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 Club Lamennais
23 avril 2002
> Objet : La Recherche en France et en Europe


Alain Costes
directeur de la technologie au ministère de la Recherche


Avec la loi sur l'innovation de 1999, " les chercheurs du public peuvent mieux participer au monde économique " déclare ALAIN Costes.
Il y a les statistiques qui ne sont pas toujours très bonnes pour la France en matière de crédits de recherche et puis il y a les hommes, ces hauts fonctionnaires parfois si décriés, souvent de grands commis de l'Etat, précurseurs de l'innovation et de la recherche, qui savent faire avancer les choses et faire bouger le " mammouth " de la Recherche, Alain Costes, est l'une de ces personnalités-là, ô combien précieuses.

Ce chercheur, d'origine toulousaine, qui a dirigé pendant douze ans le plus important des laboratoires du CNRS, celui d'automatique et d'application spatiale (LAAS), succédant ainsi à son " père spirituel " Jean Lagasse, ancien directeur scientifique chez Renault, est un partisan résolu du partenariat entre la recherche publique et le monde socio-économique.

Avec lui, les choses bougent vite. Il l'a montré tout au long de ce petit déjeuner du Club Lamennais. Alain Costes s'appuie dans son action sur la loi Innovation de juillet 1999, voulue par Claude Allègre et Dominique Strauss-Kahn, qui a introduit dans le secteur de la recherche un " véritable changement de mentalité et de culture " dans la mesure où elle permet aux chercheurs de créer des entreprises ou de faire du partenariat avec le secteur économique. Désormais, un chercheur peut être membre d'un conseil d'administration d'une société anonyme, conseiller d'une entreprise qui a été créée à partir de ses travaux de recherche, et même actionnaire. Cette loi sur l'innovation a officialisé le relationnel entre les chercheurs, les laboratoires et le secteur socio-économique. Elle a permis toute une série d'initiatives comme l'Observatoire de l'entreprenariat pour former les jeunes, le concours national de créations d'entreprises de technologie innovantes (parmi les 300 entreprises ainsi créées, Alain Costes espère trouver quatre ou cinq " pépites ", une Microsoft françaises ?) ainsi que des opérations bien connues maintenant, comme celle des " incubateurs " (850 projets en trois ans), etc.

Si les statistiques globales font parfois apparaître que le pourcentage du PIB est consacré à la recherche (2,2 %) est inférieur aux crédits consacrés par certains de nos partenaires étrangers, cela est dû davantage, selon Alain Costes, à un certain retard du côté des entreprises en matière de recherche et de technologie qu'à une carence de l'Etat qui remplit parfaitement son rôle puisqu'il est en tête des pays de l'OCDE en ce qui concerne la part de crédits consacrés à la recherche. Dans ce domaine crucial de la recherche et de ses relations avec le secteur économique, nous sommes en fait au " milieu du gué " mais les initiatives prises par la direction de la technologie vont incontestablement dans la bonne direction.

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