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Denis Baupin
adjoint au maire de Paris,
chargé des Transports, Circulation, du Stationnement
et de la Voirie
" Réduire de 5 % les déplacements en
voitures en 10 ans me paraît trop faible : nous ferons
mieux ".
Denis Baupin est un homme politique qui monte. Ce centralien
de 38 ans, porte-parole national des Verts, est l'un des
protégés de Bertrand Delanoë. Il lui
a confié le secteur hautement sensible des transports
dans la nouvelle équipe de la mairie de Paris. En
dépit - ou à cause - des polémiques
sur la fermeture des berges de la Seine ou l'élargissement
des couloirs de bus protégés, il incarne le
changement dans la capitale.
Au cours de ce petit déjeuner, il a été
beaucoup question, entre ingénieurs, de simulations
sur les flux de transport, de voitures " propres "
et des avantages comparés entre la voiture et les
transports en commun.
Pour Denis Baupin, il n'y a pas photo. S'il reconnaît
parmi les trois critères de choix, que la voiture
tient la corde pour ce qui est du confort - " c'est
la prolongation du domicile individuel " -, en revanche,
du point de vue du coût, il relève que "
4 000 francs de budget pour un Parisien par mois, c'est
beaucoup plus cher que le prix d'une carte orange ".
Pour la durée de déplacement, variable selon
les trajets à Paris, le métro est à
peu près équivalent à une voiture,
ce qui est moins vrai pour le bus. Raison de plus pour améliorer
leur circulation dans la capitale. D'ici la fin de l'année,
il y aura donc 40 kilomètres de couloirs protégés.
Le dernier argument en faveur des transports en commun que
Denis Baupin souhaite voir développer, c'est celui
de la " mixité " qui permet de faire sortir
le Parisien de son isolement. Encore faut-il, comme le faisait
remarquer le président du CNISF, que ces mêmes
transports en commun ne soient pas en grève ou en
état d'insécurité ! Denis Baupin a
reconnu que les Verts n'avaient pas fait beaucoup de propositions
sur ces sujets et qu'il fallait davantage " animer
" les métros. Cette discussion de rentrée
à bâtons rompus a été d'autant
plus riche que Denis Baupin nous a confié quelques
informations exclusives.
Des quartiers verts comme à Strasbourg
S'il devait prendre un modèle pour la circulation,
toute proportion gardée, c'est celui de Strasbourg
que Denis Baupin retiendrait. Il compte créer, comme
c'est le cas dans la capital alsacienne , des " quartiers
verts " dans lesquels on supprime la circulation de
transit. " C'est ce qui se fait à Strasbourg,
insiste-t-il. De façon très efficace. On fait
en sorte que, si une voiture rentre par l'est de la ville,
elle ressorte forcément par l'est. Nous voulons faire
la même chose dans la plupart des quartiers parisiens
".
Favoriser le parking résidentiel
Autre révélation : Denis Baupin a indiqué
que la Ville de Paris allait modifier profondément
sa politique de parkings en cherchant à favoriser
les places de parkings souterrains qui restent inoccupées.
Il souhaite promouvoir une politique de tarif " incitative
" (les tarifs en sous-sol seront moins chers alors
que le stationnement " rotatif " en surface va
augmenter). De plus, la Mairie de Paris demandera aux bailleurs
sociaux de la Ville de mettre en place une meilleure politique
de sécurisation de leurs parkings souterrains.
Changer de pastille ?
Et la pastille " verte " dans tout cela ? Denis
Baupin reconnaît qu'elle a été dénaturée
; notamment à la demande du ministère de l'Industrie,
car elle a été étendue à énormément
de véhicules. De plus, les seuils de pollution sont
tels qu'ils ne sont pratiquement jamais mis en œuvre.
" Il faudra passer à une autre pastille et modifier
les procédures d'alerte ", indique Denis Baupin.
Quant à la " pastille " Lipietz, ultime
question politique, le dirigeant ne s'inquiète pas
trop de le voir précédé par Brice Lalonde
ou Corinne Lepage dans les sondages de popularité.
" Que les candidats de l'écologie libérale
soient mieux cotés qu'Alain Lipietz ne me surprend
pas outre mesure. Ce qui m'importe, c'est ce que pensent
les électeurs écologistes. Alain Lipietz dispose
d'une notoriété beaucoup plus faible mais
elle va croître sans aucun problème ",
conclut-il avec optimisme. Une bien riche session de rentrée.
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