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Sénateur UMP de l'Indre et Secrétaire
de la Délégation du Sénat à
l'aménagement du territoire et au développement
durable
La dimension européenne
" Il est tout à fait clair que la France doit,
au niveau de ses transports et de ses structures, s'ouvrir
sur l'Europe ". Pour financer des grands travaux nécessaires,
le sénateur de l'Indre a avancé deux propositions.
La première reprend l' idée d'un grand emprunt
européen à 5,45% sur trente ans qui pourrait
rapporter 150 milliards d'euros. À l'heure actuelle
les grands travaux retenus par l'Union européenne
sont financés par Bruxelles à hauteur de 6,5%
à 8% réels. Si l'on se contente de ce financement-là,
il faudrait, trente ans pour pouvoir réaliser les
grandes infrastructures prévues. D'où cette
idée d'un emprunt qui paraît avoir reçu
un accueil favorable du côté de Loyola de Palacio,
vice-présidente de la Commission européenne.
La seconde, plus spécifique pour notre pays, est
l'idée (reprise dans le dernier rapport de la DATAR,
Délégation à l'aménagement du
territoire et à l'action régionale) d'une
taxe sur les camions qui traversent notre pays. " 14%
du trafic routier est un trafic de transit entre le Nord
et le Sud, sans le moindre gramme de valeur ajoutée,
a-t-il précisé. Quand on sait qu'un camion
use comme mille voitures, on se rend compte qu'il n'est
pas inconvenant de demander une taxe."
Les choix " polyvalents " de la SNCF
En ce qui concerne les choix des futurs équipements
pour la SNCF, François Gerbaud s'est montré
réservé sur le pendulaire. Une expérience
a été tentée entre Limoges et Paris
avec un matériel italien. Une autre va être
faite en Bretagne. Le sénateur de l'Indre s'est interrogé
également sur la multiplication des lignes TGV. "
Les gens sont-ils si pressés ? " s'est-il interrogé.
" Ils s'imaginent que c'est le bonheur absolu de gagner
quelques minutes sur leur temps de trajet. Ce n'est pas
vrai. Par contre les grandes villes à moins d'une
heure de Paris sont devenues des villes-dortoirs. C'est
un échec flagrant de l'aménagement du territoire.
La région parisienne n'a pas été contenue
! " Pour l'avenir du fret ferroviaire, François
Gerbaud a rappelé sa demande de création d'une
filiale fret " pour mettre un terme à la suprématie
des voyageurs ". Il faut rompre avec l'entreprise polyvalente,
car, selon lui, " la polyvalence, c'est la victoire
du plus fort par rapport au plus faible ".
Pour répondre aux défis des transports européens,
notre pays doit satisfaire à deux impératifs
: l'" interopérabilité " pour que
l'on puisse passer les frontières sans changer de
locomotive et l'" intermodalité ". On ne
peut pas opposer, a-t-il insisté, un mode de transport
à un autre, " le rail à la route ".
Tout doit être envisagé. Il est ainsi partisan
du " cabotage de fret ", une sorte de ferroutage
sur bateau.
Portrait :
Né le 10 avril 1927 à Châteauroux, après
l'école de droit de Tours, il entre à Centre-Éclair,
une feuille locale, puis intègre, en 1949, la prestigieuse
Nouvelle République du Centre- Ouest. En 1955 il
rejoint Europe n°1. Il rédige d'abord les flashes,
puis les journaux et enfin anime " Europe midi ".
En 1962, il part à l'ORTF et accède au statut
de présentateur du journal télévisé
de vingt heures
Le 31 janvier 1967, il se lance en politique pour devenir
député de Châteauroux. Après
son échec aux législatives de 1973, il fera
du cabinet ministériel; mais en 1985, il rejoint
FR3, auprès du Pdg Claude Contamine et il crée
l'émission " En direct du Parlement ",
devenue aujourd'hui les " Questions d'actualité
" très prisées du public.
De conseiller général il est élu, en
1986, conseiller régional puis vice président
du conseil régional du Centre. C'est sur ces bases
qu'il part aux sénatoriales en 1989, l'emporte et
est réélu, en 1998, sénateur de l'Indre.
Il siège à la commission des Affaires économiques
et du Plan du Sénat où il fut, avec Jean François-Poncet,
l'un des grands artisans de la loi Pasqua de 1995 sur l'aménagement
du territoire
Daniel Ameline
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