25/08/03 11:48
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N°03/08 - 5 mars 2003
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> Petit déjeuner Lamennais du 25 02 03 Nathalie Kociusko-Morizet.
Demain quelles énergies pour la France ?

La question de l'EPR occulte tout le reste, c'est désastreux:
La députée de l'Essonne regrette que le débat sur l'avenir énergétique de la France tourne autour de la question de l'EPR (nouveau prototype français de réacteur nucléaire à eau pressurisée) " D'abord parce que cela ferme toute perspective de débat sur les autres sujets, en particulier celui du pétrole. Et aussi parce que c'est l'un des sujets les plus difficiles à aborder dans un débat public ", souligne-t-elle. " L'EPR n'est pas un sujet législatif. Il n'y aura pas de loi pour dire si l'on fait l'EPR ou pas. Il y aura une loi pour l'organisation énergétique qui fixera un cadre et le financement des énergies renouvelables ". D'ailleurs, Nathalie Kosciusko-Morizet affirme: " L'EPR est une décision d'ordre commercial, industriel et technologique. C'est un choix économique. " La responsable des questions énergétiques à l'UMP regrette que la focalisation autour de cette question de l'EPR " occulte celle beaucoup plus large de la recherche à l'horizon des vingt prochaines années et du traitement des déchets nucléaires pour lequel il faut trouver, estime-t-elle, un consensus qui manque cruellement en France ".
Les autres " pistes " d'énergies:
De fait, en matière d'énergies, il n'y a pas que l'avenir du nucléaire qui importe. " Les énergies renouvelables, voilà typiquement un sujet sur lequel on doit se poser la question de nos investissements de recherche à l'horizon de dix à vingt ans ", indique-t-elle avant de préciser qu'il convient de " laisser l'éventail ouvert et pousser dans plusieurs directions ". À propos du ferroutage, avec une perspective du doublement du nombre des camions dans quinze ans selon elle, Nathalie Kosciusko-Morizet a eu la dent dure à l'égard de la SNCF: " La structure de production de la SNCF est telle, avec son engagement dans le transport routier, que le fret ferroviaire est la dernière de ses priorités ". Selon elle, il faudra financer, " autrement " que sur des fonds publics, les infrastructures de ferroutage et de transports combinés. Il faut poser, dit-elle, la question d'un " cofinancement ". En matière d'économies d'énergies, la députée de l'Essonne a aussi critiqué la mise en place de " points d'information " par l'Agence pour les Economies et la Maîtrise d'Energies (ADEME). Selon elle, " il faut une démarche volontariste de l'ADEME en allant voir les gens ".
Nathalie Kosciusko-Morizet a invité les membres du CNISF à écrire plus souvent aux parlementaires pour participer au débat sur l'avenir des énergies en France " les députés, a-t-elle dit, reçoivent beaucoup de "mots d'humeur" sur ces sujets et "peu d'éléments technico- politiques" ".
Nathalie Kosciusko-Morizet, " NKM ", la nouvelle génération UMP:
La benjamine de l'Assemblée nationale a été catégorique : " La nouvelle génération de parlementaires supporte très mal cette nouvelle opposition qu'il y a entre Juppé et Sarkozy et la façon dont les différents courants, mouvements et "barons" se font la guerre les uns aux autres pour essayer de ramener à eux le plus grand nombre de nouveaux parlementaires ".
Son arrière-grand-père était André Morizet, sénateur-maire SFIO de Boulogne-Billancourt, son grand père, Jacques Kosciusko- Morizet, résistant gaulliste de la première heure, ancien ambassadeur de France à Washington, son père, François Kosciusko- Morizet, ingénieur des Ponts et Chaussées et maire de Sèvres. Il lui reste à se faire un prénom.
Après Polytechnique elle entre à l'ENGREF ( École Nationale du Génie Rural des Eaux et Forêts). À vingt-quatre ans, en 1997, elle entre au Ministère des Finances pour s'occuper de l'environnement sous un angle économique. Elle rejoint ensuite ALSTOM où elle est chargée de la politique industrielle. Parallèlement elle commence à militer au sein du RPR sur les questions de l'environnement. En mai 2002 Nathalie Kosciusko-Morizet prend les fonctions de conseillère chargée de l'écologie à Matignon auprès de Jean-Pierre Raffarin.
Elle est installée à Longpont-sur-Orge dans l'Essonne et elle est, depuis juillet 2002, députée de la 4e circonscription de l'Essonne. À l'Assemblée nationale Nathalie Kosciusko-Morizet préside un groupe d'études parlementaires sur les liens entre la santé et l'environnement, elle anime une commission sur les questions de l'environnement et, à l'UMP, elle est chargée des questions énergétiques.

Daniel Ameline

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