectifs et une organisation de la recherche en matière d’énergies. De même, Jean Besson cherche à faire évoluer le projet sur les problèmes de l’information et de la formation ainsi que sur le transport. Au sujet des énergies renouvelables, il a estimé qu’il y avait deux types d’action à conduire. Celles où l’on peut légiférer et «réglementer au niveau national» (éolienne, solaire, voltaïque) et celles qui portent sur des «énergies totalement liées aux spécificités locales» où, dans une décentralisation bien comprise, la main devrait être donnée aux collectivités territoriales (dans le secteur du microhydraulique, de la bio-masse ou de la géothermie, par exemple).

Pour régler la question de l’EPR, Jean Besson a affirmé qu’il existe un «trou de quinze années» en matière nucléaire et qu’il ne sait pas faire la jonction autrement qu’avec l’EPR. En revanche, sur la nécessité de promouvoir les énergies renouvelables et réduire par quatre, à l’horizon 2050, nos émissions de gaz à effet de serre, Jean Besson s’est montré intarissable et plein d’imagination.

A propos de la mise en place d’universités et d’écoles d’ingénieurs d’élite comme le proposent la Grande-Bretagne et l’Allemagne, l’ancien député a rappelé une proposition qu’il avait faite pour lutter contre les carences en matière scientifique. Il s’agirait d’«institutionnaliser un parrainage des étudiants par les entreprises qui utilisent des chercheurs ou des ingénieurs».

Une «carte» des éoliennes
Selon Jean Besson il faut qu’il y ait une homogénéité des critères techniques pour les éoliennes.
«Ma proposition, a-t-il précisé, consiste à ce que le gouvernement confie à un organisme compétent et habilité, le soin d’établir une cartographie nationale des endroits où, techniquement, il serait possible de construire des éoliennes». Il ne faut pas laisser travailler les gens dans des endroits où cela n’a pas de sens. «Il est complètement idiot d’autoriser des gens à construire des éoliennes là où cela ne sert à rien et d’en empêcher d’autres à en construire là où cela ne gênerait pas tout en tenant compte, bien entendu, insiste- t-il, du respect nécessaire des contraintes diverses comme, par exemple, les zones architecturales sensibles. Il y a beaucoup à faire, puisque, si la France veut tenir ses engagements européens, sa production actuelle d’électricité par éoliennes (220 mégaWatts/heure) devrait passer à 14 000 mégaW/ h. J’ai affiché 14 000 mégaW/h, la ministre, 10 000», affirme-t-il montrant ainsi son souci de bien montrer le cap en la matière.

Biocarburants contre excédents de blé
Une autre proposition de Jean Besson – qui n’a pas été retenue pour l’instant – porte sur les biocarburants. Considérant que les agriculteurs sont totalement prêts à transformer des millions d’hectares de blé en excédent, en végétaux destinés aux biocarburants, Jean Besson propose que la loi prévoie un accord interprofessionnel pour tenir, d’ici fin 2005, les objectifs prévus par la directive de Bruxelles (5,75% de biocarburants en 2010). «S’il y avait carence, précise- t-il, l’Etat déciderait que l’on augmente de 1% tous les ans la production de biocarburants ce qui permettrait aux professionnels de s’organiser avec une lisibilité sur le moyen et le long terme qui fait défaut aujourd’hui». Car le risque que nous courrons, selon lui, c’est de voir, dans les années qui viennent, des pays qui vont entrer dans l’Union européenne, et qui ont des terres disponibles importantes, produire à faible coût des biocarburants dont nous serons à nouveau dépendants.

PORTRAIT : Un entrepreneur et un sportif
Né le 15 août 1938 à Ollioules (Var), d’un père fonctionnaire, Jean Besson, parallèlement à sa carrière sportive, suit les cours d’une école de commerce de Lyon avant d’entrer chez Bat Taraflex. Après différentes responsabilités commerciales il sera l’instigateur du fameux revêtement de sol en Taraflex qui, depuis les Jeux Olympiques de Montréal, équipe toutes les salles de volley et de handball des JO. Sa carrière d’entrepreneur se poursuit avec la création, de 1977 à 1982, d’une usine de textile d’ameublement, Unland France, puis celle de la Maison d’Ariane. C’est en 1982 qu’il entame sa carrière politique à l’occasion d’une élection partielle au conseil municipal de Tarare. Un an après, il est élu maire de Tarare dès le premier tour. Trois ans plus tard, en 1986, il devient pour la première fois député du Rhône. Il choisit alors définitivement la carrière politique.

Daniel AMELINE


 



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