Cette
rencontre du club
Lamennais se situait au moment où Roselyne
BACHELOT, le ministre de l’Environnement,
vient de lancer un débat
national de trois mois dans la perspective
d’une nouvelle loi
sur l’eau qui sera soumise au Parlement
en 2004 pour adapter
notre législation sur l’eau après
les deux lois de
1964 et 1992. Le CNISF, comme pour
la loi sur
les risques industriels, fera connaître
son point
de vue.
La France trop souvent condamnée
Le
sénateur de la Vendée a dressé un bilan peu encourageant
de la situation de l’eau dans notre pays dans un contexte
de renforcement des normes européennes avec un investissement
limité dans ce secteur depuis 1997. Le contexte européen
est marqué par des «préoccupations
environnementalistes
extrêmement
fortes».
«Les
exigences européennes sont importantes. On y souscrit, mais
on
n’arrive pas à y répondre»,
a-t-il constaté. Prenant l’exemple des eaux de baignade,
il a indiqué que la France était placée dans une situation
nettement moins bonne que celles de l’Espagne, de l’Italie
ou de la Grèce. «Nous
avons un taux de conformité de 87% alors qu’eux sont à 98%
et 100».
Il relève que notre pays a des retards suffisamment considérables
pour avoir été condamné à de nombreuses reprises par la
Commission de Bruxelles. Le sénateur de Vendée a mis en
cause notamment les lobbies d’agriculteurs bretons qui refusent
de mettre en place des schémas
d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE)
pour leurs zones littorales. Il suffit par exemple de savoir
qu’une porcherie de 10 000 places, comme il en existe
beaucoup en Bretagne, correspond à la pollution d’une ville
de 40 000 habitants, pour comprendre l’urgence du problème
!
Privilégier les « SAGE »
Jacques
OUDIN avance deux propositions: la première «
on n’aide plus les grandes agglomérations urbaines
qui
sont autosuffisantes en matière d’investissement»,
en revanche on soutient fermement le monde rural qui est
sous-équipé. «Il
existe
un vrai problème de péréquation»;
la seconde proposition consiste à privilégier d’abord «les
zones qui ont eu le courage
de
se mettre ensemble, d’élaborer des SAGE. Il faut privilégier
cette démarche et mobiliser
les
Français autour de ce dispositif concerté et multifonctionnel.
On ne parviendra pas à
mettre
en place une politique de l’eau si, au-delà de l’investissement,
on ne privilégie pas la
concertation
et la prévision»,
insiste-t-il. Pour lui, l’échelon central de l’eau c’est
«la
commune ou
l’intercommunalité,
ce sont elles qui ont le contact avec la population»,
insiste-t-il. L’échelon départemental doit être, en revanche
celui de la «péréquation,
de la solidarité
et
du financement».
Prendre son temps
Sur
la question de
la nouvelle Constitution européenne ou de l’élargissement
de l’Union européenne, Jacques OUDIN se veut pragmatique:
les sujets de la Constitution et de l’élargissement lui
paraissent suffisamment importants pour les soumettre à
l’appréciation des Français. Simplement, pour lui, il convient
de prendre son temps.
Portrait, un chiraquien
politique, travailleur et efficace qui sait tenir sa langue
Né en octobre 1939 en
Extrême- Orient d’une mère journaliste et d’un père qui
commerçait dans l’import-export, Jacques OUDIN revient à
Paris en 1957. Après HEC il enchaîne une licence en droit et Sciences
Po. En 1963 il entre à l’ENA et,
à sa sortie, il choisit la
Cour des Comptes d’où il rejoint le cabinet d’Olivier Guichard
à l’Éducation nationale. Il le suit au ministère de l’Équipement
et de l’Aménagement du territoire et, par la même occasion,
il commence à fréquenter Jacques Chirac. il
entre, en 1974, au ministère de l’Industrie. Puis vient
1981 qui le renvoie à la Cour des Comptes. En parallèle
il siège aux côtés de Philippe de Villiers au conseil général
de la Vendée où il occupe le poste de vice- président depuis
1982. En 1986, il se fait élire au palais du Luxembourg
au titre de sénateur de Vendée. Considéré par ses pairs
comme un homme de dossiers, travailleur, il est vice-président
de la commission des finances, représentant du Sénat au
Comité des Finances locales et président du groupe d’étude
de la Mer.
Daniel AMELINE
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