25/08/03 11:55
 Flash info
N°02/37 - 13 décembre 2002
> Consulter la liste des flash
> Club Lamennais 5 décembre 2002 : Claude Birraux

Le rôle de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques
Claude Birraux, président de l' Office parlementaire, s'est fixé comme objectif de réintroduire les parlementaires dans les grands choix à venir sur l'environnement et le renouvellement de notre potentiel énergétique, deux sujets particulièrement délicats à traiter pour tout gouvernement. Les Offices du même type dans les autres pays confient en général leurs études à des consultants soumis plus ou moins aux différents lobbies. En France les 36 membres de l'Office (18 députés et 18 sénateurs), lorsqu'ils sont saisis par le bureau d'une Assemblée, une commission ou un groupe politique, font eux-mêmes le travail. Ils cherchent avant tout à faire ressortir les véritables enjeux en prenant de la distance par rapport aux pressions de la société civile. Le rapporteur de l'Office reste toujours maître de son étude et de ses conclusions adoptant par là même une démarche scientifique. L'Office est toujours présidé par un représentant de la majorité en place dans la Chambre dont il est issu. La présidence est tournante entre l'Assemblée nationale et le Sénat, tous les trois ans, et, lorsque le président est de droite, le premier vice-président est de gauche, et vice-versa.. Sur la bio-éthique et sur la sûreté nucléaire, par exemple, l' Office parlementaire a obtenu un certain nombre de réussites. Claude Birraux a publié, il y a un an, un rapport sur les énergies renouvelables, avec le socialiste Jean-Yves Le Déaut, dans lequel il critiquait le souci des Verts de présenter l'énergie éolienne comme la solution pour les énergies renouvelables. Il préconise d'aider davantage l'énergie thermique solaire pour l'habitat et les biocarburants pour l'automobile.

Divorce entre science et société
Claude Birraux a mis en garde contre le divorce entre la science et la société. " Je ne voudrais pas que l'on substitue à la démocratie représentative, la démocratie gesticulative où il suffit de passer un communiqué vengeur et avoir une interview à la télévision pour que l'on ait raison ". Analysant, plus au fond, le scepticisme de nos compatriotes vis-à-vis des progrès scientifiques, il a rappelé qu'il fut un temps où science et progrès de l'humanité allaient de pair : vaccin, télévision, réfrigérateur amenaient du confort. Puis, il y a eu un hiatus avec le sang contaminé, les hormones de croissance, la vache folle… Selon lui, il existe aujourd'hui une crise de confiance vis-à-vis d'une science, censée accompagner l'homme dans son progrès mais qui, à travers ses nouvelles technologies, a entraîné aussi du chômage. En conclusion, Claude Birraux, pour échapper à cette ambiguïté, souhaite que " les scientifiques sortent de leur laboratoire et deviennent un peu citoyens, mais aussi que les hommes politiques essayent de devenir un peu scientifiques et comprennent les véritables enjeux ", a-t-il conclu.

Énergie, environnement
Le président de l' Office a paru quelque peu insatisfait de la manière dont sont préparés, par le gouvernement, deux sujets importants : la Charte sur l'environnement et la loi de programmation sur l'énergie. En ce qui concerne le débat sur l'énergie qui occupera le premier semestre de l'an prochain, avant d'être soumis au Parlement à la session d'automne, Claude Birraux a indiqué que l' Office parlementaire n'a été " ni saisi, ni informé " des intentions du gouvernement. Il a simplement appris qu'il y aurait quatre grands débats régionaux (Bordeaux, Nice, Rennes et Strasbourg) et deux colloques de lancement, en janvier, et de conclusion, vraisemblablement fin juin. À ce propos, il veut éviter l' " éternel débat "entre pro et anti-nucléaires pour privilégier au contraire la remontée de propositions des régions favorables à telle ou telle option. De même, en ce qui concerne la Charte sur l'environnement, Claude Birraux a fait savoir à la ministre de l'Écologie qu'il souhaitait une " réappropriation parlementaire de ce problème ". Ne connaissant pas personnellement l'avant-projet, il a simplement indiqué que certains de ses collègues de l'opposition, qui en ont pris connaissance, étaient déçus car ils avaient vu réapparaître le " principe de précaution ". Or, a-t-il dit, avec ce principe " principe de négation ", on ne fera plus rien !

Portrait
Claude Birraux est né le 19 janvier 1946 en Haute-Savoie, il est marié et a quatre enfants.
Il est docteur es sciences physiques de l'Université de Genève (1977).
Il est député (UMP) de Haute-Savoie depuis 1978, vice-président du conseil général de Haute-Savoie et président de l' Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Daniel Ameline

Imprimer cette page
Haut de page
7, rue Lamennais 75008 PARIS Tel : 01 44 13 66 88 Fax : 01 42 89 82 50
contactez notre webmaster