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Sénateur UMP de la Côte
d'Or, vice-président de l'Office parlementaire d'évaluation
des choix scientifiques et technologiques
Des solutions "
pérennes " pour les déchets nucléaires
Henri Revol a souligné qu'il ne serait pas possible
" de prendre la décision de continuer à
développer une production massive de notre électricité
à partir de l'énergie nucléaire si,
parallèlement, on n'était pas en mesure de
proposer des solutions pérennes et reconnues pour
traiter le problème des déchets radioactifs
". La discussion a beaucoup tourné autour des
défauts antérieurs de présentation
et de concertation avec la population et au manque de transparence
actuel qui touche le gouvernement Raffarin lui-même.
Et pourtant, il y aurait de quoi faire, selon Henri Revol,
qui redoute que le projet de loi sur la transparence et
la sûreté nucléaire, dont il est rapporteur,
comprenne encore des mesures qui " condamnent ",
selon lui, le développement de l'industrie nucléaire,
si elles restent en l'état. D'où l'appel lancé
par Henri Revol en direction des ingénieurs pour
qu'ils aident les politiques à prendre de bonnes
décisions et attirent leur attention " sur des
points précis ".
Le nucléaire évite 400 millions de tonnes
de CO2 par an
Le sénateur Revol présente d'entrée
de jeux les caractéristiques favorables de l'énergie
nucléaire en matière d'environnement. Elle
ne produit que très peu d'effet de serre. Exemple
: le nucléaire, qui fournit un tiers de l'électricité
en Europe, permet d'éviter chaque année l'émission
de quelque 400 millions de tonnes de gaz carbonique. Le
respect des règles de Kyoto, sans le nucléaire,
aboutirait à priver 438 millions d'Européens
de leurs voitures automobiles. Enfin, selon les règles
édictées par la Commission européenne
sur les permis d'émissions (avec un coût évalué
à 20 euros la tonne d'émission de C02), l'abandon
du nucléaire occasionnerait, selon lui, un surcoût
annuel de huit milliards d'euros. L'énergie nucléaire
devrait donc s'imposer. Or, elle a contre elle un gros handicap
: les déchets radioactifs qui préoccupent
énormément l'opinion publique.
Si on avait procédé autrement
Tout le mal vient de la prospection qui a été
fort mal faite dans les années 80 en vue de trouver
des sites de stockage. L'idée qui prévalait
à l'époque consistait à mettre à
l'écart définitivement les déchets
dangereux. Des maires ont vu débarquer des gens venant
faire des sondages dans leurs champs sans leur en demander
l'autorisation. On a braqué la population dès
le départ.
Les trois " axes " de recherche
Il y a trois axes de recherche pour le traitement des déchets
nucléaires. La séparation chimique se situe
à un très bon niveau de faisabilité
(CEA Marcoule) alors que la transmutation est plus délicate
en raison en particulier de l'abandon de Super Phenix. La
recherche de stockage en couches géologiques profondes,
projet confié à l' Agence nationale pour la
gestion des déchets radioactifs(ANDRA) a pris du
retard avec l'arrêt d'un an des travaux pour le laboratoire
de Bure. L'ANDRA et le CEA font des efforts pour développer
des outils de simulation et rattraper le temps perdu avant
2006. Enfin, pour l'entreposage, la France n'est pas aussi
avancée qu'un certain nombre de pays (Belgique, Finlande,
Etats-Unis) qui ont misé sur des stockages en subsurface.
Des réserves
Interrogé sur la charte de l'environnement à
valeur constitutionnelle qui prévoit que les autorités
publiques devront " veiller à l'application
du principe de précaution " en matière
environnementale, Henri Revol s'est déclaré
" assez réservé ". " J'ai peur
que l'on ouvre la voie à un très grand nombre
de contentieux quant au développement de la recherche
et de nos entreprises. J'aurais tendance à être
assez réservé personnellement pour donner
à un juge la possibilité de se prononcer sur
des sujets industriels ou de recherche. Est-ce que Pasteur
pourrait encore expérimenter son vaccin sur un berger
? " Par ailleurs, le sénateur de la Côte
d'Or a jugé "scandaleux " l'arrêt
du chantier du laboratoire de recherche souterrain de Bure
pendant une année entière à cause d'un
accident ayant entraîné la mort d'un homme.
" Dans n'importe quel autre chantier de travaux publics,
un accident de ce type aurait entraîné un arrêt
de 48 heures ou une semaine. Là, parce qu'il s'agissait
d'un laboratoire ayant trait au nucléaire, les procédures
de justice ont abouti à un arrêt d'une année
!... "
Portrait : Un sénateur ingénieur : c'est
rare !
Fils d'un négociant en vins, il est né le
14 février 1936 à Neuville-les- Dames dans
l'Ain. Plutôt que de prendre la suite de son père
il entre aux Arts-et-Métiers puis à l' Institut
National des Sciences et Techniques Nucléaires de
Saclay. Ensuite après un passage dans une entreprise
de chaudronnerie pour le nucléaire il entre, en 1964,
au CEA de Valduc en Côte d'Or dont, à l'époque,
Robert Galley était directeur. S'il a effectué
la quasi totalité de sa carrière d'ingénieur
atomiste à Valduc en jouant de la mobilité
interne, c'est aussi parce que, dès 1971, il avait
mis un doigt dans l'engrenage d'une carrière politique
à laquelle il s'est consacré définitivement
à partir de 1989 lorsqu'il fut élu sénateur
de la Côte d'Or. Spécialiste des questions
économiques, de recherche dans le nucléaire
et de l'espace, Henri Revol est actuellement vice-président
de l' Office parlementaire d'évaluation des choix
scientifiques et technologiques (OPECST) après en
avoir assuré la présidence; il est également
rapporteur pour avis du budget de la Recherche .
Daniel Ameline
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