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N°02/28 - 1er octobre 2002
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> Patrick Ollier: Les risques industriels
Petit-Déjeuner Lamennais du 23 septembre

Organiser le débat public sur les risques industriels : d'entrée de jeu, Patrick Ollier estime qu'il faut créer un " référent sécurité ", délégation, observatoire, comité ou institut, qui permette la transparence sur les risques industriels. Cette structure - unique et centralisée - permettrait, déjà sur les 1300 sites à risques, à la fois de mesurer l'évolution du risque et de mettre en place les systèmes d'alerte susceptibles d'éviter des catastrophes. Ce référent serait obligé de présenter un rapport annuel au Parlement.

L'Etat ne peut suppléer les assurances défaillantes : à partir du moment où l'Etat impose la filière nucléaire, il est redevable des risques. Mais si demain une entreprise décide de créer une usine à tel endroit avec un stockage de produits dangereux qui, un jour, exploseraient, l'Etat n'y est pour rien. En revanche, l'Etat serait irresponsable, s'il n'avait pas prévu un certain nombre de précautions. Il existe de plus un fonds spécifique pour venir suppléer aux carences du système d'assurances. L'Etat ne peut aller plus loin.

La responsabilité des élus après AZF : Il faut une contrainte qui interdise à l'avenir aux élus locaux de pouvoir redonner des droits à construire dans les zones à risques. Chacun doit prendre ses responsabilités: les industriels par rapport à la vérité de la dimension du risque, les élus et les services de l'Etat sur la manière de se protéger. On ne doit plus accepter qu'une usine à risque, construite à l'extérieur d'une zone urbaine, se retrouve, trente ans après, entourée d'habitations.

Contre l'obligation pour EDF d'acheter l'énergie éolienne : l'obligation d'achat par l'EDF du courant produit par éolienne est une aberration sur le plan économique. Aujourd'hui, n'importe quel investisseur trouve là une rentabilité annuelle, nette d'impôt, de 20% par an. D'autre part au prétexte de défendre les éoliennes, on sacrifie la préservation du paysage. La construction d'éoliennes qui font cinquante ou cent mètres de haut, porte atteinte à la qualité de nos paysages. Il faudrait que l'on soumette la construction d'éoliennes à une enquête publique et à l'obtention d'un permis de construire.

Portrait : on connaît aujourd'hui Patrick Ollier mieux comme compagnon de Michèle Alliot-Marie, notre ministre de la Défense, que pour ses propres mérites qui auraient pu le conduire, en décembre 1999, à briguer la présidence du RPR, ou, en juin dernier, celle de l'Assemblée nationale.
Jacques Chaban-Delmas l'avait repéré en 1969 alors qu'il était professeur débutant à Sciences Po à Aix-en-Provence. Il lui avait demandé alors de venir le rejoindre à Matignon d'abord au cabinet de Jacques Baumel puis dans la fameuse équipe de la " Nouvelle société " où il occupa, à Matignon, un bureau voisin de celui de Michel Vauzelle et de celui de Jacques Delors.

Patrick Ollier est né le 17 décembre 1944 à Périgueux. Il est ancien élève de l'Institut des Sciences Politiques, licencié ès sciences économiques, diplômé d'études supérieures en sociologie. Il est aujourd'hui Président de la Commission de la Production et des Echanges de l'Assemblée nationale depuis juin 2002, député des Hauts-de-Seine UMP-RPR (circonscription de Rueil-Malmaison), élu avec 68,5 % des voix en juin dernier, conseiller municipal et premier adjoint au maire de Rueil-Malmaison depuis mars 2001.


 

Daniel Ameline

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