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N°03/32 - 14 novembre 2003
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> Objet : Petit-déjeuner Lamennais du 5 novembre 2003 Gérard Miquel - Sénateur du Lot, premier vice-président PS du conseil général du Lot


Quelle politique de l’eau pour la France ?


Que fait la police de l’eau ?
La loi sur la protection des sources est «inadaptée, vieillie, bafouée et incontrôlable». Par ailleurs 15% des forages seulement sont déclarés et les trois quarts des procès-verbaux concernent les pêcheurs, plus souvent sanctionnés que les pollueurs. En fait, la police de l’eau est éclatée entre… 500 services de l’Etat sur tout le territoire. Gérard Miquel estime que la plupart des communes qui ont la charge de l’eau n’ont pas les moyens de financer les nouvelles technologies de traitement de l’assainissement de l’eau. De plus les «syndicats de toutes sortes» ne sont qu’autant de «lieux de petits pouvoirs que l’on ne veut pas lâcher». Pour lui, la solution tient à la départementalisation.

Réduire les injustices
Le choix du sénateur du Lot de rendre le département gestionnaire de l’eau vise à réduire ce qu’il considère comme une «injustice». En effet, certaines communes pourvues de sources d’eau peuvent fournir une eau presque gratuite à leurs habitants alors que d’autres, limitrophes, paient cher leur eau. «On aurait mieux fait de nationaliser ce secteur, affirme- t-il. On aurait pu maîtriser la ressource, traiter convenablement l’eau et la distribuer au même tarif partout». Mais puisqu’il existe de grandes sociétés concessionnaires, il préconise de garder ce système qui fonctionne bien, «dans la mesure où l’on arrive à maintenir une vraie concurrence entre ces grands opérateurs». Au passage, le sénateur a jugé «tout à fait déraisonnable» la tendance des Français «pas toujours fortunés» à payer «mille fois le prix de l’eau du robinet pour boire une eau minérale qui parfois ne respecte même pas les critères de potabilité imposés à l’eau distribuée»…

La qualité de l’eau
Auteur d’un récent rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques sur «la qualité de l’eau et l’assainissement en France», Gérard Miquel assure avec juste raison qu’il n’y a pas de quoi s’affoler ni laisser prise «aux charlatans qui parviennent à vendre des filtres à eau anti-calcaire dans des régions granitiques ou des filtres anti-plomb alors qu’il n’y a pas de conduites en plomb !». Il ne faut pas confondre, assure-t-il, le danger et le risque. Si les nitrates sont dangereux, en revanche, il n’y a pas de risque lié à l’eau consommée compte tenu des seuils adoptés en Europe: «Il y a probablement plus de risques à manger un grain de raisin non lavé qu’à boire un litre d’eau du robinet !». La préservation de la ressource en eau de notre pays ressort d’un «choix stratégique et politique». Beaucoup d’élus rechignent à prendre des décisions indispensables – sur le renouvellement nécessaire de stations d’épurations vieilles de trente ans, sur le traitement des boues d’épuration ou la mise aux normes d’installations individuelles ou collectives vétustes, etc. –, car elles sont le plus souvent impopulaires.

Portrait ; un élu de terrain, spécialiste de l’environnement
Né le 17 juin 1946 à Nuzéjouls dans le Lot, Gérard Miquel est marié et il a deux enfants. Aujourd’hui il est Maire de Nuzéjouls (depuis 1971), Sénateur PS du Lot (depuis 1992), vice-président de la commission des finances du Sénat, vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et Technologiques et premier vice-président du conseil général du Lot.
Avec un Brevet professionnel agricole de l’Ecole d’agriculture de Cahors, il a dirigé la ferme familiale de 1965 à 1986 puis il est passé de la vache laitière à la trufficulture. «L’an dernier, j’ai bien ramassé une dizaine de kilos de truffes !». Inutile de dire que, sénateur producteur de truffes, il entretient d’excellentes relations avec tous les autres sénateurs, qu’ils soient de gauche ou de droite.
Passionné de géothermie il a réalisé, dans sa commune de Nuzéjouls, un réseau de chaleur au bois qui chauffe l’ensemble du village avec du broyage de palettes. Fort de son expérience, Gérard Miquel prépare un nouveau rapport sur les énergies renouvelables.
Atteint par le virus politique il a été élu maire de Nuzéjouls à 25 ans. Rocardien depuis toujours, Gérard Miquel est un adepte du «parler vrai»: «On a tué Rocard et l’on s’est privé d’un talent exceptionnel», dit-il. Fier d’être paysan, il l’est toujours et ne revendique pas un rôle national. «Je suis un élu de terrain», dit-il.

Daniel AMELINE

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