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Le cap sur les économies d’énergie
Des insuffisances en recherche
Un article nouveau dans le projet
de loi viendra s’inscrire dans l’article 5 pour
annoncer un renforcement en matière de recherche
avec des objectifs et une organisation de la recherche en
matière d’énergies. De même, Jean
Besson cherche à faire évoluer le projet sur
les problèmes de l’information et de la formation
ainsi que sur le transport. Au sujet des énergies
renouvelables, il a estimé qu’il y avait deux
types d’action à conduire. Celles où
l’on peut légiférer et «réglementer
au niveau national» (éolienne, solaire, voltaïque)
et celles qui portent sur des «énergies totalement
liées aux spécificités locales»
où, dans une décentralisation bien comprise,
la main devrait être donnée aux collectivités
territoriales (dans le secteur du microhydraulique, de la
bio-masse ou de la géothermie, par exemple).
Pour régler la question de l’EPR,
Jean Besson a affirmé qu’il existe un «trou
de quinze années» en matière nucléaire
et qu’il ne sait pas faire la jonction autrement qu’avec
l’EPR. En revanche, sur la nécessité
de promouvoir les énergies renouvelables et réduire
par quatre, à l’horizon 2050, nos émissions
de gaz à effet de serre, Jean Besson s’est
montré intarissable et plein d’imagination.
A propos de la mise en place d’universités
et d’écoles d’ingénieurs d’élite
comme le proposent la Grande-Bretagne et l’Allemagne,
l’ancien député a rappelé une
proposition qu’il avait faite pour lutter contre les
carences en matière scientifique. Il s’agirait
d’«institutionnaliser un parrainage des
étudiants par les entreprises qui utilisent des chercheurs
ou des ingénieurs».
Une «carte» des éoliennes
Selon Jean Besson il faut
qu’il y ait une homogénéité des
critères techniques pour les éoliennes.
«Ma proposition, a-t-il précisé,
consiste à ce que le gouvernement confie à
un organisme compétent et habilité, le soin
d’établir une cartographie nationale des endroits
où, techniquement, il serait possible de construire
des éoliennes». Il ne faut pas laisser travailler
les gens dans des endroits où cela n’a pas
de sens. «Il est complètement idiot d’autoriser
des gens à construire des éoliennes là
où cela ne sert à rien et d’en empêcher
d’autres à en construire là où
cela ne gênerait pas tout en tenant compte, bien entendu,
insiste- t-il, du respect nécessaire des contraintes
diverses comme, par exemple, les zones architecturales sensibles.
Il y a beaucoup à faire, puisque, si la France veut
tenir ses engagements européens, sa production actuelle
d’électricité par éoliennes (220
mégaWatts/heure) devrait passer à 14 000 mégaW/
h. J’ai affiché 14 000 mégaW/h, la ministre,
10 000», affirme-t-il montrant ainsi son souci de
bien montrer le cap en la matière.
Biocarburants contre excédents
de blé
Une autre proposition de
Jean Besson – qui n’a pas été
retenue pour l’instant – porte sur les biocarburants.
Considérant que les agriculteurs sont totalement
prêts à transformer des millions d’hectares
de blé en excédent, en végétaux
destinés aux biocarburants, Jean Besson propose que
la loi prévoie un accord interprofessionnel pour
tenir, d’ici fin 2005, les objectifs prévus
par la directive de Bruxelles (5,75% de biocarburants en
2010). «S’il y avait carence, précise-
t-il, l’Etat déciderait que l’on augmente
de 1% tous les ans la production de biocarburants ce qui
permettrait aux professionnels de s’organiser avec
une lisibilité sur le moyen et le long terme qui
fait défaut aujourd’hui». Car le risque
que nous courrons, selon lui, c’est de voir, dans
les années qui viennent, des pays qui vont entrer
dans l’Union européenne, et qui ont des terres
disponibles importantes, produire à faible coût
des biocarburants dont nous serons à nouveau dépendants.
PORTRAIT : Un entrepreneur et un
sportif
Né le 15 août
1938 à Ollioules (Var), d’un père fonctionnaire,
Jean Besson, parallèlement à sa carrière
sportive, suit les cours d’une école de commerce
de Lyon avant d’entrer chez Bat Taraflex. Après
différentes responsabilités commerciales il
sera l’instigateur du fameux revêtement de sol
en Taraflex qui, depuis les Jeux Olympiques de Montréal,
équipe toutes les salles de volley et de handball
des JO. Sa carrière d’entrepreneur se poursuit
avec la création, de 1977 à 1982, d’une
usine de textile d’ameublement, Unland France, puis
celle de la Maison d’Ariane. C’est en 1982 qu’il
entame sa carrière politique à l’occasion
d’une élection partielle au conseil municipal
de Tarare. Un an après, il est élu maire de
Tarare dès le premier tour. Trois ans plus tard,
en 1986, il devient pour la première fois député
du Rhône. Il choisit alors définitivement la
carrière politique.
Daniel AMELINE
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