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Quelle politique de l’eau pour la France ?
Que fait la police de l’eau ?
La loi sur la protection des sources est «inadaptée,
vieillie, bafouée et incontrôlable».
Par ailleurs 15% des forages seulement sont déclarés
et les trois quarts des procès-verbaux concernent
les pêcheurs, plus souvent sanctionnés que
les pollueurs. En fait, la police de l’eau est éclatée
entre… 500 services de l’Etat sur tout le territoire.
Gérard Miquel estime que la plupart des communes
qui ont la charge de l’eau n’ont pas les moyens
de financer les nouvelles technologies de traitement de
l’assainissement de l’eau. De plus les «syndicats
de toutes sortes» ne sont qu’autant de «lieux
de petits pouvoirs que l’on ne veut pas lâcher».
Pour lui, la solution tient à la départementalisation.
Réduire les injustices
Le choix du sénateur du Lot de rendre le département
gestionnaire de l’eau vise à réduire
ce qu’il considère comme une «injustice».
En effet, certaines communes pourvues de sources d’eau
peuvent fournir une eau presque gratuite à leurs
habitants alors que d’autres, limitrophes, paient
cher leur eau. «On aurait mieux fait de nationaliser
ce secteur, affirme- t-il. On aurait pu maîtriser
la ressource, traiter convenablement l’eau et la distribuer
au même tarif partout». Mais puisqu’il
existe de grandes sociétés concessionnaires,
il préconise de garder ce système qui fonctionne
bien, «dans la mesure où l’on arrive
à maintenir une vraie concurrence entre ces grands
opérateurs». Au passage, le sénateur
a jugé «tout à fait déraisonnable»
la tendance des Français «pas toujours fortunés»
à payer «mille fois le prix de l’eau
du robinet pour boire une eau minérale qui parfois
ne respecte même pas les critères de potabilité
imposés à l’eau distribuée»…
La qualité de l’eau
Auteur d’un récent rapport de l’Office
parlementaire d’évaluation des choix scientifiques
et technologiques sur «la qualité de l’eau
et l’assainissement en France», Gérard
Miquel assure avec juste raison qu’il n’y a
pas de quoi s’affoler ni laisser prise «aux
charlatans qui parviennent à vendre des filtres à
eau anti-calcaire dans des régions granitiques ou
des filtres anti-plomb alors qu’il n’y a pas
de conduites en plomb !». Il ne faut pas confondre,
assure-t-il, le danger et le risque. Si les nitrates sont
dangereux, en revanche, il n’y a pas de risque lié
à l’eau consommée compte tenu des seuils
adoptés en Europe: «Il y a probablement plus
de risques à manger un grain de raisin non lavé
qu’à boire un litre d’eau du robinet
!». La préservation de la ressource en eau
de notre pays ressort d’un «choix stratégique
et politique». Beaucoup d’élus rechignent
à prendre des décisions indispensables –
sur le renouvellement nécessaire de stations d’épurations
vieilles de trente ans, sur le traitement des boues d’épuration
ou la mise aux normes d’installations individuelles
ou collectives vétustes, etc. –, car elles
sont le plus souvent impopulaires.
Portrait ; un élu de terrain, spécialiste
de l’environnement
Né le 17 juin 1946 à Nuzéjouls dans
le Lot, Gérard Miquel est marié et il a deux
enfants. Aujourd’hui il est Maire de Nuzéjouls
(depuis 1971), Sénateur PS du Lot (depuis 1992),
vice-président de la commission des finances du Sénat,
vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation
des choix scientifiques et Technologiques et premier vice-président
du conseil général du Lot.
Avec un Brevet professionnel agricole de l’Ecole d’agriculture
de Cahors, il a dirigé la ferme familiale de 1965
à 1986 puis il est passé de la vache laitière
à la trufficulture. «L’an dernier, j’ai
bien ramassé une dizaine de kilos de truffes !».
Inutile de dire que, sénateur producteur de truffes,
il entretient d’excellentes relations avec tous les
autres sénateurs, qu’ils soient de gauche ou
de droite.
Passionné de géothermie il a réalisé,
dans sa commune de Nuzéjouls, un réseau de
chaleur au bois qui chauffe l’ensemble du village
avec du broyage de palettes. Fort de son expérience,
Gérard Miquel prépare un nouveau rapport sur
les énergies renouvelables.
Atteint par le virus politique il a été élu
maire de Nuzéjouls à 25 ans. Rocardien depuis
toujours, Gérard Miquel est un adepte du «parler
vrai»: «On a tué Rocard et l’on
s’est privé d’un talent exceptionnel»,
dit-il. Fier d’être paysan, il l’est toujours
et ne revendique pas un rôle national. «Je suis
un élu de terrain», dit-il.
Daniel AMELINE
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