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Le rôle de
l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques
et technologiques
Claude Birraux, président de l' Office parlementaire,
s'est fixé comme objectif de réintroduire
les parlementaires dans les grands choix à venir
sur l'environnement et le renouvellement de notre potentiel
énergétique, deux sujets particulièrement
délicats à traiter pour tout gouvernement.
Les Offices du même type dans les autres pays confient
en général leurs études à des
consultants soumis plus ou moins aux différents lobbies.
En France les 36 membres de l'Office (18 députés
et 18 sénateurs), lorsqu'ils sont saisis par le bureau
d'une Assemblée, une commission ou un groupe politique,
font eux-mêmes le travail. Ils cherchent avant tout
à faire ressortir les véritables enjeux en
prenant de la distance par rapport aux pressions de la société
civile. Le rapporteur de l'Office reste toujours maître
de son étude et de ses conclusions adoptant par là
même une démarche scientifique. L'Office est
toujours présidé par un représentant
de la majorité en place dans la Chambre dont il est
issu. La présidence est tournante entre l'Assemblée
nationale et le Sénat, tous les trois ans, et, lorsque
le président est de droite, le premier vice-président
est de gauche, et vice-versa.. Sur la bio-éthique
et sur la sûreté nucléaire, par exemple,
l' Office parlementaire a obtenu un certain nombre de réussites.
Claude Birraux a publié, il y a un an, un rapport
sur les énergies renouvelables, avec le socialiste
Jean-Yves Le Déaut, dans lequel il critiquait le
souci des Verts de présenter l'énergie éolienne
comme la solution pour les énergies renouvelables.
Il préconise d'aider davantage l'énergie thermique
solaire pour l'habitat et les biocarburants pour l'automobile.
Divorce entre science et société
Claude Birraux a mis en garde contre le divorce entre la
science et la société. " Je ne voudrais
pas que l'on substitue à la démocratie représentative,
la démocratie gesticulative où il suffit de
passer un communiqué vengeur et avoir une interview
à la télévision pour que l'on ait raison
". Analysant, plus au fond, le scepticisme de nos compatriotes
vis-à-vis des progrès scientifiques, il a
rappelé qu'il fut un temps où science et progrès
de l'humanité allaient de pair : vaccin, télévision,
réfrigérateur amenaient du confort. Puis,
il y a eu un hiatus avec le sang contaminé, les hormones
de croissance, la vache folle
Selon lui, il existe
aujourd'hui une crise de confiance vis-à-vis d'une
science, censée accompagner l'homme dans son progrès
mais qui, à travers ses nouvelles technologies, a
entraîné aussi du chômage. En conclusion,
Claude Birraux, pour échapper à cette ambiguïté,
souhaite que " les scientifiques sortent de leur laboratoire
et deviennent un peu citoyens, mais aussi que les hommes
politiques essayent de devenir un peu scientifiques et comprennent
les véritables enjeux ", a-t-il conclu.
Énergie, environnement
Le président de l' Office a paru quelque peu insatisfait
de la manière dont sont préparés, par
le gouvernement, deux sujets importants : la Charte sur
l'environnement et la loi de programmation sur l'énergie.
En ce qui concerne le débat sur l'énergie
qui occupera le premier semestre de l'an prochain, avant
d'être soumis au Parlement à la session d'automne,
Claude Birraux a indiqué que l' Office parlementaire
n'a été " ni saisi, ni informé
" des intentions du gouvernement. Il a simplement appris
qu'il y aurait quatre grands débats régionaux
(Bordeaux, Nice, Rennes et Strasbourg) et deux colloques
de lancement, en janvier, et de conclusion, vraisemblablement
fin juin. À ce propos, il veut éviter l' "
éternel débat "entre pro et anti-nucléaires
pour privilégier au contraire la remontée
de propositions des régions favorables à telle
ou telle option. De même, en ce qui concerne la Charte
sur l'environnement, Claude Birraux a fait savoir à
la ministre de l'Écologie qu'il souhaitait une "
réappropriation parlementaire de ce problème
". Ne connaissant pas personnellement l'avant-projet,
il a simplement indiqué que certains de ses collègues
de l'opposition, qui en ont pris connaissance, étaient
déçus car ils avaient vu réapparaître
le " principe de précaution ". Or, a-t-il
dit, avec ce principe " principe de négation
", on ne fera plus rien !
Portrait
Claude Birraux est né le 19 janvier 1946 en Haute-Savoie,
il est marié et a quatre enfants.
Il est docteur es sciences physiques de l'Université
de Genève (1977).
Il est député (UMP) de Haute-Savoie depuis
1978, vice-président du conseil général
de Haute-Savoie et président de l' Office parlementaire
d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.
Daniel Ameline
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