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Prévention : une meilleure concertation
Evoquant le projet de loi sur la prévention des risques
technologiques et naturels qui vient d'être adopté par les
députés, Géraud Guibert a indiqué que le texte gouvernemental
allait dans le bon sens. Il a toutefois insisté sur deux
points : d'une part " Il faut que les organes de concertation
avec le public sur les risques industriels ne soient pas
simplement des forums; ils doivent avoir une capacité propre
d'expertise et d'évaluation "; d'autre part il faut un effort
massif du renforcement des moyens de la prévention:" à l'évidence,
il y a une nécessité absolue de renforcer les moyens de
l'inspection des installations classées ". Au passage, il
reconnaît que le bilan du gouvernement Jospin dans le domaine
de la prévention n'a pas été exempt de reproches notamment
en matière de contrôle des navires.
Pour une " attitude globale " de précaution
A propos du principe de précaution, le secrétaire national
du PS juge indispensable de recourir à une " pédagogie de
la précaution " qui n'en est qu'à ses balbutiements. " La
précaution, ce n'est pas le risque zéro, c'est simplement
éviter, à un coût acceptable, des dommages graves et irréversibles.
Mieux vaut adopter une attitude globale de précaution plutôt
que de faire croire que l'on va annuler tous les risques
", affirme-t-il. Il préconise une méthode dite d'évaluation
des " avantages-risques ". Ce rapport dans le cas des OGM,
par exemple, est assez faible. Parmi les autres grands "
principes " à respecter pour assurer une meilleure précaution
contre les risques naturels et technologiques, Géraud Guibert
met en avant ceux de la transparence, de la régulation internationale
et de l'égalité.
Ne plus " sous-traiter " l'écologie aux Verts
Interrogé sur l'avenir du nucléaire vu de son parti, le
secrétaire national du PS indique que les socialistes souhaitent
réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité.
" Il ne s'agit pas de fermer une centrale mais de savoir
à quel moment il faut commencer à en reconstruire ". Evoquant,
par ailleurs, les rapports futurs entre socialistes et Verts,
Géraud Guibert, qui revendique une " sensibilité écologique
", estime essentiel, si le PS veut devenir un grand parti,
qu'il " prenne en charge totalement les sujets de l'environnement
et de l'écologie et ne les sous-traite pas à d'autres !
"
Portrait: Géraud Guibert, un fabiusien, artisan de la
gauche " durable "
Il est né en 1956 à Paris d'une mère professeur de français
et d'un père attaché aux Mutuelles du Mans. Une fois passé
son baccalauréat au Mans, il revient dans la capitale pour
faire de brillantes études: HEC, Sciences Politiques, DEA
de Sciences économiques et enfin l'ENA en 1983. En politique,
engagé à dix-sept ans au PSU, il rejoint le parti socialiste
en 1983. De 1986 à 1988, il fait partie du groupe d'experts
du PS dirigé par Pierre Bérégovoy qui l'appelle à son cabinet
à Bercy lorsqu'il devient ministre des Finances. A partir
de 1993 il fait partie du premier cercle des fabiusiens
et en 1997 il devient l'un des conseillers de Laurent Fabius
à la présidence de l'Assemblée nationale avant de le suivre
à Bercy en 2000 comme conseiller chargé du développement
durable. Expert en matière d'environnement et d'énergies,
Géraud Guibert a fait, ces dernières années, tous les rapports
qui ont compté en matière d'environnement au PS: la politique
de la pêche en eau douce, la politique de l'eau, la politique
du littoral et bien d'autres encore; depuis six ans Laurent
Fabius et François Hollande lui ont confié le secteur sensible
de l'environnement. Il a su faire évoluer la position du
PS sur les OGM (en 1998, le PS y était favorable sans réserve),
la fiscalité énergétique (il a fait un rapport pour le rattrapage
de la fiscalité sur le gasoil) ou bien encore la chasse.
Daniel Ameline
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